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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 18:22

L’Arabie saoudite et le Qatar sont tous deux des monarchies arabes wahhabites (l’« école » musulmane la plus rigoriste et la plus archaïque, ce qui n’empêche pas le Qatar de se donner un verni moderniste qui ne fait illusion que sur ceux qui ne le connaissent pas ou qui, pris par un jeu d’intérêts économiques, comme le France, font semblant de ne pas voir la réalité ; l’Arabie saoudite, elle, ne s’embarrasse pas d’hypocrisie et applique la charia dans toute sa bestialité). On pourrait penser que cela en fait des amis et des complices. Ce n’est pas le cas : le Qatar est comparable à la grenouille de la fable ; elle veut se faire plus grosse que le bœuf, en l’occurrence son grand voisin saoudien. A force de penser qu’en achetant tout et tout le monde (par exemple la FIFA qui leur a attribué la coupe du monde de 2022) pour leur donner une puissance mondiale hors de proportion avec la très modeste taille du pays, les dirigeants du Qatar ont indisposé le régime saoudien qui attendait l’occasion pour, en l’humiliant, ramener le Qatar à la raison. Il pense l’avoir obtenue, d’où la rupture de toutes les relations, pas seulement diplomatiques mais aussi aériennes, terrestres et économiques avec Doha, entrainant dans le blocus quatre pays de la région : Egypte, Yémen, Bahreïn et Emirats Arabes Unis. Cette rupture est-elle durable ? Sans doute pas. Au Moyen-Orient, jamais rien n’est durable, sauf l’instabilité.

1/ Le prétexte avancé par Riyad est le soutien au « terrorisme ». S’il est vrai que les liens de Doha avec Daesh, par riches mécènes interposés, sont quasiment avérés, on peut en dire autant de l’Arabie saoudite. La vérité est que le wahhabisme est la base idéologique du soit disant « Etat islamique » (« Daesh »).

En fait, ce que reproche surtout le régime saoudien à la monarchie qatari, c’est, dans le passé, d’avoir soutenu la confrérie des Frères Musulmans, actifs dans la diaspora, notamment en France, et qui était au pouvoir en Egypte jusqu’à ce que le coup d’état du général Sissi la renverse en 2013 et, dans l’actualité, d’avoir conservé des relations avec l’Iran chiite, considéré par Riyad comme son ennemi le plus dangereux.

Le soutien de Doha aux Frères Musulmans n’a pas de signification idéologique particulière. Riyad et Doha sont tous deux islamistes, mais chacun, pour accroitre son influence, soutient les siens et, à l’occasion, combat ceux de l’autre. Le Qatar soutenait l’Egypte islamiste du président Morsi et l’Arabie saoudite a soutenu le coup d’état du général Sissi pour s’implanter sur les rives du Nil dans le pays le plus peuplé et le plus prestigieux du monde arabe. En s’opposant à l’islamisme au pouvoir au Caire, l’Arabie saoudite a fait coup triple : elle a écarté le Qatar de l’Egypte, elle s’y est installée à sa place et elle a donné un gage aux Américains qui, comme les autres Occidentaux, commençaient à estimer que le persistance du wahhabisme, avec son attitude pour le moins ambigüe avec les terroristes islamistes et sa violation permanente des droits de l’homme (et de la femme) les plus élémentaires, commençait à poser problème (d’autant que, avec le pétrole de schistes, les Etats-Unis ont moins besoin de celui d’Arabie saoudite).

2/ Dans sa confrontation avec l’Iran chiite, ennemi de l’islam sunnite (au pouvoir tant à Riyad qu’à Doha), l’Arabie saoudite a trouvé dans l’Amérique de Donald Trump un nouvel allié qui rompt avec le rapprochement avec Téhéran opéré par Obama.

Les motivations des uns et des autres sont évidemment différentes. Pour des raisons internes, les Etats-Unis se cherchent des ennemis, la Syrie de Bachar (alliée à l’Iran et à la Russie), la Corée du Nord et, rompant avec la normalisation entamée par Obama (mais revenant aux vieilles oppositions du temps où Khomeini traitait les Etats-Unis de « grand Satan »), l’Iran, désormais accusé, en contradiction avec la réalité, de soutenir le terrorisme (alors que la réalité est plutôt le soutien, au moins idéologique, de l’Arabie saoudite et du Qatar).

Si les Etats-Unis de Trump se montrent à nouveau hostiles à l’Iran, c’est en premier lieu pour plaire à Israël et au lobby juif de Washington, si puissant, comme on le sait, que ce sont davantage les Etats-Unis qui dépendent d’Israël que le contraire.

En second lieu, parce que le nouveau président américain estime qu’il a plus à gagner économiquement et stratégiquement d’un renforcement de sa relation avec la monarchie saoudienne plutôt que des avantages hypothétiques d’un rapprochement avec l’Iran qui risquerait de ne pas rapporter autant que ce qu’on a pu penser et qui, surtout, mécontente tant Israël que l’Arabie saoudite.

Le déplacement de Trump à Riyad le mois dernier a scellé le renforcement de l’alliance stratégique avec l’Arabie saoudite (qui existe depuis la création de ce pays au début du 20ème siècle et qui est basée sur les intérêts réciproques : d’un côté, on a le pétrole et le soutien à la politique américaine au Moyen Orient, même lorsqu’elle avantage unilatéralement Israël, pourtant oppresseur des Palestiniens arabes ; de l’autre, le soutien au régime saoudien en fermant les yeux sur le fait qu’il s’agit du régime le plus obscurantiste, le plus en contradiction avec les droits de l’homme et les valeurs du monde occidental).

Ce revirement américain est une bénédiction et un bol d’air pour le régime saoudien, fragilisé par la chute depuis trois ans du prix du baril, par la montée de la contestation interne, par les critiques internationales qui se font plus vives depuis quelques temps et par le défi représenté par le petit Qatar qui nargue effrontément la suprématie régionale de l’Arabie saoudite.

Dans sa discussion avec le président Trump, le roi Salman a certainement obtenu le feu vert (au moins implicite) américain pour l’initiative agressive qu’il vient de prendre à l’encontre de l’émir Al Thani. Les divers contrats conclus au cours du voyage, qu’on a chiffré à 300 milliards de dollars (chiffre invérifiable : dans ce genre de transaction, on gonfle souvent les montants pour un effet d’annonce), ont sans doute aidé à la compréhension du président américain.

3/ Quelles sont les modalités de la rupture et quelles en seront les conséquences ?

L’Arabie saoudite et quatre autres pays arabes (Egypte, Yémen, Bahreïn et EAU) ont rompu le 5 juin leurs relations diplomatiques avec le Qatar, ont fermé leurs frontières terrestres et aériennes, interdit le survol de leur espace aérien par les avions de Qatar Airways et donné deux semaines aux ressortissants du Qatar présents sur leurs territoires pour rentrer chez eux.

Pourquoi ces quatre pays arabes et pas d’autres ?

Parce que Riyad a une forte emprise sur eux. Sur l’Egypte, évidemment, dont le budget est renfloué par Riyad (à titre d’exemple, les deux navires de guerre « Mistral » vendus par la France à l’Egypte ont été payés par Riyad). Sur Sanaa, parce que le Yémen est en guerre civile et que Riyad y a envoyé son armée pour soutenir la faction au pouvoir (Doha aussi, mais sa participation est symbolique). Sur Manama, parce que le Bahreïn est un protectorat saoudien de fait (la population, à majorité chiite, est en état permanent d’insurrection contre la monarchie sunnite et les troupes saoudiennes ont participé à la répression).

Le cas des Emirats Arabes Unis est plus curieux et on peut expliquer la décision d’Abou Dhabi par la duplicité de ce pays composé de sept émirats quasiment indépendants dont Abou Dhabi et Dubaï sont les plus puissants avec un partage des rôles : Abou Dhabi s’occupe de politique et Dubaï de commerce. Politiquement, les EAU sont contre l’Iran mais économiquement, par Dubaï, ils sont son principal partenaire commercial dans la région (tous les produits théoriquement soumis à embargo sont présents sur tous les marchés et supermarchés d’Iran en provenance de Dubaï, relié par mer et par avion à Téhéran et à la côte iranienne).

Quant aux pays qui n’ont pas rejoint l’embargo saoudien contre le Qatar, on peut citer le cas du Koweït, qui ne veut pas s’attirer l’hostilité de la majorité chiite du sud voisin de l’Irak. L’Oman est le trait d’union politique accepté par tous (Dubaï l’économique) entre les monarchies arabes et les Etats-Unis d’une part, l’Iran de l’autre. C’est par lui qu’ont eu lieu toutes les discussions qui ont abouti à l’accord nucléaire avec l’Iran.

Quelles sont les conséquences de l’action saoudienne contre le Qatar?

Militairement aucune. Les Etats-Unis sont les alliés militaires de l’Arabie saoudite mais aussi du Qatar où ils ont une base aérienne. Riyad veillera donc à ne pas aller trop loin.

Economiquement, cela peut être gênant pour le Qatar. Ce petit pays de 12 000 km2 (à peine légèrement plus grand que la Corse) et de 2 millions et demi d’habitants (dont 80% d’étrangers) peut certes paraitre vulnérable.

Il n’a qu’une frontière terrestre, avec l’Arabie saoudite, désormais fermée. Beaucoup de camions qui approvisionnaient l’émirat l’empruntaient. Les bateaux et les avions cargo devront prendre le relai. Le Qatar, qui a des réserves financières considérables, peut payer le surcoût sans problème. Il peut aussi corrompre les intermédiaires pour contourner l’embargo.

A noter que la frontière avec l’Arabie saoudite est de fait, pas de droit. Si vous avez la curiosité de regarder des atlas, vous noterez que, parfois, une frontière terrestre du Qatar avec les Emirats figure sur les cartes. D’autres fois non. L’explication est qu’il s’agit d’une petite zone littorale désertique revendiquée tant par Riyad que par Abou Dhabi. L’Arabie saoudite l’occupe et empêche donc tout contact direct entre le Qatar et les Emirats. La route qui relie Doha à Abou Dhabi passe donc par quelques kilomètres de territoire saoudien.

Depuis de nombreuses années, des ponts sont en projet entre le Qatar et Bahreïn d’une part, le territoire émirati de l’autre. Ils n’ont jamais abouti. Avec le Bahreïn, les relations ne sont pas au beau fixe : les familles au pouvoir sont cousines (les Al Khalifa), mais en froid et il y a un petit litige territorial sur des îles. Avec Abou Dhabi, un pont serait plus compliqué à construire car, trop près du littoral, il devrait traverser la mer territoriale que l’Arabie saoudite s’est auto-appropriée.

Pour le moment, le seul pont qui existe dans la région est celui qui relie Bahreïn (qui est une île, ou plutôt un archipel) à l’Arabie saoudite.

S’agissant des liaisons aériennes, l’interdiction de survol obligera les avions qatari à faire quelques détours (pour l’Europe via l’Irak sans doute), à moins que cette interdiction ne soit qu’un effet d’annonce et ne soit pas réellement appliquée. Lorsqu’on annonce au Moyen Orient des décisions, il ne faut jamais faire des plans sur la comète s’agissant de leur application.

Il est évident que les canaux de communications ne seront pas rompus. Le Qatar comme l’Arabie saoudite sont membres tous les deux du Conseil de Coopération du Golfe (ils y côtoient les EAU, le Bahreïn mais aussi le Koweït et l’Oman, qui pourront servir d’intermédiaire, en particulier ce dernier). Ils pourront aussi continuer à se parler à Washington ou à l’ONU.

4/ Ma conclusion est simple. Elle consiste en un b-a ba de la géostratégie, malheureusement oublié par ceux qui ont un appétit plus gros que leur ventre : un petit pays ne devrait jamais braver un grand voisin. Il vient toujours le moment où ce voisin montre sa force. Quand l’ours en a assez d’entendre un chien qui lui tourne autour aboyer trop fort, il arrive qu’il donne un grand coup de patte et à ce moment de deux choses l’une : ou le chien se calme, ou il se pourrait qu’il soit anéanti.

Les exemples abondent dans l’histoire et dans l’actualité de petits qui ont cru pouvoir provoquer un gros voisin. En général, ça se termine mal pour le petit. Cuba a bravé les Etats-Unis et récolté un embargo de 50 ans. La Pologne avait cru pouvoir s’emparer de la moitié de la Biélorussie en 1917, profitant d’un affaiblissement passager de la Russie ; elle le paya en 1939. L’Ukraine de Kiev brave depuis deux ans la Russie : elle a déjà perdu la Crimée, ne contrôle plus ses régions orientales et est asphyxiée économiquement par la Russie. Si les dirigeants ukrainiens actuels étaient intelligents (je crois qu’ils ne le sont pas), ils s’arrangeraient avec Poutine. S’ils ne le font pas, ils finiront par être remplacés par des politiciens plus réalistes.

Le petit Qatar a cru pouvoir agir dans le monde comme une grande puissance. Il y a mis des moyens énormes : sa diplomatie, sa télévision Al Jazirah, l’entregent de son monarque à l’apparence « éclairée » et de son épouse d’apparence moderne (non voilée), dont tous ceux qui y ont un intérêt financier (ils sont très nombreux, notamment en France) disent le plus grand bien, et surtout, son système de corruption à l’échelle mondiale (si on faisait une enquête sur les cadeaux, petits et grands, reçus par les députés actuels de l’Assemblée Nationale française (tous partis, sauf peut-être le Front National), on risquerait d’en trouver une majorité).

Se croyant tout permis, pensant qu’il suffit de corrompre pour obtenir, les Qataris en ont fait trop. L’attribution de la Coupe du Monde de foot en est l’illustration et, peut-être, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la compréhension. Monsieur Zidane, qui a touché 5 millions d’euros pour faire la promotion du Qatar, a peut-être compris qu’il avait intérêt, pour son prestige, à se concentrer désormais sur le Real. Platini, qui a voté pour le Qatar (on ne sait s’il a touché et combien mais les apparences sont contre lui), a perdu son poste de président du football européen et s’est vu barrer la route de la FIFA.

En France, on peut penser que le nouveau président sera plus prudent que Sarkozy et Hollande, « amis » du Qatar.

En tous cas, entre le Qatar et l’Arabie saoudite, les Américains ont choisi. C’est l’Arabie.

La monarchie saoudienne voulait que le Qatar rentre dans le rang, c’est-à-dire reprenne sa place de petit émirat satellite de Riyad, une sorte de principauté de Monaco dont on tolère la présence de la princesse épouse de l’émir dans les magazines people, mais pas plus. Elle va sans doute réussir.

Le gros qui dicte sa loi au petit, est-ce moral ? Mais les relations internationales n’ont rien à voir avec la morale. Ce sont des rapports de force. Et, de toute façon, je ne vais pas pleurer sur le Qatar.

Ce pays va désormais être plus prudent et plus modeste. Ce n’est pas plus mal.Quant à l’Arabie saoudite, elle continuera encore pour quelque temps à être la source d’inspiration de ceux qui veulent nous imposer une domination mondiale d’un islam de plus en plus arrogant et conquérant. Là est le problème. Le Qatar n’est qu’un épiphénomène.

Yves Barelli, 5 juin 2017

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 16:17

La décision des Etats-Unis de se retirer de l’accord de Paris sur le climat doit être évidemment déplorée. Cet accord était insuffisant, inefficace, inadapté et, pour résumer, une mauvaise réponse au problème, réel, du réchauffement climatique dû, en grande partie, aux activités humaines. On pouvait néanmoins considérer que cet accord était mieux que rien, bien que son défaut majeur était de masquer, pour des raisons politiques et idéologiques, les principales causes de la détérioration de l’équilibre écologique de la planète que sont le système économique mondialisé et la pression démographique accrue. Le recul américain est inquiétant à court terme, à moins que, et ce pourrait être son aspect positif, il impose enfin de réfléchir aux vrais problèmes.

1/ Les raisons avancées par le président Trump pour revenir sur l’accord de Paris signé par son prédécesseur sont mauvaises. Vouloir favoriser la production de charbon aux Etats-Unis pour préserver l’emploi au détriment de la protection de la planète est une politique à courte vue. Refuser de contribuer à un fonds destiné à compenser les effets du réchauffement climatique est discutable mais peut être compréhensible dans la mesure où il ne suffit pas de payer pour compenser des dégâts que le système économique mondialisé produit, mais où il vaudrait mieux supprimer la cause pour ne pas à avoir à réparer la conséquence. Mais je ne suis pas sûr que cela soit véritablement la motivation de Donald Trump. Sa motivation est sans doute plus terre à terre : faire des économies sur le budget américain, et que les autres se débrouillent !

2/ Je ne vais pas jouer à l’expert que je ne suis pas. Je me contente de réflexions que je crois dictées par le bon sens.

Le système économique mondialisé me parait marcher sur la tête. Quelle justification économique y a-t-il, autre que de vulgaires considérations purement comptables à court terme, à acheter des voitures coréennes ou japonaise lorsqu’on habite à Sochaux, à consommer des pommes néo-zélandaises en Normandie ou du raisin chilien en Languedoc et, pis encore, à acheter à Troyes des tee-shirts fabriqués par des Bangladeshis payés 10 centimes de l’heure et, partout, des objets industriels fabriqués par petits morceaux aux quatre coins de la planète (à titre d’exemple, on produit le lin en Normandie, on l’expédie en Chine pour être transformé en fibre textile d’où il est exporté ailleurs pour y être transformé en vêtement avant de retourner, souvent, en France pour y être emballé et y subir une dernière transformation lui permettant d’y coller l’étiquette « fabriqué en France ») ? Le dernier exemple, celui des machines à laver qui étaient fabriquées à Amiens pour le marché français et qui vont être délocalisées en Pologne, grâce au miracle des règles européennes, d’où elles seront importées en France pour y être vendues. Le consommateur peut y trouver son compte à court terme, mais pas le travailleur, qui perd son emploi ou doit travailler plus en gagnant moins quand il le conserve, ni le contribuable qui paye pour réparer les dégâts de la désindustrialisation, les trois étant souvent les mêmes personnes. Seuls les capitalistes y trouvent leur compte. C’est d’ailleurs pour eux qu’on a inventé l’Union européenne et l’Organisation Mondiale du Commerce.

Le plus cocasse et scandaleux est qu’on s’emploie à nous culpabiliser tous car nous serions responsables de la destruction de la planète en roulant dans une voiture diesel ou en utilisant des sacs en plastique (désormais interdits aux caisses des supermarchés – sauf si on les paye : gratuit, ça pollue, payant, pas de problème !). On oublie évidemment de nous dire qu’on nous a fortement encouragés à acheter des voitures diesel pour permettre à la famille Peugeot de s’engraisser et qu’on tente maintenant de nous faire rouler dans des Renault électriques pour permettre à Monsieur Ghosn d’encore augmenter ses stock-options. Nul doute que quand nous serons tous équipés de voitures électriques, on nous culpabilisera parce qu’on s’apercevra (en fait, on le sait mais on ne le dit pas) que la production de batteries électriques est un poison pour la planète sans doute supérieur aux méfaits du diesel.

Quant au transport de tout et de n’importe quoi d’un bout à l’autre de la terre par des bateaux super-polluants et d’un bout à l’autre du continent par des poids-lourds qui encombrent nos routes et qui nous empoisonnent, c’est une cause majeure du réchauffement climatique que les signataires de l’accord de Paris se sont bien gardés de souligner car cela irait à l’encontre des intérêts des capitalistes mondialisés et à l’encontre de cette théorie absurde en fait anti économique qui ne jure que par l’ouverture toujours accrue des frontières, alfa et oméga du dogmatisme européiste et mondialiste.

Un seul exemple (donné dans l’une des rares émissions de télévision qui ose dire les vérités plutôt que, pratique habituelle, les masquer) : chaque année il y a environ 500 bateaux de croisière qui touchent le port de Marseille. Ils utilisent, comme tous les navires qui polluent nos océans, du fuel lourd. La seule pollution de ces 500 navires dégage sur une année plus de particules nocives que l’ensemble du parc automobile de Marseille (un million d’habitants). Quand on voit que madame Hidalgo, européiste et mondialiste convaincue, essaie de culpabiliser les Parisiens qui seraient responsables de la pollution à Paris en y interdisant certaines voitures ou en imposant la circulation alternée (qui partout où elle a été institutionnalisée s’est traduite par une augmentation du parc automobile, ceux qui peuvent acheter une seconde voiture en ayant désormais deux, une paire et une impaire), on ne peut être qu’indigné (la pollution automobile, camions compris, certes un problème, n’est responsable que du quart de la pollution atmosphérique, les autres quarts étant le chauffage domestique, l’industrie et l’agriculture : on culpabilise donc les automobilistes qui, si on exclue les camions, sont responsables pour moins de 10% de la pollution, sans pour autant leur donner de véritables alternatives, les transports collectifs étant en général insuffisants).

Le système économique mondialisé est donc la première cause du réchauffement climatique. Il est évident que la solution, c’est de produire aussi près que possible du lieu où sont consommés les produits. Le protectionnisme, local et régional autant que national, va donc dans le bon sens. Il protège l’emploi mais aussi les identités (consommer ce qu’on fabrique, pas ce qu’on importe) et il protège la planète. Ceux qui persistent à défendre l’ouverture sont soit ceux qui y ont intérêt, soit, et cela est navrant, ceux qui sont aveuglés par le dogmatisme idéologique.

Il y a une deuxième cause, sans doute aussi forte, au réchauffement climatique, c’est l’explosion démographique. On trouvera sans doute assez de ressources pour nourrir encore longtemps des populations en fort accroissement. Mais à quel prix ? A celui d’une agriculture industrialisée qui n’est pas l’idéal pour la santé (c’est le moins qu’on puisse dire) mais qui empoisonne la planète. Un seul exemple, l’élevage intensif des porcs en Bretagne a déjà empoissonné la terre et les eaux de cette région.

Si vous avez un tant soit peu voyagé, vous avez constaté que la plupart des pays du tiers-monde se sont transformés en poubelles à ciel ouvert. Les agglomérations de l’Inde, de l’Amérique du Sud et, souvent, d’Afrique, sont devenues invivables. Lorsque la population augmente trop vite, les pays, surtout s’ils sont pauvres, ne peuvent suivre en matière de santé, éducation, transports, logement, traitement des ordures et tous autres équipements. Dans les pays les plus développés, la réparation des dégâts que l’on cause à la nature nous coûtera de plus en plus cher (pour le citoyen, mais, en même temps, rapportera de plus en plus aux capitalistes) mais, plus ou moins, on suivra. C’est tout simplement impossible dans le tiers-monde, y compris dans les pays dits « émergents » (c’est-à-dire à un niveau moyen de développement, cas de l’Amérique latine ou de l’Asie).

Pour des raisons démagogiques et politiques que l’on peut comprendre, la question démographique n’a absolument pas été abordée à Paris. Pour les uns parce qu’il y de gros intérêts économiques (avec sa population qui double en vingt ans, l’Afrique est devenu un « eldorado » pour tous ceux qui y ont quelque chose à vendre). Pour d’autres, il ne faut surtout pas « stigmatiser » les populations (les mêmes qui sont dans nos « quartiers »).

Mais pourra-t-on se voiler la face encore longtemps ? La réponse, hypocrite, donnée est en général que, avec le développement, la natalité va baisser. Ce n’est que partiellement vrai. Certaines religions (l’islam en particulier) sont natalistes et la baisse de la croissance démographique allant à l’encontre des intérêts économiques (à titre d’exemple, en Afrique, quasiment tout le monde, maintenant, a un smartphone et la vente de motos, en attendant celle des voitures, suit mathématiquement l’augmentation de la population), n’est pas souvent une priorité (et on peut y ajouter des raisons stratégiques : on n’a pas intérêt à être moins peuplé que le voisin, surtout si on le juge menaçant. L’exemple du Maroc et de l’Algérie est pertinent : aucun ne veut être moins peuplé que l’autre). Il y a déjà 200 millions d’habitants au Nigeria (deux fois la superficie de la France, mais avec plus d’aridité). Le double dans moins de vingt ans. A supposer que la natalité baisse drastiquement, ce sera comme un bateau lancé à pleine vitesse : il faut longtemps pour l’arrêter. Qui peut assurer honnêtement qu’un Nigeria à un milliard d’habitants sera vivable ? Cela nous promet d’autres « Boko Haram » en perspective. Et une Inde à plus de deux milliards ? La croissance économique du Sénégal est loin d’être négligeable. Pourtant le niveau de vie n’y est pas meilleur (peut-être même pire) qu’il y a vingt ans. Et c’est pareil ailleurs en Afrique.

Cela devrait nous interpeler. Mais cela n’a pas entamé le sourire de Monsieur Fabius à l’issue de la conférence de Paris où le blackout le plus complet a été fait sur la question démographique.

3/ Le concert de réactions indignées depuis hier soir est tout à fait intéressant à observer.

Comme souvent, on a une conjonction de bons sentiments et d’intérêts égoïstes même pas dissimulés.

Côté bons sentiments, les « écolos » dogmatiques, ceux qui nous culpabilisent en permanence, ceux qui jouent les « idiots utiles » pour les intérêts économiques. Evidemment, en « tapant » sur Trump, ils s‘en donnent à cœur joie. Pour eux, Trump est ce qu’on fait de pire en matière de « populisme ». Presque un Le Pen en pire : xénophobe, raciste, islamophobe, chantre du repli et, en plus, pollueur en chef de la planète ! Tous les écolos de service ont défilé hier soir sur BFM-TV, et ce n’est pas fini.

Et puis, il y a tout le ban et l’arrière ban des intérêts capitalistes mondialisés et de leurs relais politiques. A titre d’exemple, les « majors » pétroliers savent jouer sur tous les tableaux. Ils polluent la planète mais, en même temps, ils ont compris tout le parti qu’ils pouvaient tirer de la lutte institutionnalisée contre le réchauffement climatique. Coup double : ils gagnent de l’argent en polluant et ils vont en gagner en dépolluant. Dans le premier cas, c’est payé par le consommateur et dans le second par le contribuable, que l’on taxera d’autant plus facilement qu’on aura réussi à le culpabiliser. Donc, vive la mondialisation « heureuse », l’ouverture, l’OMC et l’Union européenne. Ça permet d’engranger les profits. Et vive l’accord de Paris et ses nouveaux marchés en perspective. Et vouons aux gémonies ce Trump empêcheur de faire du business en rond avec son idée « saugrenue » de protectionnisme. Et espérons, pensent-t-ils, qu’il sera battu à la prochaine élection. Une mauvaise parenthèse se refermera.

C’est exactement ce que se disent Madame Merkel et tous ses satellites européens, le français en tête.

Le discours qu’Emmanuel Macron s’est cru obligé de faire hier soir à 21 heures, commentant la décision américaine comme s’il s’agissait d’une catastrophe nucléaire, était, à cet égard, assez pitoyable. Sur la forme assurément : notre jeune président a encore des progrès d’élocution à faire, tant en français qu’en anglais (pourtant encensés par ses journalistes courtisans). Et sur le fond. Que les dirigeants de l’Union européenne jouent aux vierges effarouchées alors que l’idéologie de l’UE est, par nature, anti-écologique, est cocasse.

L’UE a des alliés en l’occurrence. La Chine, premier pollueur mondial, directement par les rejets de particules, et indirectement car la Chine vit de la mondialisation. Quant à l’Inde, déjà bien polluée, comme les autres pays du tiers-monde, elle espérait toucher sa part du pactole du fonds décidé à Paris. Elle est donc frustrée.

En tout cas, le ton, ridicule, sur lequel les médias ont annoncé la décision de Trump, en était presque comique, tant il était disproportionné par rapport à l’évènement. Cet accord de Paris, mieux que rien, j’en conviens, était, de toute façon, mort-né. Hélas, les pollueurs continueront de polluer et, en plus, ils gagneront de l’argent en réparant une partie de leurs méfaits, et cela, avec nos impôts.

Une dernière remarque : selon les intervenants hier soir sur les chaines d’info, Trump serait « isolé ». Ils se trompent. Quand l’Amérique est seule face au monde, c’est en fait le monde qui est isolé, pas l’Amérique. Notre petit président peut la menacer. Cela ne va pas l’impressionner. Le monde est ce qu’il est, pas nécessairement ce qu’on voudrait qu’il soit. « On ne va pas rediscuter avec Washington », nous disent-ils. Eh bien, vous verrez qu’ils le feront. A moins qu’ils attendent patiemment que Trump laisse la place à un successeur. Pari hasardeux.

Ma conclusion est simple.

Et si on passait enfin aux choses sérieuses, c’est-à-dire se débarrasser d’un système économique et politique pervers, nocif et inhumain ?

On peut rêver, non ?

En attendant, les pollueurs ont un brillant avenir devant eux, et c’est nous qui paierons leurs dégâts.

Yves Barelli, 2 juin 2017

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Published by Yves Barelli - dans Relations internationales
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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 18:08

Dans l’actualité très chargée de ces derniers jours, une information est peut-être passée un peu inaperçue, celle des quelques dizaines d’anciens « tirailleurs » sénégalais reçus à l’Elysée auxquels le président de la République a solennellement conféré la nationalité française et l’annonce que quelques milliers de leurs compatriotes anciens combattants encore en vie pourraient également en bénéficier, s’ils le souhaitent. Ce n’est que justice et il était temps, mais mieux vaut tard que jamais.

On était bien en peine de trouver quelque mesure positive dans l’épouvantable bilan du quinquennat de François Hollande. En voici enfin une ! Alors que tant de nos soit disant « compatriotes » qui vivent en France et se complaisent dans un communautarisme souvent haineux à l’égard de notre pays dont ils ne partagent aucune valeur tout en bénéficiant de ses avantages matériels, il était choquant que des hommes ayant combattu pour la France soient écartés de la nationalité française (alors que d’autres, qui nous font la guerre sous les couleurs de « Daesh » en bénéficient toujours parce que la disposition du code pénal qui prévoit la déchéance de la nationalité dans un tel cas n’est pas appliquée).

1/ Les tirailleurs sénégalais étaient un corps de militaires appartenant à l’armée coloniale formé en 1867 et dissous en 1960 à l’indépendance de ce pays. D’autres ressortissants des anciennes colonies françaises ont également servi sous les couleurs françaises, tels les spahis algériens ou les tabors marocains et ont contribué à la libération de la France à la fin de la seconde guerre mondiale (lire par exemple mon article du 16 août 2014 : « commémoration du débarquement de Provence »), mais, parmi ceux originaires du sud du Sahara, les Sénégalais étaient les plus nombreux. Les autres, Maliens, Togolais, ou autres étaient souvent qualifiés eux aussi de « Sénégalais ». Le plus souvent en première ligne, ils ont payé un lourd tribut à notre liberté.

Du fait de la mesquinerie, parfois, de la République, ces anciens soldats ont longtemps touché des pensions très modestes comparées à celles des soldats français. Elles ont été réévaluées il y a quelques années. C’est bien la moindre des choses.

Mais on continuait à leur appliquer bêtement et méchamment les lois qui régissent la nationalité française. Est Français, toute personne ayant au moins un parent français, ou toute personne étant née sur le territoire français avec critères de résidence (étant entendu que le Sénégal n’est plus la France depuis 1960) ou encore toute personne bénéficiant d’une décision de naturalisation. Pour cela, il faut être conjoint de Français ou remplir un certain nombre de conditions dont les principales sont de vivre en France et d’y être intégré (il n’y a aucune automaticité et c’est tant mieux, encore que, souvent, nos autorités ne soient pas suffisamment regardantes, notamment parce qu’il n’y a pas assez de personnel en préfecture pour effectuer une enquête réellement sérieuse).

Comme les tirailleurs sénégalais, non résidant en France, n’ayant pas, sauf exception, de conjoint français et n’étant pas, sauf exception aussi, fils de Français, ils n’avaient pas droit à la nationalité française et n’étaient même pas dispensés de visas si d’aventure ils souhaitaient visiter notre pays : sans visa pour venir s’y battre en 1944 mais avec visa une fois la paix revenue (ceci en simplifiant : les visas n’ont été instaurés que dans les années 1980 ; auparavant, les Africains n’en avaient pas besoin pour venir chez nous et, soit dit en passant, il y avait moins d’immigration que maintenant pour la bonne raison que les chanceux qui obtiennent le visa préfèrent souvent rester pour ne pas risquer un refus ultérieur. Quant aux clandestins, qui bénéficient des soins gratuits et de la scolarisation gratuite de leurs enfants, ils sont en général régularisés après coup. On se demande pourquoi on encombre encore nos consulats avec les procédures de visas quand on voit que les migrants illégaux qui se disent « réfugiés » sont logés, nourris et subventionnés, alors qu’il n’y a quasiment pas chez eux de « réfugiés » au sens des conventions internationales – on est « réfugié » dans le premier pays où on trouve « refuge » en fuyant son propre pays, par exemple la Turquie, pas ceux où on va lorsqu’on poursuit ensuite sa route, par exemple ceux de l’Union européenne après avoir transité par la Turquie -.

2/ 140 000 combattants africains ont participé dans l’armée française aux combats de la seconde guerre mondiale. Vingt pour cent d’entre eux y ont péri. Ils étaient majoritaires, si l’on inclue les Pieds-Noirs venus d’Algérie, dans les troupes qui ont débarqué en Provence en 1944 et qui ont libéré Toulon et Marseille. Léopold Cedar Senghor, premier président du Sénégal et ancien ministre français, les a surnommés les « dragons noirs de l’Empire », comme les instituteurs du 19ème siècle avaient été qualifiés de « hussards de la République ».

3/ En 1960, le parlement français (sous de Gaulle, tout n’a pas été positif !) a voté la « cristallisation » des pensions des « tirailleurs » des pays devenus indépendants, c’est-à-dire que leurs droits se sont arrêtés aux « points » acquis à ce moment, de sorte que, cinquante ans après, le niveau des pensions, faibles même par rapport aux critères des rémunérations africaines, étaient dérisoires au regard des pensions françaises. Indigne de la France !

Le film « Indigènes », avec Djamel Debbouz, sorti en 2006, a attiré l’attention sur le sort des tirailleurs.

J’ai vu ce film, totalement à charge contre la France et les Français, présentés, dans la société comme dans l’armée, comme de méchants racistes. Partant d’une situation vraie (on mettait en première ligne les tirailleurs, comme, d’ailleurs, lors de la première guerre mondiale, les paysans issus des régions périphériques françaises ; des villages occitans ou bretons entiers ont été décimés), ce film a tellement forcé le trait que ce qu’il a présenté n’avait plus rien à voir avec une vérité historique, visiblement pas l’objectif de ses auteurs et des artistes pour lesquels la France ne pouvait qu’être l’ennemie (ce qui ne les a pas empêchés d’être rémunérés en grande partie sur fonds publics !). Scandaleux ! On connait la haine de la France chez cet artiste, pourtant bien vu par les bobos de gauche caviar (sans doute parce que, eux-mêmes, ont la haine de leur propre pays : les communautaristes anti-Français sont leurs héros et les patriotes, de vulgaires « fachos » !).

4/ Mais ce film a au moins eu l’effet positif (c’est vrai qu’il faut parfois choquer pour être entendu) d’inciter le parlement à décider en 2006 l’alignement des pensions des tirailleurs encore en vie sur celles de leurs camarades Français. A l’époque, on a estimé qu’il y avait de l’ordre de 80 000 de ces tirailleurs encore en vie. Tous ne se sont pas fait connaitre. On ignore combien il en reste aujourd’hui.

5/ Il est donc juste non seulement de donner des pensions dignes à ceux qui restent mais aussi de conférer la nationalité française à ceux qui le souhaitent.

La nationalité française devrait être quelque chose qui se mérite. Assez de « je remplis les critères, j’y ai droit », même lorsqu’on ne parle pas un mot de français ou lorsqu’on prétend vivre chez nous comme on vit au « bled » ou en Arabie saoudite.

J’ai eu à traiter en poste à l’étranger des « Français » qui n’avaient jamais mis les pieds en France, qui ne parlaient pas français et qui étaient Français parce que leurs parents, grands-parents ou arrière grands-parents l’étaient. A titre d’exemple, lorsque j’étais consul général de France en Pologne, on nous signalait souvent de divers aéroports du monde des voyageurs aux noms et prénoms polonais, bénéficiant de passeports français et incapables de s’exprimer en français. On nous demandait de vérifier s’ils étaient vraiment français ou si c’étaient des faux. Hélas, ils l’étaient et leurs documents de voyage que nous ne pouvions refuser d’établir étaient des vrais. Ces gens-là connaissaient le chemin du consulat où ils venaient chercher quelques avantages, y compris des allocations auxquels, « ils avaient droit ». J’avais interdit à me collaborateurs de leur parler une autre langue que le français. J’ai retrouvé la même situation à Pondichéry, en Inde. Je me souviens aussi de l’épouse d’un diplomate français (de rang inférieur), originaire de Pondichéry, ne parlant que tamoul et anglais et toujours vêtue d’un sari, même dans les réceptions, qui avait un passeport diplomatique français parce qu’épouse de diplomate français. Mes collègues diplomates étrangers ne comprenaient pas. A comparer avec la situation d’un ami ambassadeur allemand dont l’épouse gabonaise, pourtant francophone et germanophone, n’a pas droit à la nationalité et donc au passeport diplomatique allemand. Situations choquantes, dans un sens comme dans l’autre.

Quand on voit de tels cas, et, plus encore, lorsqu’on entend dire à la télévision qu’un « Français » (binational, cela on ne le dit pas souvent) a été l’auteur ou le complice d’un acte de terrorisme ou est de retour du djihad en Syrie, on se dit que quelque chose ne tourne pas rond en France.

La nationalité française ne devrait être un droit ni automatique ni perpétuel et transmissible. Etre « Français » et avoir perdu le contact avec la France au point de ne pas parler français (ou une autre langue de France : si encore ils connaissaient le breton, le basque ou l’occitan, ce serait bien) me parait incompatible, surtout lorsque l’individu vient au consulat chercher ses « allocs » et ne dit même pas « bonjour » et « merci » (alors qu’ils peuvent bénéficier de cours gratuits dans nos centres culturels ou Alliances Françaises).

Je ne comprends pas, non plus, pourquoi on n’applique pas l’article du code pénal qui prévoit la déchéance de la nationalité française pour ceux qui prennent les armes contre la France. Si cela était le cas, on ne retrouverait pas plusieurs centaines de djihadistes partis en Syrie et qui rentrent en France plus haineux que jamais envers notre pays et ses valeurs.

6/ Quand on rappelle cela, il est encore plus choquant de constater que des hommes qui ont risqué leur vie pour nous défendre aient « bénéficié » si longtemps de pensions au rabais (alors que les parasites qui peuplent souvent nos quartiers « difficiles », eux, Français ou non, touchent le RSA, des allocations logement, des allocations familiales et sont logés en HLM, tous avantages supérieurs, souvent, à ceux qui travaillent et qui représentent en un mois plus que le salaire annuel moyen de beaucoup de pays d’Afrique) et qu’il ait fallu attendre 57 ans pour qu’on daigne, dans notre grande générosité, concéder la nationalité française aux « tirailleurs » sénégalais (j’espère que ceux des autres nationalités n’ont pas été oubliés).

Parfois, je suis fier d’être Français. Dans d’autres cas, j’en ai honte !

Yves Barelli, 16 avril 2017

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 13:58

Donald Trump, plus fin politicien que ce que nos médias, juges et parties, présentent, aime surprendre. On l’attendait sur un repli protectionniste et voilà qu’il commence à intervenir aux quatre coins du monde : en moins d’une semaine, il a fait tirer 59 missiles sur une base aérienne syrienne, une méga-bombe sur une zone djihadiste d’Afghanistan et il a donné l’ordre à un porte-avion de se positionner à proximité des eaux territoriales nord-coréennes. Cette agitation, sans aucun intérêt militaire, est purement politique ; elle est destinée à son opinion publique interne pour lui montrer qu’il est à la hauteur de sa charge et qu’il n’est pas l’otage de Moscou et au monde pour rappeler que les Etats-Unis, dont les dépenses militaires représentent à elles seules 40% du total des budgets mondiaux d’armements, peuvent frapper quand et où ils le veulent. Mais même si le président américain sait certainement jusqu’où il peut aller et jusqu’où il ne le peut pas (s’il ne le sait pas, ses conseillers le savent), son jeu en Asie est dangereux. Moscou et Pékin le lui ont déjà dit. Plutôt que de s’en prendre maladroitement au mur envisagé à la frontière mexicaine où à la suspension de visas pour des pays dangereux, légitimes car ne relevant que de la seule souveraineté américaine, les alliés européens des Etats-Unis seraient bien avisés, eux aussi, d’alerter Washington sur les risques d’une confrontation en Asie.

1/ Les missiles tirés, avec précaution, sur la Syrie (on rappelle que Washington avait eu le soin de prévenir à l’avance les membres permanents du Conseil de sécurité et, via la Russie, la Syrie, voir mon article du 7 avril : « frappes américaine sur Syrie ») étaient certes destinés avant tout à l’opinion américaine pour couper l’herbe sous le pied d’une enquête du FBI, sans doute partiale car le président n’a pas encore eu le temps de « faire le ménage » à la tête de cette institution qui lui est jusque-là hostile, visant à exhumer des soit disant « preuves » de la collusion de son équipe avec les présumées interférences russes dans la campagne présidentielle de novembre dernier. Il n’empêche que les conséquences internationales sont mauvaises car elles jettent un froid sur les relations américano-russes à un moment où, au contraire, jamais une alliance internationale contre l’islamisme (dont les actions terroristes frappent partout) n’a été aussi nécessaire.

La méga-bombe lancée sur une zone montagneuse d’Afghanistan destinée, parait-il, à frapper les djihadistes jusque dans les grottes où ils trouvent refuge, en serait presque comique si des vies humaines n’étaient pas en jeu.

Elles accréditent en tout cas la conviction (ce n’est pas nouveau) que les Etats-Unis s’arrogent le droit de faire ce qu’ils veulent sans aucune considération pour le droit international. Envoyer des bombes sur un Etat souverain sans déclaration de guerre et sans même chercher à se couvrir par une résolution, même vague, du Conseil de Sécurité, ce n’est tout de même pas rien. Même Bush s’appuyait sur des résolutions de l’ONU ! On en est revenu à la politique de la « canonnière ». On est en pleine loi de la jungle et en plein cynisme. Nos médias, auxquels les gens sensés ne font plus confiance depuis longtemps, si prompts à dénoncer l’annexion « arbitraire » de la Crimée par la Russie alors que cette terre est évidemment russe et que sa population a été consultée par plébiscite et a approuvé à plus de 90% le rattachement à la Russie, n’ont jamais aucun état d’âme à couvrir les multiples violations du droit international et tout simplement du droit des gens dès lors qu’elles viennent de leurs maitres américains. Ces médias (et nos politiciens encore au pouvoir à Paris) du « système » ont certes été désarçonnés par l’entrée à la Maison Blanche d’un « populiste » présenté comme aussi dangereux que Le Pen ou les artisans du « Brexit ». Ils avaient évidemment tous misé sur Hilary Clinton, cette grande « démocrate » et « humaniste », pourtant vendue aux intérêts des grands groupes capitalistes américains du « complexe militaro-industriel ».

Soudain, à leurs yeux, Trump redevient fréquentable. Même Hollande, Merkel et Junker ne le critiquent plus. C’est dire ! Ils risquent néanmoins d’être déçus lorsque le président mettra en œuvre la politique interne pour laquelle il a été élu : protéger l’économie et les travailleurs américains de la concurrence extérieure déloyale et en finir avec l’accueil inconsidéré de « migrants », notamment musulmans, main d’œuvre et consommateurs qui nourrissent les bénéfices des capitalistes, exercent une pression à la baisse des salaires et empoisonnent le quotidien des Américains.

2/ La nouvelle politique va-t’en-guerre de Trump, si elle était poursuivie (les optimistes peuvent espérer qu’elle n’est que passagère pour les raisons intérieures indiquées plus haut ; mais les pessimistes ont toutes les raisons de craindre que lorsqu’on s’habitue à jouer les « durs » en toute impunité, il n’y a aucune raison de s’arrêter), risquerait de déboucher sur de graves tensions internationales, voire sur la guerre.

En Europe, le danger parait limité. Je ne crois pas que Trump sera assez fou pour faire entrer l’Ukraine ou la Géorgie dans l’OTAN. Ce serait un quasi casus-belli avec la Russie.

L’envie de « régler son compte » à l’Iran est, lui, une réalité. Le président américain y est fortement encouragé par son nouveau grand ami israélien Netanyahou et par les monarchies arabes les plus proches de l’islamisme sunnite radical. Taper sur Téhéran ne pourrait que plaire au « lobby » juif américain (qui fait la pluie et le beau temps au Congrès et dans les médias) et à une bonne partie de l’opinion américaine qui n’a pas oublié l’humiliation de la prise de l’ambassade américaine de Téhéran par les hommes de main de Khomeini. Il est clair que si Trump passait à l’acte, soit directement, soit en donnant son aval à une action israélienne, les conséquences risqueraient d’en être importantes. Les Iraniens sont capables de se défendre et de mener des actions de rétorsion et, surtout, une telle action ne laisserait pas Poutine sans réagir. Attention danger !

3/ Mais cela n’est rien comparé aux menaces qui pèsent sur la paix mondiale en Asie.

La Corée du Nord est un petit pays. On peut penser ce que l’on veut de son régime, sans doute moins épouvantable que ce qu’en disent nos médias (je ne connais pas suffisamment ce pays pour avoir une opinion personnelle définitive), mais certainement loin de l’idéal. Je note au passage que, écrivant cela, je suis moi-même conditionné par la propagande ambiante : lorsqu’on parle de Poutine, de Bachar, de Chavez et, évidemment, de Kim Jong Il, il faudrait sans cesse s’excuser de ne pas condamner sans appel ces « régimes », alors que les pires dictatures assassines (comme celle de Ryad) peuvent être ménagées dès lors qu’elles sont nos « amies » !

Toujours est-il que la Corée du Nord dispose de l’arme nucléaire et cela fait toute la différence avec l’Iran (dont j’ai toujours pensé qu’il a droit lui aussi à sa « bombe », ne serait-ce que pour le protéger des menaces d’Israël qui, lui, l’a. Pourquoi l’un et pas l’autre ?).

Puisque le leader du « régime » nord-coréen est présenté comme un fou sanguinaire pire que Néron, les Américains savent, ou devraient savoir, qu’il est susceptible d’utiliser l’arme nucléaire contre un éventuel agresseur. C’est le principe de la dissuasion : même avec une seule petite bombe atomique, on peut faire très mal à celui qui en possède des milliers. Cela devrait donner à réfléchir et inciter à la prudence.

4/ Mais il y a plus que la Corée du Nord, il y a la Chine (et sans doute aussi la Russie et d’autres puissances asiatiques, notamment l’Inde).

La Chine est la seconde puissance économique mondiale, en passe de rattraper les Etats-Unis, et la première masse démographique de la planète. L’ « empire du milieu » procède par étapes dans sa montée en puissance. D’abord, l’économie et le commerce. Ensuite, la conquête des hautes technologies, notamment le spatial.

La prochaine étape sera l’expansion territoriale et l’établissement d’une zone d’hégémonie exclusive. Cela a déjà commencé par le contrôle méthodique de tous les îlots inhabités et à la souveraineté contestée de la mer de Chine et par le renforcement des liens économiques et commerciaux avec un nombre croissant de pays d’Asie, au moins avec ceux qui ne sont pas directement contrôlés par les Etats-Unis.

A terme (et cela est proche), la Chine fera comme toutes les grandes puissances l’ont toujours fait : elle ne tolérera plus de régimes hostiles à ses portes.

Les Etats-Unis n’ont jamais admis que Cuba ait un régime hostile. Ils ont essayé de l’éliminer par divers moyens, notamment, mais pas seulement, par l’embargo. Ils se décident aujourd’hui à relâcher la pression pour l’unique raison que l’île castriste a abandonné toute posture agressive à l’égard de son puissant voisin et toute prétention hégémonique en Amérique latine.

Pourquoi la Chine accepterait à ses portes ce que les Etats-Unis ont refusé aux leurs ? Poser la question est y répondre.

Il y a 40 000 GI stationnés en Corée du Sud, des bases militaires américaines dans une dizaine de pays proches de la Chine (Philippines, Japon, Thaïlande, Singapour, etc).

Je prends le pari que cela ne pourra être éternel. D’une façon ou d’une autre, c’est-à-dire pacifiquement ou par la guerre, cela changera. Il vaudrait mieux pour tout le monde, y compris pour les Etats-Unis, que cela ne soit pas par la guerre.

Viendra, de toute façon, un jour où l’Asie sera un continent de suprématie chinoise, comme l’Amérique est de suprématie des Etats-Unis. Cette suprématie chinoise sera sans doute partagée avec l’Inde, hyperpuissance encore potentielle, avec un scénario optimiste d’alliance entre Pékin, Delhi et Moscou (voir mon article du 4 juin 2016 : « Chine-Inde : coopération et rivalité ») et un pessimiste de confrontation. Je pense que, au moins dans un premier temps, la coopération sera la plus probable car toutes ces puissances sont pareillement menacées par l’hégémonie américaine mondiale. 

Dans le jeu de go, populaire en Chine, mais aussi au Japon, le but d’une partie est de conquérir le territoire le plus vaste, non de tuer les pions de l’adversaire. Celui qui gagne est celui qui, à la fin du jeu, a le territoire le plus vaste, sachant que ses « prisonniers » viennent en déduction des territoires conquis. Un bon joueur de go évalue en permanence les rapports de force. Là où il est faible, il n’insiste pas et laisse l’adversaire s’établir, préférant pousser l’avantage là où il est déjà fort. Dans la nature, le processus est un peu comparable. Dans un combat entre mâles pour diriger un troupeau, la confrontation ne dure jamais très longtemps : le plus faible abandonne le terrain et il n’y a jamais de mort. Ce n’est peut-être pas « démocratique » ou « moral » mais c’est efficace et cela limite les dégâts. Si Napoléon et Hitler avaient été des joueurs de go, ils n’auraient jamais attaqué la Russie car le rapport de forces était en leur défaveur compte tenu du poids démographique russe (qui permet, cyniquement, de sacrifier beaucoup de soldats) et le « général hiver », allié des Russes. Si Fidel Castro avait, lui aussi, joué au go, il aurait certainement cherché un bon compromis avec Washington. La stratégie aux échecs est un peu différente mais, là aussi, il faut savoir sacrifier une pièce ou ne pas entamer une attaque suicidaire là on où n’est pas suffisamment fort en attendant de construite une meilleure attaque.

L’intelligence consisterait pour les Etats-Unis à rechercher un bon compromis tant avec Moscou que Pékin. « Titiller » la Russie sur ses marches ou Pékin en mer de Chine est un mauvais calcul. Mieux vaudrait accepter l’idée qu’il existe des zones d’influences « naturelles » et se résigner, à Washington, à ne pas être dominant partout et éternellement le gendarme du monde. Viendra un jour où l’Asie orientale, Japon compris, sera dans l’orbite chinoise. Les pays et les peuples de ce continent comprendront tôt ou tard que c’est dans leur intérêt et les Américains devront s’y résoudre.

Idem pour l’Ukraine et même les Pays baltes vis-à-vis de la Russie. Il serait bon aussi que les pays d’Europe occidentale et centrale se fassent à l’idée qu’un bon accord avec Moscou vaut mieux que la confrontation.

Toute autre considération, et en particulier nier les réalités, risque de mener à la guerre. 

Nos médias feraient mieux de l’expliquer à leurs lecteurs, auditeurs et spectateurs plutôt que de présenter les faits à travers le prisme déformé de leur dogmatisme sectaire, de jeter systématiquement l’opprobre sur les pays qui entendent rétablir leur indépendance et assurer leur sécurité et jeter en permanence de l’huile sur le feu.

Espérons que Donald Trump fera preuve de réalisme. Qu’il s’occupe de rendre les emplois promis à ses électeurs plutôt que d’envoyer des porte-avions en mer de Chine. Ce sera plus utile.

Yves Barelli, 16 avril 2017

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 12:21

Les frappes américaines qui ont touché dans la nuit du 6 au 7 avril la base aérienne du centre de la Syrie d’où, selon des informations non vérifiées, seraient partie l’attaque possiblement chimique qui a tué 87 personnes dans le nord du pays, est un message de fermeté adressé à l’opinion américaine et au monde par le président Trump. Cette action, dont les Américains avaient informé les membres permanents du Conseil de Sécurité et, via la Russie, la Syrie, a été très ciblée et n’a occasionné aucun dégât collatéral (en particulier s’agissant de matériels et de personnels russes). Plus qu’une action militaire, il faut y voir, de la part des Américains, un signal diplomatique fort.

1/ En conformité avec la philosophie de Trump « America first », c’est avant tout à l’opinion américaine que ce message militaire s’est adressé. Le nouveau président était accusé par de nombreux secteurs de l’opinion américaine de faiblesse complaisante vis-à-vis de la Russie et de la Syrie dans un contexte de soupçons d’interventions russes pendant la campagne présidentielle de novembre dernier visant à empêcher l’élection d’Hillary Clinton. Par cette action, Donald Trump coupe l’herbe sous les pieds de ceux qui étaient en train de monter une campagne contre lui sur le thème de la collusion avec Moscou.

2/ C’est aussi un message adressé à la Russie et à la Chine selon lequel les Etats-Unis n’hésitent pas à agir comme ils l’entendent lorsqu’ils estiment leurs intérêts en jeu. Le message vaut aussi, évidemment, pour l’Iran et la Corée du Nord. Accessoirement, le message est aussi à destination des alliés traditionnels des Etats-Unis, ceux de l’OTAN et d’Asie, quelque peu déconcertés par l’attitude nouvelle de la Maison Blanche qui tendait à accréditer l’idée que, désormais, les Américains ne s’intéressaient plus qu’à eux-mêmes, au détriment, peut-être, de leurs alliés.

3/ Cela étant dit, il faut relativiser la portée de ces frappes américaines. Washington avait pris le soin de prévenir les membres permanents du Conseil de Sécurité et en premier lieu la Russie, très engagée comme on le sait aux côtés du gouvernement syrien. Non seulement les Russes ont pu évacuer leurs avions qui, selon des informations répercutées par les médias, se seraient trouvés sur la base, mais ils ont prévenu aussi leurs alliés syriens, ce qui explique que quasiment tout le personnel a pu être évacué (il n’y a eu que quatre morts syriens, ce qui est encore trop, mais ce qui est sans rapport avec les effectifs normalement présents sur une base aérienne). On a pu ainsi éviter un carnage et, surtout, un acte de guerre aux conséquences imprévisibles contre la Russie si, par malheur des victimes russes avaient été déplorées.

4/ Dans le dialogue que le président Trump a entamé avec la Russie et la Chine (le président chinois doit s’entretenir ces jours-ci avec son homologue américain en Floride), cette action le met en position de force. C’est bien joué.

5/ On peut évidemment déplorer que cette action unilatérale se soit produite, une fois de plus, en dehors du cadre des Nations-Unies. Sans doute cela peut-il se comprendre, à défaut, d’être approuvé, par le temps qu’aurait pris une concertation entre grandes puissances et par la perspective d’un véto russe envers un projet de résolution trop ouvertement anti-syrien (tentative que la France, comme d’habitude, était en train de maladroitement tenter de mettre sur pied). Il eut été évidemment souhaitable qu’on attende qu’une enquête internationale ait pu établir la réalité de l’attaque chimique et la responsabilité, éventuelle, de Damas. Mais cela aurait pris du temps et Donald Trump, notamment pour les raisons intérieures indiquées plus haut, a estimé qu’il vallait mieux agir tout de suite.

6/ Je n’ai aucun élément d’information autre que les médias, sur lesquels il y a lieu de toujours être circonspect compte tenu de leur partialité hélas avérée (et pas seulement sur la Syrie), pour savoir si l’attaque sur une ville du nord de la Syrie (où je n’ai, non plus, aucune information pour savoir qui était visé) était effectivement chimique ou si, comme le prétend le gouvernement syrien, la diffusion d’armes chimiques (à peu près la seule réalité établie), a été due à l’explosion d’un dépôt tenu par les terroristes islamistes.

Si l’utilisation de gaz chimiques est bien l’œuvre délibérée de l’armée syrienne, cela est évidemment un crime de guerre contraire à toutes les conventions internationales et contraire à l’engagement pris en 2013 par la Syrie de détruite son stock, engagement cautionné par la Russie. Une telle violation relèverait de la bêtise pure et dure car il était impossible qu’elle passe inaperçue. J’ai personnellement de la difficulté à le croire. Mais cette guerre, où la barbarie semble sans limite chez tous les belligérants, est susceptible de toutes les conséquences, y compris d’actions imbéciles.

7/ En l’absence, donc, d’informations suffisantes pour me faire une opinion définitive, je considère cette action militaire américaine comme un avertissement sans frais (quatre morts quand même, hélas !) à qui veut bien l’entendre. Il accrédite en tout cas, pour ceux qui en doutaient, la certitude que Donald Trump est un véritable homme d’état. Même si je déplore, par principe, l’unilatéralisme des grandes puissances, parfois montrer sa force n’est pas nécessairement négatif. Le monde est ce qu’il est, pas vraiment ce que l’on souhaiterait qu’il soit !

Yves Barelli, 7 avril 2017

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 15:52

La condescendance de la plupart des médias français envers le Royaume-Uni est pathétique tant elle est synonyme d’ignorance, d’aveuglement dogmatique et de complexes révélateurs. Incapables de voir les réalités en dehors du prisme déformant de leur conformisme européiste, ils enterrent déjà l’Angleterre, dont, pensent-t-ils, l’Ecosse va se séparer, au fond du chaos et de la décadence qu’ils voient en rêve, sans se rendre compte que l’isolement, la crise, la décadence annonciatrice de chaos, est déjà le sort de « leur » Union européenne.

1/ Le parlement britannique vient, en conformité et application du vote populaire du 21 juin 2016, de décider la sortie définitive du Royaume-Uni de l’Union européenne. Dès le vote acquis, les autorités britanniques en ont transmis le résultat à la « présidence » de l’UE et ont demandé à ce que le processus de sortie soit engagé.

Je note que le gouvernement de Madame May a eu la sagesse de prendre son temps avant d’agir. La tension irrationnelle suscitée en Europe après le vote de l’an dernier a eu ainsi le temps de quelque peu retomber. L’exigence ridicule de François Hollande d’entamer « immédiatement » le processus et même de prendre des mesures « immédiates » de rétorsion n’a fait que décrédibiliser un peu plus le président français sortant qui a l’habitude de compenser sa faiblesse interne par des rodomontades extérieures vis-à-vis de la Russie, de la Syrie, de l’Iran et maintenant du Royaume-Uni. Les partenaires européens de la France, Madame Merkel en tête, ont, en l’occurrence, fait preuve de davantage de réalisme.

2/ Le réalisme conduit en effet à rechercher un bon accord avec le Royaume-Uni. Il est dans l’intérêt commun car le plus isolé n’est pas celui que l’on croit.

Sur le papier, il est tentant de considérer que le Royaume-Uni est quasiment un nain face au « géant » européen. Le PIB cumulé de l’UE hors RU est en effet environ cinq fois plus important que le PIB britannique.

Mais cela n’a pas beaucoup de signification. L’UE n’est pas un Etat mais une union d’Etats souverains qui ont des intérêts souvent divergents. Ils n’ont pas tous le même niveau de développement ni même la même monnaie (la plupart ont l’euro, mais pas tous, et cet euro va de crise en crise) et encore moins de politique étrangère commune. L’UE parle rarement d’une seule voix. C’est même la cacophonie qui y règne. De plus, l’enchevêtrement des compétences entre la Commission à la légitimité contestable, le « conseil européen » formé des chefs d’états et de gouvernements ou de leurs représentants, qui prennent leurs décisions à l’unanimité, le « parlement » européen et les Etats, de plus en plus réticents, du fait des opinions publiques, à abandonner des parts de souveraineté à des instances supranationales, paralyse cette « union », géant économique virtuel mais nain politique réel.

Face à ce conglomérat, il n’est pas difficile pour les Britanniques de jouer sur les divisions et l’indécision de leurs encore « partenaires ».

3/ Nos médias et tout ce qui compte de « politiquement correct » (hommes politiques mais aussi les soit disant experts économiques dont la plupart ne sont que les porte-voix de ceux qui les rémunèrent : gouvernements, instances européennes, banques, etc) avaient annoncé le chaos si d’aventure les Britanniques étaient assez « fous » pour voter le Brexit. Ils annonçaient l’effondrement de la livre, la fuite immédiate des banques de la « city », des entreprises et de nombre de cadres. Ils prédisaient une chute drastique du PIB britannique dès la première année. Bref, à les entendre, la Grande Bretagne allait se retrouver en moins de deux dans la situation au mieux de la Grèce au pire du Mali.

Rien de cela ne s’est produit. La livre a été dévaluée de façon contrôlée de 5 à 10%. Cela a permis de favoriser les exportations et la venue de touristes. Le coût de la vie à Londres se rapproche ainsi de celui du continent et c’est positif. Certes, les touristes anglais à l’étranger et ceux qui voulaient acheter une résidence secondaire en Périgord sont désavantagés mais la majorité des Britanniques y trouvent leur compte en matière d’emplois. La « city », quant à elle, reste la « city ». « In » ou « out » de l’UE, c’est la même chose.

4/ Dans le « match » entre UE et RU, si tant est qu’il ait « match », le perdant ne sera pas nécessairement celui que beaucoup croient.

La Grande Bretagne avait déjà sa propre monnaie et ses frontières nationales (elle n’est pas membre de Schengen). Le pays était déjà très ouvert sur le monde. Avec ou sans l’Europe, cela ne va pas changer beaucoup.

Le rôle de la « city », c’est-à-dire de la place financière de Londres, qui est l’un des leaders mondiaux en termes bancaires, d’assurances et de réassurances (notamment les « lloyds » qui assurent l’ensemble du commerce maritime mondial), ne va pas changer. Ceux qui croient que la sortie de la GB de l’UE va entrainer un transfert des activités financières de Londres vers Francfort, Paris ou Luxembourg prennent sans doute leurs désirs pour des réalités. Les place financières de Suisse, de Singapour ou de Jersey, toutes hors UE, font des affaires avec les pays de l’UE. Il en ira de même de Londres, avec ou sans appartenance à l’UE.

Sur le plan économique, le Royaume-Uni est un « marché » pour les produits de l’UE comme l’UE l’est pour les produits britanniques. Alors que l’Union européenne a aboli l’essentiel de ses barrières douanières avec le reste du monde, pourquoi les rétablirait-elle pour le seul Royaume-Uni ? Cela est absurde. Les produits chinois ou, plus près, suisses continuent à entrer librement dans l’UE et, soudain, les britanniques ne le pourraient plus ? Absurde : l’UE, ou ce qu’il en reste, n’a aucun intérêt à se couper du Royaume-Uni.

Le gouvernement de Londres a commencé à distiller certaines informations qui sont de nature à assagir les Européens qui pourraient être tentés de « faire payer » cher aux Britanniques leur désir d’indépendance. On a ainsi rappelé que la moitié des prises des bateaux de pêche européens se faisait dans les eaux britanniques. On a rappelé, dans un autre domaine, que les services de renseignement européens étaient dépendants des écoutes britanniques. Nul doute que d’autres exemples vont venir étayer le « dossier » britannique.

5/ Mais c’est surtout en matière géostratégique que Londres est le plus fort.

Comme c’est un secteur que, professionnellement, je connais un peu, cela m’a fait franchement rire lorsque j’ai entendu tous ces commentateurs sur les chaines de TV, aussi imbus de leur importance autoproclamée que ce qu’ils sont ignares sur le fond, nous parler doctement du dorénavant « isolement » britannique.

Le Royaume-Uni a des relations directes et privilégiées avec une bonne moitié de la population mondiale. Le Commonwealth reste une réalité pas seulement symbolique (c’est déjà important les symboles !). Cette organisation souple réunit 52 membres (dont 16, y compris le Canada ou l’Australie, qui sont des puissances économiques, ont la reine d’Angleterre comme chef d’état) qui s’étendent sur 30 millions de kilomètres carrés et ont une population de 2 milliards et demi d’habitants (dont plus d’un milliard pour l’Inde, deuxième pays le plus peuplé au monde et bientôt le premier).

Les Français devraient être ceux qui comprennent le mieux ce que signifie les relations « spéciales », informelles autant que formelles mais solides, entre l’Angleterre et son ancien empire colonial. La « Françafrique » lie les responsables français et africains à travers la langue, des études communes, un système juridique partagé et des références que nous avons en commun. Même opposés sur certains dossiers, il y a toujours une connivence entre les diplomates (je l’ai constaté aux Nations-Unies lorsque j’y ai servi et dans toutes les réunions internationales), les politiciens, les professionnels et même l’ensemble des populations de pays ayant en partage la langue, l’histoire et, souvent, le quotidien (on peut parler au fond de l’Afrique de l’OM ou de Fillon, pas ailleurs).

Ce qui est vrai pour l’Afrique francophone (d’où l’impérieuse nécessité pour la France de promouvoir sa langue dans le monde : lorsque je converse en anglais avec un étranger, il y a intercompréhension ; lorsque je peux le faire en français, il y a une sorte de complicité et de connivence ; c’est toute la différence), l’est pour le Commonwealth.

Les relations de l’Angleterre avec son ancien « empire » n’ont jamais cessé, même avec des pays qui ne font pas partie du Commonwealth. A titre d’exemple, les familles régnantes et les officiers supérieurs des Emirats Arabes Unis, du Qatar, de l’Oman ou de Jordanie sont tous passés par Oxford ou Cambridge et aucun d’entre eux ne considère Londres comme une terre étrangère. J’ai personnellement vécu en Inde, pays très fermé à toute influence étrangère, mais avec une exception, l’anglaise : là-bas aussi, l’Angleterre reste une référence et n’est pas vraiment un pays étranger ; on y joue ainsi au « criquet » (cela est vrai aussi dans l’autre sens : les ambassadeurs de « Sa Majesté » dans les pays du Commonwealth portent le titre de « haut-commissaire » et non d’ « ambassadeur » et, en l’occurrence la distinction n’est pas seulement de vocabulaire).

Parmi les anciens territoires britanniques non membres du Commonwealth, il y a les Etats-Unis. Américains et Britanniques peuvent se parler sans interprète et il y a plus qu’une connivence entre eux, il y a une communauté de destin. Depuis au moins la seconde guerre mondiale, il y a un « partenariat stratégique » entre Londres et Washington, ce qui signifie que, au-delà des changements de présidents ou de gouvernements, on considère qu’il existe des intérêts communs permanents qui se traduisent par des relations privilégiées. On le voit par exemple en matière d’échanges de renseignements. Les Britanniques bénéficient de certaines informations américaines que n’ont pas leurs alliés de l’OTAN. Et si le président Trump a rencontré Theresa May avant tout autre chef de gouvernement, ce n’est pas un hasard mais c’était dans l’ordre des choses.

L’Angleterre, avec sa langue hégémonique dans le monde, avec l’aéroport de Heathrow, l’une des plaque-tournantes mondiales, et son prestige dans tous les domaines, y compris dans celui du sport et de la musique, isolée ? Allons donc ! Un peu de décence et de modestie à défaut d’intelligence, s’il vous plait !

Dans l’avantage comparatif entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, il est un autre élément qui me parait de première importance. Les Britanniques sont considérés comme ayant la meilleure diplomatie au monde (on considérait que la française était la seconde ; sans doute l’est-elle restée mais elle est paralysée par le manque d’ambition de nos gouvernements et par l’abandon, volontaire, de souveraineté à l’Union européenne qui, elle, n’a pas de diplomatie du tout). Elle bénéficie de bonnes informations et d’une excellente réactivité (je me souviens encore du modèle de diplomatie et de gestion de crise qu’a été la guerre des Malouines au début des années 1980 ; la veille de l’invasion argentine des îles, l’ambassadeur britannique à l’ONU a demandé et obtenu la réunion en urgence, dans la nuit, du Conseil de Sécurité et a fait voter une résolution préventive condamnant, quelques heures avant, l’invasion argentine. Cela, à peu près seuls les diplomates britanniques et français savent le faire : nous, c’est sur l’Irak, en 2003, que nous avons magistralement joué).

Dans le dossier « brexit », les Britanniques ont encore une fois apporté la preuve de leur maitrise diplomatique. Ils ont pris leur temps, ignoré les demandes de lancer « immédiatement » la sortie, calmé le jeu et déposé enfin, la semaine dernière, la demande officielle de sortie, près d’un an après le vote populaire, exactement au moment choisi.

Les Britanniques ont une autre qualité. Ils sont attachés à leur Nation (ou plutôt leur quatre nations) et à leur identité, qu’ils placent au-dessus de toute autre considération. Ils savent collectivement ce qu’ils veulent et n’ont jamais peur, dans une réunion internationale, de mettre sur la table leurs positions, quitte à paraitre isolés. Dans tous les cas, ce sont les autres qui se rapprochent de leurs positions et le compromis final est toujours à l’avantage britannique. En son temps, Madame Thatcher a obtenu ce qu’elle voulait (le général de Gaulle, en adoptant la même position intransigeante vis-à-vis de l’UE avait obtenu le même succès : quand on sait ce que l’on veut face à des interlocuteurs indécis et divisés, on est toujours gagnant). Pour revenir aux Malouines, on disait alors les Anglais isolés, notamment face au continent latino-américain : ils ont tenu bon ; aujourd’hui, quarante ans après, ils sont toujours aux Malouines et les Argentins comme les autres Latinos ont pleinement renoué avec Londres.

Je n’ai aucun doute sur la capacité des Britanniques à obtenir un accord post-Brexit à leur avantage. Le capitalisme sait s’adapter à toutes les situations. Or l’UE n’est pas autre chose qu’une vaste zone de libre-échange dont la finalité est de maximiser les profits des intérêts économiques des « lobbies » qui y font la pluie et le beau temps. Comme ces intérêts veulent continuer à gagner de l’argent, il est évident qu’il y aura un bon accord avec le Royaume-Uni.

Cela m’amène à une incidente s’agissant de la France. Les « européistes » y tiennent le même langage dogmatique que pour la Grande Bretagne : si la France voulait « sortir » de l’UE et de l’UE, nous serions « isolés » et, évidemment, ce serait le « chaos ». Ils oublient que bien des peuples, y compris l’allemand, rêvent d’en finir, aussi, avec le carcan européen. Ils oublient en outre que, si la France décide d’en finir avec l’UE, nous n’aurions même pas en en « sortir » parce que, tout simplement, ce serait la fin de l’UE. Dans une « indivision » juridique ou commerciale, si l’un des partenaires décide d’en finir, il n’y a tout simplement plus d’indivision. Cela vaut pour l’UE comme pour l’euro. L’euro sans la France, ce n’est plus l’euro !

En conclusion, il est aussi faux de parler d’ « isolement » britannique vis-à-vis de l’UE que d’ « isolement » de l’Angleterre face à Napoléon. Le blocus continental a joué dans les deux sens et a affecté plus la France que l’Angleterre (toujours reliée au reste du monde grâce à sa marine). Au final, c’est Napoléon qui a perdu.

6/ Un mot, d’indignation, sur l’Ecosse. Les mêmes médias et politiciens qui n’ont pas de mot assez durs face aux « prétentions » de la Catalogne de recouvrer sa souveraineté, refusée, contre tout sens élémentaire de la démocratie, par le gouvernement de Madrid (cf les nombreux articles que j’ai écrit sur ce sujet dans ce blog), soudain se prennent de sympathie pour cette « pauvre » Ecosse, sous le « joug » anglais, qui, méritante et digne de notre sympathie et solidarité, veut rester dans l’Europe. On répète à satiété que les Ecossais ont majoritairement voté contre le Brexit (comme d’ailleurs, les gens « intelligents » et « ouverts » de Londres ; seuls les « ploucs primitifs » du « Black Country », à la fois égoïstes et mal informés, ont voté pour !).

Ils oublient deux choses. D’abord que le Royaume-Uni est un pays démocratique : les Ecossais, reconnus comme constituant une Nation, ont le droit de s’en séparer s’ils le souhaitent. On ne peut hélas en dire autant pour les Catalans mais aussi les Corses ou les Bretons. Mais comme nos médias sont de mauvaise foi ou, pire, aveuglés par leur dogmatisme, ils ne le disent pas.

La seconde chose est que les Ecossais ont déjà rejeté l’indépendance il y a deux ans à 55%. Le problème avec les médias du « système » est qu’ils ne tiennent pour légitimes que les votes qui leur conviennent. A leurs yeux, si les Ecossais (et les Britanniques s’agissant du Brexit) se sont trompés, il faut les faire revoter autant de fois que nécessaire jusqu’à ce qu’ils votent « bien ». C’est leur conception, curieuse, de la démocratie.

Les Ecossais revoteront certainement. Mais Madame May a fixé un délai d’au moins deux ans. Ce n’est pas déraisonnable et cela montre même une ouverture d’esprit que n’ont pas nos tenants du « politiquement correct ».

On verra alors ce que décident les Ecossais. Seuls nos rêveurs pensent qu’ils seront irrésistiblement attirés par une Union Européenne sans consistance ni avenir alors qu’ils réalisent plus de 80% de leurs échanges avec le reste du Royaume Uni, que le pétrole n’assure même pas 1% de leurs revenus et que la majorité des Ecossais ont montré leur attachement à l’Etat commun (au sein duquel, ce qui est une différence majeure avec nos régions françaises, ils jouissent d’une très grande autonomie).

XXX

Bon vent donc au navire britannique. Il est solide et, débarrassé du poids européen, il ira où il voudra, et cela, dans les meilleures conditions.

J’espère que le peuple français aura un jour le même courage que le peuple britannique. La France aussi a tous les atouts pour naviguer bien et loin.

A condition que nous le voulions !

Yves Barelli, 2 avril 2017

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 15:18

Les déclarations d’un futur président ne sont certes que des déclarations et on jugera aux actes, mais le contenu de l’interview que vient de donner Donald Trump met du baume au cœur de ceux qui aspirent à un vrai changement, aux Etats-Unis comme ailleurs, et suscite l’inquiétude, voire la peur, de ceux qui n’ont pour tout horizon que le système oppressif et inhumain qui nous gouverne encore et ses dogmes surannés. Franchement, l’affolement des « marchés » et des suppôts du « politiquement correct » dont l’alignement inconditionnel sur Washington et son relai bruxellois constituaient l’alpha et l’oméga de leur action (ou inaction) politique, fait plaisir à voir. Ils sont comme des chiens abandonnés sur une aire d’autoroute : ils ont perdu leur maître et ne savent plus où aller. Trump entrera en fonctions le 20 janvier : en attendant cette date fatidique où leur idole, Barack Obama, pourtant l’un des présidents les plus mauvais de l’histoire récente des Etats-Unis, quittera, enfin, la Maison Blanche, ils sont entre l’attente de l’apocalypse et le fol espoir que ce « populiste » à leurs yeux sans légitimité (le peuple n’est respectable que quand il vote « bien » !) deviendra enfin « raisonnable ». Laissons-les à leurs peurs. Elles seront peut-être de bon conseil.

Je ne veux pas ici commenter le détail de l’interview que Trump a donné à des médias anglais et allemands (La France de Hollande et Sarkozy est devenue quantité si négligeable, qu’on nous ignore, à juste titre !). Nous aurons largement le loisir de revenir sur les thèmes abordés lorsqu’on aura à commenter des actes et non des mots.

Je me contenterai d’en rappeler les grandes lignes :

1/ Madame Merkel a commis une faute majeure en laissant entrer sans aucun discernement plus d’un million de migrants en Allemagne, dont une petite minorité de vrais réfugiés et une majorité de gens n’ayant ni la capacité ni la volonté de s’assimiler à la société allemande.

  1. Les Britanniques ont eu raison de choisir le « Brexit ». Donald Trump rencontrera prochainement Madame May et lui proposera une coopération particulière, en rapport avec les relations traditionnellement privilégiées entre les deux pays. Cela tranche avec l’ingérence d’Obama qui avait tenté de dissuader les Britanniques de récupérer leur souveraineté et qui les avait menacés en quelque sorte d’être mis en quarantaine. Cela m’amuse aussi eu égard à toutes les balivernes que nous ont déversés nos médias prédisant le pire pour les Anglais, désormais totalement « isolés » (avec des liens particuliers avec les 2 milliards d’habitants du Commonwealth et avec les « cousins » d’Amérique, qui est isolés, eux, ou les nations sans volonté, sans perspective et avec si peu en commun des pays de ce qui est encore, sans doute pour pas longtemps, l’ « Union européenne » ? A mourir de rire !).

3/ Montrant le peu de considération qu’il a vis-à-vis de cette « Union européenne », Trump prédit d’autres « Brexits ». On n’avait jamais entendu pareille déclaration raisonnable dans la bouche d’un président américain : depuis la signature du traité de Rome en 1957, l’Amérique avait toujours considéré (sans le dire, évidemment) que l’Union européenne était une bonne courroie de transmission à leur domination de l’Europe.

4/ L’OTAN elle-même est critiquée par Trump. Il est inédit qu’un président américain critique ce bras armé de l’impérialisme yankee. A ses satellites européens, Trump dit : si vous voulez bénéficier de la protection américaine (et protection contre qui ? La Russie ? Agressée et non agresseur !), il faudra payer pour cela. En d’autres termes : soyez indépendants, responsables, faites comme de Gaulle fit et comme les Anglais continuent à faire ; on préfère, vu de Washington, avoir de vrais partenaires qui s’assument, pas des lavettes timorées sur lesquelles, en cas de coup dur, on sait qu’on ne pourra compter.

5/ Pour se protéger de l’islam conquérant et du terrorisme qui en est le corolaire, la Russie de Poutine est un allié bien plus fiable que tous les satellites européens. Ce n’est pas dit de manière aussi nette, mais c’est ça que cela veut dire.

6/ En substance, le nouveau président américain a une conception plus saine des relations internationales : chacun chez soi, chacun doit d’abord penser à protéger son peuple et non les intérêts à court terme de groupes d’actionnaires. D’où le principe du protectionnisme économique : on produit chez soi, autant que faire se peut, ce qu’on y consomme. Et cela est dans l’intérêt de tout le monde (sauf d’une poignée de capitalistes). En obligeant les entreprises automobiles américaines à revenir à Detroit, c’est bon pour les ouvriers américains, ça l’est aussi pour les mexicains car cela incitera les capitalistes mexicains à mieux payer leurs ouvriers afin qu’ils consomment et donc favorisent l’économie locale. C’était déjà le crédo de Ford au début du vingtième siècle. Ce langage sonne le glas de la mondialisation imbécile (si on ne travaille partout que pour l’exportation en rognant sur les salaires, à qui vendra-t-on en fin de compte, aux Martiens ?) et criminelle (car à l’origine de l’énorme gâchis social et environnemental auquel nous assistons depuis plus de trente ans).

XXX

Je ne sais si le nouveau président américain agira effectivement comme il le dit. Le « système » est puissant et a de nombreux affidés. Le locataire de la Maison Blanche, aussi puissant soit-il et aussi bien intentionné soit-il, ne peut tout. Il devra sans doute composer. Mais même si les actes risquent de ne pas être totalement en adéquation avec l’attente, le fait qu’il y ait un langage nouveau outre-Atlantique est tout de même réconfortant. Il vaut mieux entendre celui-ci que celui qui nous est asséné depuis trop longtemps par nos « dirigeants » (eux-mêmes dirigés par les intérêts occultes) et leurs serviles médias.

Comment m’en plaindre alors que ce que vient de dire Donald Trump va exactement dans le sens de ce que j’écris dans ce blog depuis quatre ans ?

Que ce soit de bonne augure, et même si on devait être déçu par le passage à l’acte, au moins cela nous aura fait rêver !

Je plains les « réalistes » qui ne sont même pas capables d’imaginer mieux que ce qu’ils ont, je veux dire de ce qu’on leur sert comme on sert une pâtée à un chat. La différence entre eux et nous est que nous rêvons à un monde meilleur. Et même si l’amélioration n’est pas toujours au rendez-vous, essayons tout de même de faire des rêves une réalité. L’utopie d’aujourd’hui peut être la réalité de demain. Cela dépend en partie de nous.

On peut parfois se dire que notre pouvoir est infime. Sans doute, mais il n’est pas nul.

A titre d’exemple, sachons utiliser à bon escient le bulletin de vote que, nous Français, aurons en avril et mai prochains.

L’espoir peut être pour demain.

En y ajoutant mes vœux de santé et bonheur personnel, c’est ce que je vous souhaite, ce que je nous souhaite, pour 2017.

Yves Barelli, 16 janvier 2017

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 01:40

Que restera-t-il du double mandat de Barack Obama à la Maison Blanche ? En fait pas grand-chose. Sans doute un sauvetage de l’industrie américaine après la crise de 2008. Ce n’est pas si mal. Mais au prix d’un abandon de millions d’Américains qui ont tout perdu après l’effondrement de leurs fonds de pensions. Le premier Noir président des Etats-Unis ? Mais le sort des afro-américains n’a pas évolué d’un iota. Le désengagement américain au Proche-Orient ? En apparence seulement. En fait, l’intensification de la subversion en Syrie avec une aide honteuse aux « djihadistes » soit disant « modérés ». Et en Ukraine ? La subversion antirusse la plus stérile. Et pour terminer, l’attitude d’un mauvais joueur après la victoire de Donald Trump. Pendant ce temps, Vladimir Poutine montre le visage de la sagesse et de l’efficacité dans la recherche de la paix en Syrie et ailleurs. Non, la fin de mandat d’Obama n’est pas glorieuse. Il est temps que celui, piètre défenseur d’un système essoufflé, qui avait suscité l’espoir de beaucoup de naïfs, s’en aille. L’Amérique et le monde méritent mieux.

1/ En expulsant 35 diplomates russes de Washington, Obama se ridiculise. L’ambassade russe aux Etats-Unis comporte, comme toutes les ambassades de tous les grands pays dans le monde, une section tout à fait légale d’agents du renseignement titulaires de passeports diplomatiques et sous couverture de fonctions d’attachés militaires adjoints et de ses collaborateurs. S’ils partent effectivement (ce n’est pas sûr compte tenu du peu de temps que l’administration américaine actuelle dispose encore), ils seront remplacés par d’autres et tout continuera comme avant dans la machine bien huilée de la diplomatie et du renseignement. Obama, paralysé par un Congrès hostile fait ainsi la preuve de sa frustration et, pour finir, de ses piètres qualités humaines et politiques.

A ce geste irresponsable, Poutine répond en disant qu’il ne va pas s’abaisser à une telle palinodie. Il n’expulse personne (il y a au moins autant d’espions américains à Moscou que de russes à Washington !). Il invite au contraire les diplomates américains à participer à la fête de fin d’année au Kremlin.

Donald Trump a salué le geste de Poutine. « Bien joué », a-t-il commenté.

2/ L’homme de l’année aura été Vladimir Poutine.

Il a réussi un parcours sans faute sur le dossier syrien, mais aussi sur l’ukrainien. Il termine l’année en libérant Alep, en appui à l’armée syrienne, sans le « désastre humanitaire » que prédisait une propagande imbécile au service d’une politique masochiste (qu’ont à gagner les Occidentaux à soutenir les pires terroristes islamistes alors qu’ils sont eux-mêmes victimes des tueurs d’obédience de « Daesh », d’Al Qaida ou d’autres fanatiques, catalogués comme « radicaux », « modérés », « démocrates » et tout ce que vous voulez, ou ne voulez pas, mais qui tous veulent nous imposer la charia en tuant du « roumi » et du « mécréant » ?). Mieux que cela, Poutine a réussi à obtenir un cessez-le feu et s’apprête à réunir au Kazakhstan une conférence de paix en Syrie sous les auspices de la Russie, de l’Iran et de la Turquie.

Pendant ce temps, Obama, Hollande et d’autres « has been » continuent de gesticuler dans le vide et poursuivent leur collusion avec les pires islamistes wahhabites de Ryad et de Doha.

Sur l’Ukraine, la gestion d’Obama aura été aussi lamentable que sur la Syrie. L’OTAN continue d’être un facteur de guerre au service d’un impérialisme qui ne sait même plus où il va.

3/ On ne sait ce que sera l’administration de Trump. Sans doute les signaux émis par le futur locataire de la Maison Blanche ne sont-ils pas très clairs et pas tous positifs. On peut toutefois espérer au moins un début de réchauffement des relations avec Moscou. Ce n’est déjà pas si mal.

4/ Dans le même temps, les espoirs de changement se multiplient en Europe. Le « Brexit » britannique sonne comme le début positif d’un processus menant à la fin de cette Union européenne, prison des peuples du continent. Fillon ou Le Pen, la politique étrangère de la France devrait être meilleure et, en Allemagne, il est réjouissant de constater que Merkel, à la politique si néfaste pour l’Allemagne et l’Europe, est de plus en plus contestée.

5/ On ne sait ce que sera 2017. Le pire est toujours possible. Mais le ciel semble toutefois en voie de s’éclaircir. On ne peut que s’en réjouir.

Adieu Obama, Hollande, Sarkozy, Juppé et quelques autres défenseurs du système capitaliste impérialiste mondialisé. On ne vous regrettera pas.

Quant à nous, citoyens « ordinaires » victimes de ce système immonde, souhaitons-nous un meilleur système, un système qui libère au lieu d’asservir, un système qui promeut la justice au lieu de favoriser les parasites.

Bonne et heureuse année 2017 ! Collectivement et personnellement pour chacun d’entre nous.

Yves Barelli, 31 décembre 2016

 

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 12:14

La libération d’Alep par l’armée syrienne avec le soutien décisif de la Russie est la meilleure nouvelle de cette fin d’année. Elle constitue une étape sans doute capitale vers l’éradication des barbares islamistes dans ce pays martyr victime de la subversion imbécile autant que criminelle par une idéologie politico-religieuse armée, financée et encouragée par l’obscurantisme wahhabite et l’impérialisme occidental. Au moment où le terrorisme islamiste frappe à nouveau au cœur de l’Europe, il serait temps que nos dirigeants et nos médias sortent de leur aveuglement et réalisent enfin qui sont nos amis et qui sont nos ennemis. A cet égard, l’acharnement de celui qui est encore pour quatre mois le président de la France à persévérer dans l’erreur et la faute criminelle est particulièrement lamentable et condamnable. Cette victoire d’Alep est en tout cas, à la veille de Noël, un grand réconfort pour les chrétiens de Syrie et d’Orient qui ont toujours soutenu le pouvoir légal, légitime et laïque de la Syrie et qui remercient la Russie de Poutine à la fois de les aider et de sauver l’honneur d’un monde occidental qui, à force de complaisance envers une religion d’essence étrangère et totalitaire, en est venu à oublier ses racines chrétiennes et ses valeurs démocratiques.

1/ Alep, deuxième ville de Syrie, est enfin libérée. Le drapeau syrien flotte à nouveau sur sa citadelle. L’obscurantisme islamiste affilié à Al Qaida, frère jumeau de « Daesh » que Hollande et la plupart des médias français et occidentaux s’obstinent à qualifier de « démocrates modérés » (on croit rêver !), a perdu la partie.

2/ Le « désastre » humanitaire que prédisaient les médias n’a pas eu lieu. Depuis des mois, on nous rebattait les oreilles avec les « 300 000 » pauvres habitants d’Alep, victimes de la faim, du froid et des pénuries (sauf apparemment de l’électricité et du signal internet puisque les activistes islamistes déguisés en braves « pères de famille » ont pu continuer à donner leurs « témoignages » par vidéo « gobés » sans aucun esprit critique par nos médias qui les rediffusaient en boucle : pour ces médias, les reportages des télévisions syrienne et russe étaient évidemment de la « propagande » tandis que les élucubrations mensongères des barbares islamistes étaient des « témoignages » !) et « massacrés » par les bombes « criminelles » des avions de Poutine (à Mossoul, les « frappes » occidentales ne font aucune victime « collatérale », c’est bien connu ; on nous disait déjà la même chose pendant la guerre du Vietnam, le bombardement de Belgrade et les multiples attaques contre l’Irak, la Libye et ailleurs ; c’était aussi le langage tenu à nos parents ou grands-parents en 1945 : pourtant, plusieurs centaines de victimes civiles, rien qu’à Marseille ; seules les frappes russes seraient « aveugles » et « criminelles » ; de qui se moque-t-on ?).

Par miracle, ces 300 000 civils n’étaient plus que « 100 000 », puis « 50 000 » il y a encore une semaine et il s’avère que quelques dizaines d’autobus ont suffi pour évacuer les derniers, y compris les combattants islamistes. Aucun massacre d’ampleur, aucun mort de faim. Ce n’est pas Poutine qui le dit mais les « observateurs » de l’ONU.

A force de raconter à longueur de journée des contrevérités et de faire de la désinformation systématique, nos dirigeants et nos médias prennent le risque de perdre toute crédibilité. Il est vrai que ces mêmes dirigeants et médias prédisaient déjà l’effondrement de l’euro si la gauche gagnait en Grèce, le naufrage britannique si le Brexit l’emportait et celui des Etats-Unis si ces « idiots » d’Américains choisissaient le « populiste » Trump plutôt que la « démocrate raisonnable» Clinton. A n’en pas douter, ils vont renouveler leur message avec l’élection française et le « danger » Le Pen.

Aux Etats-Unis, les grands médias, qui avaient soutenu à 95% Clinton, se sont excusés de ne rien avoir vu venir. J’attends que France-info chez nous fasse de même à la suite de tous leurs soit disant « reportages » et commentaires haineux (envers Bachar-el-Assad et Poutine). Je sens que je pourrai attendre longtemps (sans doute quelques mois en espérant que le prochain président français remette de l’ordre dans la rédaction d’une radio soit disant de « service public » devenue officine de basse propagande).

3/ Je n’ai pas encore compris quel jeu joue Hollande et son inexistant ministre des affaires étrangères. Depuis cinq ans, la politique étrangère de la France (pire encore que la catastrophique sarkozienne) est non seulement unilatérale dans le soutien sans faille à tout ce qu’il y a de plus réactionnaire et obscurantiste dans le monde, mais elle est incompréhensible. Qu’avons-nous gagné à être les plus antirusses, les plus anti iraniens et les plus anti-syriens ? La vente de quelques « Rafale » aux monarchies wahhabites, qui interdisent aux femmes de conduire une voiture et décapitent en masse en place publique de Ryad, et des frégates Mistral, déjà payées par la Russie, et refilées à l’Egypte sur financement saoudien ? Dérisoire dans l’absolu et plus encore eu égard aux contrats perdus avec la Russie. Mais surtout criminel. Hollande termine son mandat calamiteux en donnant de la France l’image d’un pays plus wahhabite que les pires wahhabites (eux, au moins, ainsi qu’Erdoğan, ont commencé, réalistes qu’ils sont, à infléchir leur politique en Syrie ; pas Hollande). Le prochain président français aura beaucoup à faire pour redonner à une France amoindrie et déconsidérée une place davantage en rapport avec son rang, son histoire et ses valeurs. Quel qu’il soit, on peut au moins penser que, quelle que soit la nouvelle politique, elle ne pourra pas être pire que l’actuelle.

4/ Mais laissons Hollande aux prochaines oubliettes de l’histoire dans lesquelles il va tomber. Désormais sans aucun intérêt ni importance.

Voyons plutôt quelle est la situation du monde :

a/ La Syrie, après avoir reconquis sa région nord va enfin pouvoir mener le combat dans l’est et reprendre Raqqa. Le gouvernement de Damas a désormais les mains libres. Il est conforté à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur. Après avoir tenté de le renverser, les pouvoirs wahhabites et turc, aussi menacés par Daesh que les autres, font désormais avec Bachar. Que ce dernier ait commis des crimes, nul ne le nie (mais nos « amis » saoudiens, qui bombardent Sanaa et qui tuent en Arabie saoudite même, n’en commettent-ils pas ?). On ne choisit pas ses interlocuteurs. On parle avec ceux qui sont en face de nous. C’est le b-a-ba de la diplomatie. De Villepin, Fillon et Le Pen le disent, et ils ont raison de le dire. Or, objectivement, les intérêts et les objectifs de Bachar et de Poutine sont les mêmes que les nôtres : se protéger de la subversion islamiste et mener une guerre sans merci contre elle. Ce n’est pas Poutine ou Bachar qui tuent au bataclan ou sur le Kurfürstendam. Ce sont les fous criminels qui se battent pour un islam conquérant et qui rêvent de soumettre le monde entier à la charia. Tirons-en enfin les conséquences. La Syrie et la Russie sont nos amies et nos alliées. Que cela plaise ou non c’est ainsi. Ceux qui les combattent sont les complices objectifs des égorgeurs.

b/ La Russie est redevenue maitresse du jeu mondial. Pas seulement en Syrie. Il serait temps que les Européens fassent avec et rétablissent le dialogue avec Poutine.

Il est vrai que, habitués à être les caniches serviles de l’impérialisme américain, ils vont probablement être contraints de s’adapter à la nouvelle situation qui résulte de l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Le personnage est certes plutôt imprévisible. Les anges ne vont pas remplacer subitement par miracle les démons de Washington. Il y a des intérêts géostratégiques américains que la seule élection d’un président antisystème n’est pas de nature à changer fondamentalement. Mais on peut au moins s’attendre à une inflexion de la politique américaine vis-à-vis de Moscou. La Russie, nouvel allié des Etats-Unis ? Peut-être. En tout cas, partenaire jusqu’à un certain point et désormais plus considérée comme l’ « ennemi » ? Probablement. Et les prétentieux qui ont l’apparence des pouvoirs dans l’Union européenne rentreront certainement dans le rang.

c/ Ils le feront d’autant plus facilement que la plupart des pouvoirs sont menacés dans cette Union européenne à la veille de s’effondrer en tant que système. A Vienne, le coup est passé tout près. A Rome, le fidèle serviteur des maitres bruxellois a été « remercié ». Les Anglais, les seuls vraiment lucides, quittent le bateau européen avant qu’il ne coule (et en matière de navigation, les Anglais ont dix siècles d’expérience). La chancelière Merkel, avec sa politique criminelle d’ouverture à l’islam conquérant, est en train de récolter ce qu’elle a semé : la fin de la tranquillité d’une société qui était autrefois sereine. Les Allemands de base sont parfois un peu lents à réagir, mais ils commencent à comprendre. En France, la victoire de Marine Le Pen continue à être peu probable, mais désormais cette possibilité n’est plus totalement exclue par les observateurs lucides (il y en a quelques-uns) et honnêtes (il y en a encore moins, mais en tendant l’oreille, on entend parfois leurs voix quand, sans doute par inadvertance, nos média les laissent passer). S’agissant de la politique étrangère (je ne parle pas de son programme économique et social : catastrophique), si Fillon est le prochain président, on peut s’attendre à quelques progrès, notamment sur la Syrie et vis-à-vis de Poutine. Ce sera déjà pas mal.

d/ En replaçant Alep et la Syrie dans le contexte global, il ne faut pas perdre de vue que ceux qui sont attachés à la démocratie, à l’humanisme et à la justice, en un mot à la civilisation et aux valeurs qui vont avec, doivent avoir deux ennemis :

- le système capitaliste mondialisé est le premier. Il est non seulement celui de l’exploitation de l’homme par l’homme, mais il porte aussi en germes en lui les plus grands dangers pour le monde (les experts lucides et non payés par les banques prédisent une crise économique plus grave encore que celle de 2008, dont nous ne sommes pas encore sortis), pour ses habitants et pour la nature elle-même (on essaie de culpabiliser les citoyens mais le principal responsable de la pollution et du réchauffement climatique est le système). Tout ce qui peut aller contre ce système est positif. Trump n’est sans doute pas la panacée, mais il est « moins pire » que Clinton, complètement inféodée à ce système immoral et dangereux. L’Union européenne est le relai de ce système sur notre continent. Il faut en finir avec cette calamité. Nos pays doivent reprendre leur souveraineté et établir une nouvelle coopération continentale entre pays souverains sans passer par l’intermédiaire d’un pouvoir supranational au service des intérêts financiers contre les peuples.

- l’islam conquérant est notre deuxième ennemi. Il veut nous imposer un système totalitaire qui constitue, là où il est place, la négation de toutes les valeurs fondamentales de l’humanité. Ce système islamo-fasciste a la complicité en Europe des « idiots utiles » qui confondent ouverture et accueil de l’autre avec complaisance envers une religion étrangère à nos valeurs et fondamentalement mauvaise (au moins dans sa conception majoritaire actuelle : dans le passé l’islam a pu être facteur de progrès et de tolérance ; ce n’est pas le cas aujourd’hui. Et demain ? Attendons, mais quand on a en face un chien enragé, on n’attend pas sa problématique guérison, on s’en défend) et des capitalistes qui trouvent un intérêt à la promotion de la soit disant « diversité culturelle » (pour faire court, quand Merkel fait venir un million de musulmans qui vont consommer et acheter grâce aux subventions versées par l’Etat et financées par les impôts des classes moyennes, c’est tout bénéfice pour les capitalistes ; idem en France avec les généreuses aides « sociales » versées à des gens qui ne travaillent pas et qui, dans le même temps, crachent sur la France).

Défendre la souveraineté de la France et mener une lutte sans merci contre l’islam conquérant : voilà les deux priorités à l’aune desquelles je jugerai les programmes des candidats à la présidentielle de 2017.

En attendant joyeux Noël à tous. Et si vous souhaitez pouvoir encore célébrer cette fête de l’amour, de la justice et de l’espoir d’un monde meilleur qui naquit en même temps qu’un enfant né au fond d’une pauvre étable sous les auspices d’une étoile nouvelle, prenez vos responsabilités. La tolérance et le pacifisme face à la barbarie menaçante est la mauvaise option. La lutte résolue la bonne.

Et que vive Alep reconstruite et pacifiée. L’étable où se produisit le miracle de Noël n’en est pas très loin.

Yves Barelli, 23 décembre 2016

 

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 16:25

Après le traité de libre-échange négocié en catimini par la Commission européenne malgré des oppositions de plus en plus affirmées, y compris de certains Etats, voici celui avec le Canada. Cette Commission sans légitimité populaire poursuit son rêve fou d’une vaste zone mondiale de libre-échange débarrassée de la tutelle des Etats, des parlements, des peuples et affranchie de toutes les lois sociales et environnementales qui protègent encore un peu nos nations. Cet acharnement est d’autant plus étonnant que de plus en plus de gens lucides remettent en cause le dogme selon lequel le commerce international serait le principal moteur de la croissance économique et que ce traité est à contre-courant des mesures protectionnistes adoptées par un nombre croissant de pays, à l’exclusion hélas de ceux de l’Union européenne, ouverte à tous les vents d’une « mondialisation » de plus en plus catastrophique.

Après les « trente glorieuses » (décennies 1950 à 1970), il y eut la vague déferlante du « libéralisme » économique, de la dérégulation, de la déréglementation, et du libre-échange initiée par Donald Reagan et Margareth Thatcher qui, dans un contexte d’effondrement du communisme et donc de disparition de tout modèle alternatif, se caractérisa par une croissance factice fondée sur le court-terme, la spéculation et la moins-disance sociale et environnementale et l’enrichissement indécent d’une minorité supposé profiter aux autres (mieux avoir des miettes, disaient-ils cyniquement, que rien du tout). Notez au passage la sémantique. Elle n’est pas neutre : le « libéralisme », c’est la « liberté » du renard dans le poulailler et le droit des forts d’écraser les faibles. Quand vous entendez parler de « liberté » économique, méfiez-vous, il s’agit le plus souvent d’un système qui, loin de libérer, asservit. Et quand vous entendez de doctes « économistes » nous expliquer que ce système est bon, interrogez-vous sur qui les paye (le plus souvent des banques ou des « instituts » qui masquent de gros intérêts financiers). C’est du même tabac que les « experts » médicaux payés par les gros laboratoires pharmaceutiques. Là, c’est la « liberté » du fric de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.       

Nous mesurons mieux aujourd’hui ce que ce système « libéral » d’ouverture tous azimuts, qu’il vaudrait mieux appeler « ultra-capitalisme mondialisé», a engendré : recul social généralisé, chômage de masse, explosion des inégalités, abandon des services publics soumis à la loi de la concurrence, déstructuration des sociétés (quand on remplace la souveraineté nationale par le supranationalisme au service du grand capital, on tue les identités, porte ouverte au « communautarisme), rupture du lien social (avec son corolaire, la montée de la délinquance) et crises économiques à répétition, la dernière en date, celle de 2008 (dont nous payons la facture par les politiques d’austérité imposées aux peuples dans le même temps où les rémunérations de ceux qui l’ont provoquée continuent d’exploser), en attendant la prochaine, qui pourrait venir rapidement et qui pourrait être pire que la précédente.             

Je noircie de manière exagérée le tableau ? Sans doute. Reconnaissons qu’il y a certains aspects positifs, comme les immenses progrès du numérique, la baisse des tarifs aériens et quelques autres « avancées » qui masquent pourtant les reculs partout ailleurs.

Après les « trente glorieuses », on a eu ce que j’appelle les « trente honteuses » (décennies 1980 à 2010). Nos smartphones sophistiqués et les produits exotiques en abondance et à bas prix sur nos marchés en sont la face en apparence positive, mais le revers de la médaille ce sont les SDF aux coins de nos rues, les pertes d’emploi, la détérioration des conditions de travail pour ceux qui en ont conservé un, l’immigration de masse (qui permet d’encore mieux mettre les travailleurs en concurrence et qui augmente le nombre de consommateurs), la détérioration de nos systèmes d’éducation et de santé, la ruine des agriculteurs et des « petits » producteurs, la fermeture des services publics dans les campagnes et les banlieues et la désespérance de nos sociétés que chacun d’entre nous constate, pas seulement en France où, parait-t-il, nous n’avons pas assez « réformé » (c’est-à-dire reculé socialement), mais aussi ailleurs en Europe, y compris dans le soit disant « modèle » allemand et aux Etats-Unis (ras-le-bol visible aux votes Trump et Sanders). Système positif au moins pour la Chine et le tiers-monde quand même non ? Même pas : les Chinois sont certes plus riches mais la Chine est devenue une gigantesque poubelle, à tel point que Pékin, ex champion du libre-échange, tourne maintenant le dos à ce système. Quant au tiers-monde, voyagez à Dakar, à Bombay ou à Djakarta et si, au retour, vous êtes encore partisans de la mondialisation, c’est que vous n’êtes pas sorti de votre Novotel au bord de la plage où vous aurez séjourné. A titre d’exemple, autrefois même les Sénégalais pauvres consommaient du poisson, en abondance sur les côtes. Ce n’est plus le cas car la « mondialisation » a ouvert les zones de pèches aux flottilles étrangères industrialisées et le prix du poisson sur les marchés sénégalais tend à s’aligner sur les prix mondiaux. Là comme ailleurs, la mondialisation est bénéfique, disons pour 10% de la population, néfaste pour les autres et même catastrophique pour ceux qui sont tout en bas de l’échelle. Les riches sont de plus en plus riches et les pauvres se paupérisent encore.  

Ces 10% de la mondialisation « heureuse », ce sont ceux qui intéresse la Commission européenne : les capitalistes dont les « lobbies » sont influents à Bruxelles, et ceux qui sont suffisamment bien placés pour valoriser les compétences, tels les « traders », les cadres de haut niveau, quelques artistes et joueurs de football ou de tennis.

Mais les autres ? Ouvrez les yeux et vous avez la réponse.

Un cycle est sans doute en train de s’achever. Je vous conseille de lire le livre de François Lenglet, cet économiste chauve qui officie sur France 2, « la fin de la mondialisation ». Ce n’est pas un dangereux révolutionnaire ; il ne vote apparemment (encore que ?) ni pour Mélenchon, ni pour Le Pen, mais Il explique très bien la situation. Il y a eu, dans l’histoire,  des périodes d’ouverture qui ont apporté de l’air frais à des sociétés qui risquaient de se recroqueviller sur elles-mêmes. Nul ne contesterait par exemple l’apport de la Renaissance. Mais, trop d’ouverture tue l’ouverture et il vient un moment où les sociétés et les nations doivent se protéger si elles ne veulent pas mourir. Nous en sommes à cette phase critique de notre histoire ! La mondialisation est en train de faire beaucoup plus de mal que de bien. Persister, comme le fait la Commission de Bruxelles, serait pure folie. Persister, serait le chemin le plus sûr vers une catastrophe à l’échelle mondiale. Seuls ceux qui y ont un intérêt à court terme ou qui sont aveuglés par le dogmatisme ne le voient pas. Ils sont comme le médecin de Molière qui administre au malade des « saignées » qui sont en train de le tuer et, dans son esprit, si le malade est encore malade, c’est que la saignée est insuffisante et qu’il en faut davantage. Les « européistes » partisans d’une Europe toujours plus « intégrée » et toujours plus ouverte sur le monde sont comme le médecin de Molière. Ça va mal en Europe ? Alors, plus d’Europe et plus d’ouverture ! Jusqu’à la mort : nous allons mourir « guéris » ! Guéris de notre attachement d’un autre âge à nos nations et à nos modes de vie, guéris de nos « archaïsmes ». Guéris, mais morts.

Cela, ceux qui ouvrent les yeux n’en veulent plus et ceux qui souffrent le rejettent.

Non, le libre-échange n’est pas un facteur de croissance mais un facteur de déstructuration. Oui, le protectionnisme, comme son nom l’indique, doit nous protéger, à titre individuel et à titre collectif.

Leurs élucubrations, ça suffit. D’ailleurs, ces élucubrations ne sont même plus dans l’intérêt bien compris des capitalistes. Quand les trois-quarts de la population mondiale seront trop pauvres pour consommer, à qui vont-t-ils vendre ? Aux Martiens ?

Et, dites-moi, quelle est la logique d’acheter des voitures coréennes quand on habite Sochaux, de manger du raisin chilien en Languedoc ? Quelle logique y at-il à faire des économies en achetant des tee-shirts fabriqués par des ouvriers bangladeshi à 50€ de salaire mensuel, quand, dans le même temps, nos cotisations sociales et nos impôts augmentent pour payer les chômeurs de Troyes qui, autrefois, fabriquaient nos tee-shirts ? Quelle logique y a-t-il à réunir des conférences pour lutter contre le réchauffement climatique quand, dans le même temps, des millions de camions et de bateaux polluent nos routes et nos océans pour faire traverser la terre à des produits fabriqués ailleurs qui prennent la place des mêmes produits autrefois fabriqués chez nous ?  

Le « système » a fait suffisamment de mal comme cela. Ça suffit. Assez de cette « mondialisation » bidon qui va détruire notre planète et nous avec. Assez de ce « système » où tout est bon pour le « fric » roi à court terme et ruineux à long terme.

Ces intérêts de quelques-uns et du court terme, c’est ce qui conduit nos gouvernements par faiblesse face aux « lobbies » qui rédigent les « directives » de la Commission européenne (avant comme un Barroso, de travailler directement chez ceux qu’ils ont si bien servis pendant leurs mandats), à accepter ces directives et ces traités, tout en, tel Tartuffe, s’en plaindre après coup.

Un peu partout, les peuples ont commencé à se rebiffer contre ceux qui les ruinent et les asservissent. Non, ce ne sont pas des « frileux » intoxiqués par des « populistes ». Ils ont raison. Les peuples veulent retrouver une économie plus humaine, une société dans laquelle ils puissent s’épanouir. Les peuples veulent vivre, tout simplement. Et si leur donner raison, c’est être « populiste », alors, vive le populisme !

Et à bas ces traités de soit disant « libre-échange », qui ne sont ni « libre » ni fondés sur l’échange entre peuples mais sur la dictature d’une poignée de capitalistes.  

Yves Barelli, 18 octobre 2016                             

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