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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 19:03

Boris Johnson a remporté son pari : remporter les législatives anticipées afin de pouvoir enfin répondre au vœu exprimé par le peuple britannique il y a déjà près de trois ans : reprendre sa souveraineté en sortant de cette prison des peuples qu’est l’Union européenne. Cela n’a pas été facile : la soit disant élite européiste qui parle sans arrêt de démocratie mais se comporte en régime totalitaire a tout fait pour s’opposer à la volonté du peuple et pour « punir » les Britanniques d’avoir eu l’outrecuidance de reprendre leur  liberté. Bravo Boris Johnson, bravo les Britanniques ! Merci pour les autres peuples européens auxquels nos amis d’outre-Manche montrent la voie à suivre. Le déclin et l’asservissement ne sont pas une fatalité.

1/ Les résultats sont sans appel et d’autant plus significatifs que la participation (près de 70%) a été forte : Parti Conservateur = 43,6% des votes et 365 sièges aux Communes (confortable majorité absolue); Parti Travailliste = 32,4% et 203 sièges, Parti Nationaliste Ecossais (SNP) : 48 sièges, Libéraux-Démocrates=11, Autres (dont partis gallois et nord-irlandais) = 13 sièges. Rappelons que le système électoral britannique est uninominal par circonscription à un tour, le candidat ayant le plus de voix étant élu (même si sa majorité n’est que relative).  

2/ Conformément à ses engagements de campagne, Boris Johnson, qui va reformer le gouvernement, engagera la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne le 31 janvier prochain. D’ores et déjà, on sait qu’il y aura un accord RU-UE qui fixera les modalités de la nouvelle coopération.  

3/ Cette victoire électorale des partisans du Brexit appelle de ma part les observations suivantes :

a/ La Commission européenne et plusieurs Etats dont la France ont tout fait pour « punir » les Britanniques d’avoir voté en faveur du Brexit, ils se sont employés à ce que l’accord à venir entre UE et RU soit le plus coercitif possible pour Londres, ils ont encouragé les manœuvres de ceux qui, au Royaume Uni, n’ont pas accepté le verdict des urnes en favorisant des manifestation à Londres et en poussant certains députés à tenter, par des manœuvres dilatoires, de s’opposer à la volonté populaire montrant ainsi ce que « démocratie » veut dire pour les européistes : en fait refus de la volonté du peuple lorsque cette volonté ne cadre pas avec leurs préjugés. Ils ont même tenté de flatter le nationalisme de certains Ecossais en les poussant quasiment à la sécession (qu’ils avaient refusée il y a peu par un référendum démocratique d’autodétermination). Cela est cocasse quand on sait que ces mêmes européistes refusent le droit à l’autodétermination des Catalans en cautionnant le refus de Madrid de l’accepter et en cautionnant la répression espagnole en Catalogne. Par des arguties ridicules sur l’impossibilité d’ériger une vraie frontière entre l’Eire et l’Ulster, ils ont tenté de monter les Irlandais contre les Anglais. Et tout cela dans un contexte de désinformation à grande échelle, docilement reprise par presque tous les médias, tendant à faire croire (pour empêcher d’autres peuples de suivre l’exemple britannique) que le Brexit serait une catastrophe pour l’économie britannique. Cette désinformation a été complétée par la présentation qui a été faite de Boris Johnson comme une sorte de bouffon menteur et incompétent.

Tout cela a fait long feu. On attendra hélas un mea culpa de la part de nos médias qui se  sont régulièrement trompés en prenant leurs désirs pour des réalités. Il ne viendra sans doute jamais. Ces mêmes médias, dont ceux du soit disant service public (France 2, France 24, France Info ou France Inter), organes de propagande au service du « système », nous ont, il est vrai, habitués à la désinformation partisane : voyez toutes les ignominies qu’ils écrivent sur Trump, Poutine, Orban, Salvini ou sur Bachar el Assad. Cette désinformation est digne de ce qu’était l’agence TASS dans feu l’Union soviétique. Je la trouve même pire parce que TASS annonçait la couleur alors que les nôtres, par une hypocrisie sans borne, prétendent être objectifs.

b/ La volonté populaire britannique d’en finir une bonne fois pour toutes avec l’UE est ainsi magistralement confirmée. Le Royaume Uni a hélas perdu trois ans du fait de tous les bâtons qu’on a mis dans les roues mais je suis très confiant dans la capacité du Royaume-Uni de renforcer son économie. Ceux qui présentaient ce pays comme dorénavant « isolé » parce que hors Europe ou sont incompétents ou sont malhonnêtes ou les deux : le Royaume Uni a le soutien sentimental de 50 pays du Commonwealth, a un accord stratégique avec les Etats-Unis, a des positions solides dans le monde et, surtout, a maintenant la liberté d’action que les pays de l’UE, en particulier ceux de la zone euro, n’ont pas.

c/ En Grande Bretagne comme ailleurs la social-démocratie a adopté un comportement suicidaire. Elle a tourné le dos à toutes ses valeurs, elle accepte la dictature des « marchés » et de la Commission de Bruxelles qui vont pourtant à l’encontre de la politique sociale sensée être celle des partis de gauche. Pis, par le choix qu’elle fait de soutenir les « minorités », même celles qui sont les plus opposées aux valeurs de la civilisation européenne (voyez Mélenchon et Hamon manifester avec les islamistes et les femmes voilées contre la soit disant « islamophobie ») et l’ouverture des frontières à la fois aux capitalistes sans patrie et aux migrants dont la patrie de cœur n’est certainement pas celle du pays où ils arrivent en « faisant comme chez soi », la social-démocratie fait fuir le peuple qu’elle prétend représenter. Au Royaume-Uni, le Parti Travailliste faisait ses meilleurs scores dans le « Black Country » d’Angleterre du Nord, là où le peuple a voté en masse pour le Brexit ; ce parti a néanmoins persévéré dans son adhésion européiste et s‘est donc coupé du peuple.

d/ Bien entendu, nos médias notent qu’en Ecosse le SNP a fait le plein des voix et ils en concluent que c’est parce que ce parti est favorable à l’UE. Ils en concluent rapidement que désormais, les Ecossais veulent l’indépendance « pour rester dans l’UE ». Ces médias ne connaissent pas la réalité locale et, une fois de plus, prennent leurs désirs pour des réalités. La vérité est que le Royaume Uni est composé de quatre nations et que, dans ce cadre, Ecossais, Gallois et Nord-Irlandais ont leurs propres partis. Cela ne signifie pas nécessairement qu’ils veulent se séparer de l’Angleterre. Les Ecossais ont déjà eu l’occasion de voter sur l’indépendance. S’ils avaient à revoter, il est probable qu’ils se prononceraient à nouveau dans le même sens. Ce ne sont pas des girouettes.

d/ Certains se demandent où est passé le parti pro-Brexit de Nicol Farage. Il a gagné haut la main les « européennes » du printemps. Il a choisi cette fois intelligemment de ne pas concourir afin d’éviter de gêner les conservateurs.

e/ En Grande Bretagne, lorsqu’un dirigeant de parti est battu, il a à cœur de démissionner et de passer la main. C’est ce que va faire Jeremy Corbin, leader malheureux des Travaillistes. En France quand un homme politique essuie un échec, il vient sans honte à la télévision la semaine d’après et continue de plus belle à donner des leçons à tout le monde. Curieux, non ?

XXX

Bonne chance à nos amis britanniques. Ils forment encore une grande Nation qui tient à son identité. Sommes-nous plus bêtes ou plus lâches qu’eux ?

Yves Barelli, 13 décembre 2019   

                                                         

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