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4 octobre 2019 5 04 /10 /octobre /2019 15:28

Une fois de plus, un individu a assassiné froidement au couteau. Mais cette fois, encore plus fort : au sein même de la préfecture de police de Paris ! Comme toujours, réactions très mesurées, pour ne pas dire timorées, des médias et des politiques, empressés d’affirmer, sans aucun élément tangible pour l’étayer, que l’assassin était un homme « normal », banal, insoupçonnable auparavant d’un tel geste et que, en conséquence, il ne pouvait s’agir que d’une crise de démence (explication donnée immédiatement pour nombre d’attentats individuels avant que, après coup, on reconnaisse, presque en catimini, une motivation terroriste religieuse). Depuis vingt-quatre heures que les télés ne parlent que de cela, des bribes d’informations commencent à apparaitre, qu’on apprend au détour d’une phrase  dite presque clandestinement, rompant en fait avec l’autocensure que le politiquement correct nous impose : on commence enfin à savoir que l’assassin était un converti à l’islam d’origine antillaise et vivant à Gonesse, ville assez « sensible » : curieux pour un employé travaillant au saint du saint de la sécurité et habilité aux informations confidentielles, et mêmes secrètes. La société française est en train de se suicider et bien d’autres éléments, moins spectaculaires que celui-là, le prouvent.

1/ Pour des raisons d’économie budgétaire, on recrute depuis des années des non-policiers et des non-fonctionnaires titulaires (et les projets de Macron de réformer la fonction publique pour accroitre le nombre de contractuels ne peuvent qu’aggraver cette situation) pour travailler dans les lieux les plus sensibles de notre sécurité. Je le savais pour nos préfectures. Je constate avec stupeur que c’est même le cas au sein de la préfecture de police de Paris. Je pensais qu’au moins là, on faisait attention : même pas !

En fait, cette dérive se constate désormais un peu partout.

Un exemple que je connais bien. Autrefois, les chauffeurs de nos ambassadeurs étaient français. Dotés de passeports de service (moins protecteurs que les diplomatiques mais offrant tout de même une assez bonne sécurité), ils étaient peu en prise aux pressions que tout pays cherche à exercer sur les ambassades. Aujourd’hui, on recrute des locaux, moins chers que les expatriés. Or, les locaux ont des comptes à rendre aux services de renseignement nationaux et, surtout dans les pays sensibles, ils peuvent être manipulés ou, en tout cas, intimidés par les groupes terroristes. Seuls les idiots ne le voient pas !

Il y a encore plus grave : dans les pays pour lesquels la sécurité de l’Etat et des citoyens a encore un sens, on est particulièrement vigilant dans les aéroports. Aux Etats-Unis par exemple (mais aussi dans de nombreux autres pays), ceux qui contrôlent la fouille des bagages qu’on passe aux scanners de sécurité sont des fonctionnaires de police. Chez nous, ce sont de simples employés formés en quelques jours et recrutés en général aux abords des aéroports : à Roissy, ils viennent des cités de la Seine-Saint-Denis et tout voyageur constate qu’il y a bien peu de Français de souche parmi eux. Idem pour ceux qui manipulent les bagages sur les pistes. Des enquêtes de télévisions ont montré des failles dans la sécurité : bref, on nous bloque si on a avec soi un peu d’eau ou du fromage à pâte molle (on confisque les Camembert, je l’ai vu !), mais la vérité est que notre sécurité n’est pas vraiment assurée.

Autre exemple : 10% des militaires français engagés dans nos opérations extérieures seraient des musulmans.

Et on pourrait encore citer pas mal d’autres exemples.

2/ Ouvrons les yeux ! Notre pays est myope. Il ne peut, et ne veut (peut-être pour se rassurer) voir la réalité en face. Sa sécurité n’est pas assurée pour la simple raison qu’on la confie à des individus peu sûrs. Ce n’est pas seulement une question de moyens budgétaires mais d’état d’esprit et aussi, il faut le dire, de lois qui empêchent de regarder la réalité et donc, pour la société, de se défendre.

Nous nous sommes dotés de lois tellement sophistiquées contre le racisme et la jurisprudence en a donné une définition si extensive que cette législation et cette pratique nous paralysent.

Se poser la question de la compatibilité de l’islam avec la République est déjà être « raciste », constater qu’il y a « beaucoup » de musulmans dans nos écoles est également être « raciste » (le maire de Béziers a été condamné pour cela). Et si je constate que le fait d’employer sans précaution des musulmans dans nos organes de sécurité peut être dangereux, je suis également « raciste ». Les contrôles au « faciès » sont également « racistes ». Pourtant, statistiquement, la probabilité qu’un Maghrébin ou un Africain soient plus délinquants qu’un Français de souche est avérée. Il ne s’agit certes pas de suspecter tous les immigrés mais faire porter les recherches plus sur eux que sur les autres, c’est, d’évidence, pour la police, gagner du temps. Or, la police n’a pas le droit de le faire, d’où le dilemme : ou on contrôle personne (cas le plus général), ou on contrôle tout le monde (sans efficacité parce que chronophage).

Dans le cas des personnes habilitées aux infos confidentielles ou au secret-défense, idem. Comme tout diplomate de carrière occupant certaines fonctions, j’ai été habilité au secret-défense : procédure relativement inquisitoire qui prend du temps : si on découvrait qu’on y passe encore plus de temps avec quelqu’un issu de l’immigration, l’intéressé et tous les « droits de l’hommistes » qui passent leur temps à mettre en cause ce pays crieraient immédiatement à la discrimination et porteraient l’affaire en justice (avec de grandes chances de gagner). Curieusement, la seule discrimination admise est la soit disant « positive », d’où quelques nominations de préfets issus de l’immigration : pas les meilleurs !

2/ Alors, je pose clairement la question : veut-on assurer notre sécurité ? Si la réponse est oui mais assortie d’une réaffirmation de l’illégalité et l’illégitimité des « discriminations » fondées sur l’ethnie ou la religion, je dis clairement qu’il n’y a en fait aucune volonté d’assurer la sécurité car le laxisme en matière d’origine est incompatible avec la sécurité.

En disant cela, je sais que j’en choque plus d’un. Mais ouvrons les yeux ! Ne restons pas myopes face à une réalité pourtant évidente.

Aux Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale, les citoyens américains d’origine japonaise ont fait l’objet d’une surveillance particulière, ils ont été « discriminés » et l’attitude adoptée envers eux a été « raciste ». La belle affaire : il faillait surtout se défendre contre l’agression nippone et contre tous ceux qui pouvaient en être complices.

Dans la plupart des pays musulmans, les hautes fonctions de l’Etat et plus encore de la sécurité sont interdites aux non-musulmans. Cela a une logique : difficile de défendre un pays ou un système si on ne fait pas partie de la majorité qui en est l’ossature.  

La France est en guerre. L’islamisme radical lui a déclaré la guerre, à elle et à l’ensemble du monde civilisé. C’est ainsi. Faut-il se laisser faire et ne pas prendre toutes les précautions sous prétexte que le faire serait « discriminatoire » et « raciste » ? Si vous pensez que oui, je ne peux rien pour vous si ce n’est vous combattre car vous êtes complices du terrorisme islamiste.

3/ Ma conclusion logique est que, avec la législation actuelle et l’interprétation qu’en font la plupart des juges, des hommes politiques et des médias, on est face à un blocage et que la situation ne pourra qu’empirer.

Si nous le voulons, les solutions existent. Pour le moment, je crains que la société française ne le veuille pas vraiment. Alors, continuons les pleurnicheries sur le deuil des cinq familles frappées à la préfecture de police, et, pour chaque attentat à venir (il y en aura certainement encore beaucoup), sortons les bougies et les nounours et pleurons : ça ne fera rien avancer du tout et ça amusera les terroristes.

Mais si, enfin, nous nous réveillons : faisons face lucidement à la réalité au lieu de détourner le regard, interrogeons-nous sur le bienfondé de certaines de nos lois et changeons celles qui s’avèrent nuisibles. Sortons aussi des règles européennes et des conventions internationales que nous avons signées en des temps moins dangereux. Et une fois ceci fait, agissons enfin sans complexe, avec lucidité et détermination.    

Je n’ai rien contre les musulmans. J’ai quelques amis qui le sont (j’ai habité le Maroc et l’Algérie et j’en garde le meilleur souvenir ; ceux qui voudraient m’accuser de « racisme » sont des imbéciles). Ils sont plus lucides que ce qu’on croit et se demandent pourquoi nous sommes si laxistes (le Maroc, par exemple, est un pays musulman mais là-bas, les islamistes, sont pourchassés, pas comme chez nous).

Pour le moment, l’islam pose problème. Les emplois bien rémunérés ne manquent pas dans le secteur privé, dans le « business » et dans quantités de secteurs qui nécessitent une haute qualification. Les musulmans y ont droit comme les autres.

Mais dans les secteurs régaliens de l’Etat, il faut prendre des précautions. Il me parait en conséquence nécessaire d’écarter de ces fonctions les musulmans (sauf exceptions évidemment, toute règle a ses exceptions ; il ne faut pas passer d’un dogmatisme à l’autre : c’est au cas par cas). Laisser un musulman (sauf exception, je le répète) travailler au sein de la préfecture de police, contrôler les bagages dans les aéroports, lui confier une arme dans la police ou l’armée ou un volant pour conduire un ambassadeur, c’est prendre un risque.

Ceux qui vont s’étrangler d’indignation en lisant ces lignes devraient, une fois leur indignation exprimée, s’ils sont honnêtes, réfléchir. S’ils sont de bonne fois, je suis sûr qu’ils me donneront raison. Quand bien même devraient-ils mettre un peu de côté leurs beaux principes parfaitement inadaptés.

En quand l’islam sera redevenu une religion « normale » et que le terrorisme islamiste aura disparu, alors, on pourra reconsidérer les discriminations.

Pour le moment, c’est prématuré.

Yves Barelli, 4 octobre 2019                                             

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30 septembre 2019 1 30 /09 /septembre /2019 14:23

Depuis trois jours les hommages se multiplient pour l’ancien président qui nous a quittés. C’était en effet un personnage sympathique, bon vivant, énergique, cultivé, proche des gens, humain pour tout dire. Mais est-ce suffisant pour faire une bonne politique ? Pas sûr. C’est en fait un souvenir contrasté qu’il nous laisse. Aujourd’hui retenons-en le meilleur, les circonstances s’y prêtent (on encense toujours plus un mort qu’un vivant), sans toutefois occulter les éléments plus négatifs de son bilan.

1/ Une longévité en politique tout à fait exceptionnelle : les mandats les plus multiples : député, président du conseil général de Corrèze, maire de Paris, secrétaire d’état, ministre à plusieurs reprises, premier ministre et enfin président de la république.

Dans toutes ses fonctions, il a laissé le souvenir d’un homme courtois, modeste et profondément humain (ce qui ne l’a pas empêché d’être, en politique, un tueur - sans quoi on ne survit pas longtemps dans ce milieu).

Comme beaucoup, j’ai eu l’occasion de le côtoyer dans l’exercice de mes propres fonctions.

Lorsque j’étais consul général de France à Cracovie, j’ai eu l’occasion de l’accueillir au cours de l’une de ses premières visites d’Etat à l’étranger. Je lui ai fait visiter cette magnifique cité, capitale historique et spirituelle de cette Pologne qui a une place particulière dans nos cœurs parce qu’elle a tant souffert dans son histoire. Chaque bâtiment l’intéressait (j’avais pris le soin, évidemment, d’apprendre par cœur les moindres détails historiques ou artistiques). Nous étions alors au plus fort du succès des marionnettes du bêbête-show et j’avais l’impression de vivre l’un de ses sketches. Sa femme Bernadette, qui deviendra une grande politique, ne donnait pas encore cette impression, ridiculisée qu’elle était par la marionnette. Elle faisait effectivement un peu empruntée et avait des difficultés à suivre le rythme effréné de son mari qui, de temps en temps, l’attendais : « Bernadette, écoutez ce que me dit Monsieur le Consul Général ! » (il tutoyait tout le monde, sauf sa femme, à la culture bourgeoise traditionnelle). Dans la vieille ville, s’écartant de l’itinéraire convenu, il serrait un nombre incalculable de mains.  Nous sommes allés ensuite ensemble à Auschwitz et son émotion ne semblait pas feinte.

Quelques années après, j’ai participé au sommet francophone de Beyrouth. Nous avons traversé la ville (qui avait été détruite par la guerre civile et l’agression israélienne) : là aussi, la foule, nombreuse, l’acclamait et il serrait toutes les mains qui se présentaient. Le lendemain matin, il était là au petit déjeuner s’entretenant longuement avec les journalistes et la délégation de manière très décontractée.

Cette sympathie débordante et cette proximité pour les gens, étaient-elles naturelles ou calculées ? Un homme politique est un acteur. Il arrive qu’il se cale si bien dans le personnage qu’il en vient à s’identifier à lui. Si être sympathique était un calcul politique, il jouait si bien le jeu qu’il en devenait effectivement sympathique. Jeu ou naturel ? Impossible à dire. Retenons simplement que le style Chirac était attachant et même si le trait était peut-être forcé, c’était positif : on est plus à l’aise avec quelqu’un d’apparence chaleureuse que réfrigérante. J’ai connu aussi Mitterrand et Sarkozy : d’autres styles. Mitterrand en imposait : avant de s’adresser à lui on tournait sa langue plusieurs fois dans sa bouche et même ses proches collaborateurs avaient des appréhensions à l’aborder. Quant à Sarkozy, agité en permanence, il aimait à provoquer ; en petit comité, il ne pouvait s’empêcher de lancer des piques tant sur les présents que les absents (il ne ménageait pas Chirac dont il se moquait facilement ; pire que le bébête-show).

Chacun, donc, son style. Le contact avec Chirac était bien plus facile qu’avec n’importe qui d’autre.

2/ Il n’empêche qu’on peut tout de même se poser des questions sur sa sincérité. Il était extrêmement ambitieux (ce qui peut être une qualité ; si on ne l’est pas, on n’arrive évidemment pas aux fonctions qu’il a occupées) et calculateur. Son mariage a été un mariage de raison : en épousant Bernadette, il a eu accès aux réseaux (et à l’argent : faire de la politique, ça coûte, surtout au début) de la grande bourgeoisie. Pour elle, il a fait bien des compromissions : ayant débuté à l’extrême-gauche, il s’est rangé à droite, libre-penseur au départ, il est devenu catholique pratiquant. Ces virages dignes d’une anguille le rendent un peu moins sympathique.

Quant au calcul, il a commencé à l’ENA. Sur papier à en-tête des services du premier ministre (dont dépend l’ENA) il a, durant les deux ans et demi que dure la scolarité, prit le soin d’écrire systématiquement aux habitants de sa future circonscription électorale de haute Corrèze à l’occasion de tous les évènements de la vie : naissances, décès, mariages, promotions. Malin, non ? Quand on entend dans l’histoire romancée de sa vie qui nous est servie en ce moment par toutes les télévisions que c’est Pompidou, premier ministre, dans le cabinet duquel il avait réussi à se faire admettre à la sortie de l’ENA, qui l’avait envoyé « au front » dans cette circonscription « difficile », balivernes !

3/ Mais peu importe. La fin peut justifier quelques moyens, à condition, évidemment que ces moyens restent dans les limites de l’acceptable, ce qui a été à peu près le cas de Chirac.

Plus intéressant, quand même, est de porter un jugement sur sa politique. Un gentil qui fait une mauvaise politique doit-il être privilégié à un méchant qui en fait une bonne ? D’un point de vue moral peut-être. Mais la politique n’est pas seulement une affaire de morale et de bons sentiments. C’est aussi une question de résultats.

Les résultats de la politique de Chirac sont contrastés. Je ne parle pas ici de ce qu’il a fait ou pas fait en Corrèze et à Paris. Pour la première, je n’en sais rien encore qu’on peut avoir un regret : lui qui a défendu les langues et cultures des peuples « premiers » jusqu’au fond du Pacifique, il n’a, en revanche jamais manifesté le moindre intérêt pour la culture occitane, alors que la Corrèze fut le berceau des troubadours les plus fameux ; pour la capitale, il y a eu du bon et du moins bon (notamment les magouilles et le favoritisme politicien : la ville avait été mise en coupe réglée).

Je veux m’en tenir surtout aux mandats présidentiels.

Pour la politique étrangère, un bilan dans l’ensemble positif, même s’il y a eu des points négatifs : la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, et surtout, le virage européen qui a rompu avec la tradition gaulliste d’indépendance. Sur ce dernier point, on peut parler de trahison.

Ce qui a sans doute fait pencher la balance vers le positif dans ce domaine, c’est évidemment le refus de la guerre en Irak, bien que malheureusement un peu compensé ensuite par un retour un peu honteux dans le giron des satellites des Etats-Unis, par exemple en essayant, en pure perte, de quémander quelques miettes dans les contrats pour la reconstruction du pays.

Autre point très positif. Le président a su séduire tous ses interlocuteurs par sa grande culture historique (et artistique) et par la vision magistrale qu’il avait des civilisations. Aucun continent ne lui était étranger : l’Asie, dont il maitrisait parfaitement les civilisations, le monde arabo-musulman, l’Afrique, bien sûr (passion traditionnelle de tous les présidents, au moins jusqu’à Chirac inclus (après, la « construction européenne » a fait oublier le continent noir qui, pourtant, est essentiel à nos intérêts), mais aussi l’Europe orientale (la Pologne, j’en ai été témoin, mais aussi la Russie de Poutine, avec lequel il a sympathisé - Chirac parlait russe) et l’Amérique latine.

Pendant son deuxième mandat, j’ai eu à m’occuper particulièrement de ce sous-continent. Il était l’ami de Lula, de Chavez ou de Morales, tous hommes de la gauche latino.

Une anecdote. Chirac a reçu à l’Elysée le président argentin Kirchner qui avait des velléités de remettre à leur place les entreprises étrangères qui avaient bénéficié de contrats scandaleusement avantageux imposés par le FMI sous son prédécesseur. La société française CGE (eaux) était dans le collimateur et se plaignait du traitement qu’elle disait être infligé par les Argentins. Sans entrer dans le détail (pour des raisons compréhensibles), j’avais rédigé une note pour l’Elysée allant dans un sens plutôt favorable aux Argentins en notant que les avantages de la CGE étaient excessifs et que, entre notre amitié et nos intérêts à long terme à Buenos Aires et les intérêts à court terme de la CGE, il fallait choisir les premiers. Corrigée par ma hiérarchie et celle de Matignon, cette note avait été complètement dénaturée. Lorsque nous nous sommes trouvés dans le bureau de Chirac à l’Elysée et que l’argentin y est entré, on s’attendait à une attaque en règle de Chirac contre son homologue (d’autant que le PDG de la CGE était un ami personnel de Chirac). C’est le contraire qui s’est produit : Chirac a dit en substance : « si vous n’arrivez pas à vous entendre avec la CGE, tant pis, cela ne doit pas être une entrave à notre coopération ». C’est ma ligne que Chirac avait choisie (bien que ce ne fut plus ma ligne !). Toute la ligne hiérarchique « mouchée » ! Et la mienne renforcée.                                               

En revanche, pour la politique intérieure et la politique européenne, faux sur presque toute la ligne. On se souvient des grèves sur les retraites. On se souvient aussi de la suppression du service militaire (une faute) mais aussi du massacre des Canaques d’Ouvéa (un crime !).

Le résultat, on s’en souvient, a été une chute vertigineuse de Chirac dans les sondages. Il ne dut sa réélection qu’au fait qu’il a eu Le Pen en face de lui au deuxième tour. On se souvient aussi que ce deuxième mandat avait été plutôt minable.

XXX

Mais bon. En ce jour d’obsèques, retenons surtout l’aspect positif de l’ère Chirac : le contact facile, la grande culture, le non à la guerre d’Irak et, d’une façon, générale, l’essentiel de la politique étrangère. Pour le reste, bien moins bon et même pas bon du tout. Mais, si cela peut renforcer le crédit du président disparu : ses successeurs ont été pires que lui. Chacun, en fait, pire que le précédent. La France est en pleine crise. Cela atténue un peu ce qu’il y avait de moins positif chez Chirac. Un grand homme quand même./.

Yves Barelli, 30 septembre 2019     

 

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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 18:41

Ecologie punitive, politique punitive, administration punitive, sport punitif, alimentation punitive, conduite automobile punitive, nous vivons dans une société punitive où il n’est question (sauf exceptions notables décrites infra) que de culpabilisation et de sanctions : nous serions tous individuellement responsables du « réchauffement climatique », alors on doit le payer sous forme de taxes ; les hommes politiques sont de plus en plus contrôlés et sanctionnés lorsqu’ils tirent un avantage personnel, même faible, de leurs fonction, y compris lorsqu’ils ont l’outrecuidance d’inviter des amis dans leur ministère et de leur servir de bons crûs plutôt que de l’eau minérale ; idem pour un fonctionnaire s’il est ambassadeur, préfet ou occupant toute autre fonction en vue ; PV automatiques sanctionnant par radars interposés tout dépassement, même minime, des vitesses autorisées ; cartons jaunes, cartons rouges, pénalités en tous genres dès qu’on fait du sport ; pas de tabac, pas d’alcool, pas de surpoids, viande pointée du doigt, que du bio transforment désormais la gastronomie-plaisir en cuisine punitive.

Et on pourrait multiplier les exemples : il semble qu’on applique à la lettre les principes de l’évangile (ou du coran) selon lesquels nous sommes sur terre pour souffrir, pour subir interdits et obligations, pour payer le « péché originel », celui d’Adam et Eve, condamnés à souffrir pour avoir désobéi à Dieu. Si rédemption il doit y avoir, ce sera dans l’au-delà, pas ici.

Dans cette société de la punition permanente mais schizophrène (on nous punit ou nous menace de punition sans arrêt dans le même temps où la publicité flatte en permanence l’égoïsme et l’hédonisme ; on nous culpabilise pour utiliser notre « bagnole », responsable, bien sûr, du dérèglement climatique, alors qu’à la télé, les pubs de voitures reviennent toutes les cinq minutes), tout le monde n’est cependant pas logé à la même enseigne.

Les politiques et les fonctionnaires n’ont plus que des devoirs et de moins en moins de droits. L’austérité devrait être leur lot. Ils doivent avoir des comptes à rendre en permanence.

Dans le même temps, les capitalistes peuvent continuer à gagner de plus en plus d’argent et à étaler une vie de luxe. Rien à dire sous prétexte qu’ils n’utilisent pas d’argent public (ce qui est totalement faux : si on ajoute les subventions publiques aux entreprises, les avantages qu’elles recueillent de la prise en change par la collectivité des infrastructures et de la formation, gratuite pour elles, de leur main d’œuvre, la plus forte taxation du travail que du capital et les cadeaux fiscaux faits aux plus riches, on arrive à des sommes faramineuses auprès desquelles les homards et les vins fins servis par Monsieur de Ruby à l’hôtel de Lassay - résidence du président de l’Assemblée Nationale - constituent des avantages dérisoires, mais qui sont les seuls à être médiatisés).

Pis, que les médias au service du capital (les grands groupes capitalistes sont désormais propriétaires de l’essentiel des médias. Cela devrait interpeler, non ?) dénoncent les petits avantages des députés, ceux des fonctionnaires (on en vient à culpabiliser les agents de la SNCF parce qu’ils ne payent pas le train, ceux de la RATP qui se déplacent gratuitement en métro, ceux d’EDF parce qu’ils ont l’électricité à l’œil et tous les fonctionnaires parce qu’ils ont la sécurité d’emploi) est désormais reçu comme un devoir qui s’impose d’évidence. Sachant pour qui ils travaillent, cela n’est pas étonnant.

Ce qui devrait l’être est qu’ils aient si bien réussi à convaincre l’ensemble (ou presque) de la population. On a vu ainsi sur les ronds-points, des « gilets jaunes » dénoncer les salaires « exorbitants » des hauts fonctionnaires : rendez-vous compte du « scandale » de rémunérations de préfets à 8000 euros par mois ! Comparé au smic, c’est effectivement pas mal. Mais qui compare ces rémunérations à celles des cadres de haut niveau du privé et surtout des PDG du CAC 40 (plusieurs millions d’euros par an, souvent cent fois plus que le président de la République). Ces mêmes gilets jaunes trouvent qu’un fonctionnaire gagne trop (en l’accusant en général d’être inutile tout en, dans le même temps, demandant plus de services publics !) mais ils estiment normal de payer très cher une place au Parc des Princes ou en abonnement à des chaînes sportives pour voir évoluer des joueurs de foot qui en un match gagnent bien plus qu’eux en un an.

Oui, le capitalisme a gagné la bataille : pas seulement celle du fric, celle aussi des esprits en tournant la frustration du petit peuple contre ceux qu’ils ont élus ou qui ont passé des concours de recrutement en oubliant tous les détournements de fonds, la gabegie, l’exploitation et les rémunérations astronomiques injustifiées des dirigeants des entreprises privées.

Evidemment, les médias, qui ne sont pas innocents, participent de ce détournement de l’émotion face aux inégalités. On aurait aimé que Médiapart, qui s’est spécialisé dans le lynchage médiatique des politiques (pas tous, néanmoins) et des fonctionnaires, enquête aussi sur les rémunérations et les pratiques des dirigeants de sociétés privées. Mais on doit constater que ce n’est pas le cas. En tout cas en France. Carlos Ghosn est tombé au Japon, pas en France. Ici, son train de vie et ses détournements de fonds, infiniment plus graves que ceux des quelques politiques épinglés, n’ont suscité aucun émoi dans la presse. Pas davantage, non plus, et cela est triste, sur les ronds-points.

Et il y a une deuxième exception à cette société punitive : les loubards des cités des banlieues, ces « jeunes des quartiers », comme nos médias et nos politiciens disent par euphémisme parce qu’ils ont peur d’appeler un chat un chat, c’est-à-dire de les nommer pour ce qu’ils sont : des voyous de quartiers majoritairement habités par des gens d’origine maghrébine ou africaine. On comprend d’ailleurs ce manque de courage qui répond non seulement à des arrière-pensées politicardes (ces voyous, à l’occasion, sont des électeurs puisque, même si cela ne se voit pas quand ils défilent derrière des drapeaux algériens, ils sont « Français », « comme vous et moi » - ben, voyons ! - mais aussi à l’arsenal législatif mis en place au fil du temps (pour, au départ, ce qui était de bonnes raisons et qui en sont devenues, à l’arrivée, de mauvaises) qui punit (encore un exemple de la société punitive) le « racisme et l’antisémitisme », de sorte que, dire par exemple, qu’il y a beaucoup de musulmans dans les écoles de Béziers, c’est du « racisme », noter que les délinquants sont bien plus arabes que français de souche, c’est du « racisme » et condamner la politique, raciste, elle, d’Israël en Palestine, c’est de l’ « antisémitisme ».

En tout cas, ces loubards bénéficient d’une mansuétude incompréhensible de la part des juges. Les exemples sont hélas légion de ces multirécidivistes qui ne sont jamais condamnés à la prison ou, lorsqu’ils le sont, n’effectuent pas leur peine et ressortent si vite qu’ils acquièrent un sentiment, hélas justifié, de totale impunité. A titre d’exemple, ce terroriste qui tua en 2018 sur le marché de Noël de Strasbourg, avait déjà été condamné 28 fois pour divers délits et n’avait fait que de très brefs séjours derrière les barreaux. A noter au passage la prudence des médias qui, avant que le nom de l’assassin soit enfin révélé, insistaient lourdement sur le fait qu’il s’agissait d’un « Strasbourgeois » presque ordinaire. On se doutait pourtant dès le départ qu’il ne s’appelait ni Muller ni Schmidt ! Prudence dont ils ne s’embarrassent pas dans l’ « affaire » de Rugy (entendons-nous bien pour qu’il n’y ait aucune erreur d’interprétation : je n’ai aucune sympathie pour ce personnage que je trouve personnellement abject, bien plus pour ses trahisons politiques successives que parce qu’il a servi du homard à ses amis) pour laquelle ils répercutent sans vérification toutes les allégations de Médiapart alors que, jusqu’à présent, de Rugy n’a pas été condamné par la justice et donc que la présomption d’innocence devrait s’appliquer au moins autant pour lui que pour le tueur de Strasbourg.

Pourquoi ces exceptions pour les capitalistes et pour les immigrés ?

Pour les premiers, on comprend que c’est la loi du fric : nous sommes en régime capitalisme où le capital gouverne derrière les apparences de la démocratie (démocratie d’ailleurs limitée et à géométrie variable : le rejet de la « constitution européenne » refusée par le peuple en 2005 mais imposée juste après par un autre moyen, en est l’exemple emblématique mais loin d’être unique). Et comme les médias appartiennent aux capitalistes et que les politiques en sont, majoritairement, leurs obligés, on comprend qu’ils influencent l’opinion pour que la société punitive ne s’applique pas à eux.

L’exception qui profite aux délinquants d’origine étrangère est plus subtile à comprendre. Il y a en effet une conjonction entre la « générosité » (d’ailleurs très sélective et donc d’une hypocrisie scandaleuse et coupable) de gauche et les intérêts de droite.

Pour la gauche, les musulmans constituent aujourd’hui l’essentiel du prolétariat. Cette gauche a à peu près tout oublié de Marx, elle ne réclame même plus de nationalisations, elle accepte le capitalisme, l’Union européenne et la mondialisation. Il ne lui reste que deux sujets mineurs à se mettre sous la dent pour se donner, encore, l’illusion qu’elle est de « gauche » : le soutien aux « immigrés », « nos frères », donc l’ouverture des frontières pour eux et la mansuétude des juges pour les délinquants qui en sont issus (autant, nous, nous sommes coupables à titre individuel dès qu’on utilise un emballage en plastique, « responsable », évidemment, du réchauffement climatique, autant, eux, n’ont aucune responsabilité individuelle : les « pauvres », ils sont issus de milieux « défavorisés », ils subissent un « apartheid » dans les banlieues et tout cela, c’est bien connu, est le fruit de la colonisation « honteuse » dont la France s’est rendue coupable en Afrique, mais aussi de l’esclavage du 17ème siècle : ils ont donc toutes les circonstances atténuantes ; en fait, les coupables, ce ne sont pas les délinquants multirécidivistes arabes ou africains mais la vilaine société occidentale : il faut donc nous punir, nous, et pas eux !).

Le second sujet qui leur reste est la lutte contre le « fascisme » et le « populisme », assimilé à Hitler ou Mussolini. Faire « barrage » à Le Pen, leur « tête de turc » (pardon de cette comparaison « à caractère raciste et islamophobe » !), est l’une de leurs dernières raisons d’être, sans voir, tant ils sont aveuglés par leur dogmatisme, que la « classe ouvrière » vote désormais pour Le Pen et pas pour eux (Mélenchon, visiblement, n’a toujours rien compris).    

Et pour le droite, en tout cas la droite « modérée », comme on dit, la droite « civilisée », celle d’un Juppé ou d’un Bertrand (pas l’ « extrême-droite », forcément « raciste »): elle est dans son rôle en défendant les capitalistes et comme, désormais, nous sommes incapables d’avoir suffisamment d’enfants (autre manière de nous culpabiliser), alors il est normal que nous ouvrions nos frontières aux gens venus d’Afrique et on explique aux « bons » Français (ceux qui ne sont pas d’accord sont « mauvais », bref des populistes « nauséabonds»), que c’est dans leur intérêt : les restos kebab sont plus abordables que les français, pour faire les ménages ou garder les gosses, les nounous sont africaines et, c’est bien connu, les immigrés font les travaux que ces méchants Français (encore coupables !) ne veulent plus faire (on ne dit pas que s’ils étaient payés correctement, ils les feraient), en outre leurs cotisations limitent le déficit de la « sécu » et ils financent ainsi nos retraites. Ça, c’est ce qu’on essaie ne nous faire croire. La vérité est que le taux d’emploi est plus faible chez les immigrés, beaucoup d’entre eux préfèrent vivre d’ « allocs » plutôt que du travail, et, en outre, ils coûtent très cher en logements sociaux, en santé, en éducation, en allocations familiale et en délinquance.

La vérité est que, massivement, l’immigration permet d’avoir une population accrue, un peu de travailleurs, ce qui contribue à la pression vers le bas des salaires, et, beaucoup plus intéressant finalement pour les capitalistes, un accroissement du nombre de consommateurs. En simplifiant (tout en restant, globalement, dans la vérité), les classes moyennes françaises payent par leurs impôts les allocations versées aux immigrés et tous les avantages dont ils bénéficient  (logements, écoles…), que ces immigrés utilisent pour acheter les produits fabriqués par les capitalistes (qui eux, échappent largement à l’impôt). La redistribution fonctionne parfaitement en France et dans la plupart des pays capitalistes : les classes moyennes payent pour le prolétariat étranger et les capitalistes multinationaux. C’est le b-a-ba de l’Union européenne.  Le seul problème pour ce système est que les classes moyennes commencent à se rebeller, d’où les votes pour le Brexit, pour Trump et la montée du « populisme » un peu partout. Mais ce n’est pas encore gagné pour ces classes moyennes : le « système » a beaucoup de ressources et de « trucs » pour contrer la démocratie.

La culpabilisation en permanence des gens ordinaires va dans ce sens, avec cette société punitive que j’évoque depuis le début de ce texte. Pour contrer la contestation du « système » par ces gens ordinaires, contestation logique puisqu’ils en sont les victimes, on a inventé toutes sortes de punitions et de dérivations de l’attention. La soit disant écologie (la vraie devrait se traduire par le rejet du système) est devenue le nouveau cheval de bataille du système qui joue sur les peurs savamment orchestrées (la fin du monde est pour demain et nous en sommes responsables!). Par elles, on fait tout avaler : taxes, interdictions, obligations.

Les dérivations du ras-le-bol général et des frustrations vers des sujets secondaires et même insignifiants en est une deuxième stratégie : pendant qu’on organise l’émotion collective, qui monopolise l’attention sur les homards de Monsieur de Rugy (ou sur les agents de la SNCF qui ne payent pas le train), on organise le silence sur les rémunérations de Monsieur Arnault (domicilié en Belgique), sur la famille Peugeot (domiciliée à Genève) et sur beaucoup d’autres dont on ne parle jamais (sauf pour les remercier des « dons » qu’ils font pour la reconstruction de Notre-Dame). En outre, cette punition à géométrie variable à des effets « pédagogiques » pour le système qui écarte quelques gêneurs comme Fillon ou qui fait des « exemples », comme de Rugy, en rappelant que, même un politique haut placé, reste au service du système.

Société punitive, donc, mais pas pour tous. Il serait urgent que ceux qui tombent dans le panneau en approuvant les punitions à géométrie variable se réveillent. Certes les coupables de détournements doivent être sanctionnés. Mais tous. Y compris ceux qui y échappent : les plus gros./.

Yves Barelli, 17 juillet 2019                                                                                     

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 19:14

La démission du ministre de l’écologie François de Rugy est une bonne nouvelle. Ce personnage était le prototype du politicard arriviste qui est une honte pour la démocratie. Le fait qu’il est été acculé à la démission à la suite d’un lynchage médiatique venant d’un organe spécialisé dans les campagnes de caniveau est en revanche une mauvaise nouvelle. Je vais m’explique sur cet apparent paradoxe.  

1/ De Rugy est un écologiste bien intégré au système en ce qu’il prône une écologie punitive (les citoyens sont responsables : il faut donc les taxer) qui ne remet en rien en cause les pratiques capitalistes et mondialistes.

C’est surtout un opportuniste au service un peu d’une idéologie et beaucoup de ses ambitions personnelles. En 2015, il rompt avec son parti pour rejoindre les socialistes avec l’espoir, déçu, de devenir ministre de Hollande. En 2017 il participe à la primaire socialiste où il obtient un minable 3,8% au premier tour et il promet de soutenir celui qui arrivera en tête à la présidentielle.

Sentant le vent tourner, en dépit de son engagement, il soutient Emmanuel Macron à la présidentielle. Le nouveau président, tenant une « prise de guerre », le remercie en le faisant élire président de l’Assemblée Nationale. Lorsque Nicolas Hulot démissionne de son poste de ministre de l’écologie, le président Macron, qui sait que de Rugy ne peut rien lui refuser, le fait passer au gouvernement à l’écologie. Même avec le tire de ministre d’Etat numéro deux du gouvernement, ce n’est pas un cadeau lorsqu’on connait les avantages du « perchoir » de l’Assemblée.

Avec ses trahisons successives et son incapacité à bien passer dans l’opinion, de Rugy s’est fait beaucoup d’ennemis, y compris chez les macronistes. L’attaque de Médiapart l’a mis par terre et bien peu de ses « amis » ont pris sa défense.

2/ Médiapart est un journal en ligne qui diffuse par abonnements sur internet. Il s’est fait un nom et une réputation en sortant quelques enquêtes qui ont réussi à éclabousser certains hommes politiques et même à en détruire quelques-uns. C’est médiapart qui a notamment révélé l’existence d’un compte à l’étranger de Cahuzac, ministre du budget de Hollande, finalement acculé à la démission (et à un procès) après avoir publiquement menti. Le même journal a mis à jour le scandale Benhalla, cet homme de l’ombre de confiance de Macron lui aussi convaincu de mensonges, mais aussi d’opérations illégales.

La qualité d’investigation de Médiapart est remarquable. Ses journalistes ont réussi à trouver aux meilleures sources (comme pour le Canard enchainé, les révélations sont souvent obtenues à partir de documents confidentiels anonymes fournis par des proches des mis en cause qui ont intérêt à les démolir) des informations qui se sont toujours révélées justes.

3/ Il n’empêche que ce type de journalisme fondé sur les ragots et les coups bas est moralement contestable.

On constate d’ailleurs que seuls les hommes politiques et les fonctionnaires sont dans le collimateur du média. On ne touche pas aux capitalistes. Aucune enquête, par exemple, sur Carlos Ghosn. Il y avait pourtant matière.

Une telle action ne peut que salir, dans son ensemble, la classe politique, la fonction publique et, d’une façon générale, l’Etat. Cela participe au dénigrement et à l’affaiblissement voulu de l’Etat développés depuis la « révolution » libérale (en réalité liberticide car quand on s’en prend à la collectivité, on bride l’intérêt général au profit des intérêts privés) de Reagan-Thatcher des années 1980. En affaiblissant les Etats au profit des entreprises mondialisées et de leur relai de l’Union européenne, on permet aux intérêts privés de pouvoir gagner leur « fric » en toute tranquillité et toute impunité. Ceux qui disent que les privés font ce qu’ils veulent avec leur argent et que seul compte la gestion de l’argent public par les élus et les fonctionnaires qui, eux, devraient rendre des comptes, se trompent ou nous trompent : les entreprises gagnent beaucoup d’argent, aussi, avec nos impôts (40 milliards d’euros de subventions par an en France, auxquelles s’ajoutent toutes les prestations mises gratuitement à leur profit par l’Etat ; par exemple les infrastructures et la formation de la main d’œuvre).  

4/ Dans ce qui est reproché par médiapart à de Rugy, il y a, comme on dit, « à boire et à manger ». S’agissant des repas à l’hôtel de Lassay, c’est le cas de le dire. Personnellement, j’estime que la République est en droit de recevoir correctement ses invités et j’estime que le président de l’Assemblée Nationale a le droit de recevoir qui il veut à sa table sans rendre de comptes excessifs.

Dans quel monde vit-on ? Un banquier (les banques ont été renflouées à la suite de la crise de 2008 par centaines de milliards d’euros) aurait le droit de recevoir à sa table comme il le veut et qui il veut et le président de l’Assemblée Nationale, émanation des citoyens, n’aurait pas le droit de le faire ? Un PDG de grande entreprise aurait le droit de se déplacer en jet privé et un ministre de la république n’en aurait pas le droit ? Si cela était, ce serait le monde à l’envers et le contraire de la démocratie : les représentants du peuple (je n’aime pas le président actuel mais les Français l’ont, hélas, élu ; il a donc la légitimité qu’un privé n’a pas) n’auraient aucun droit et les représentants des actionnaires les auraient tous ?

Je dis attention danger : ne hurlons pas avec les loups lorsque ces loups sont loin d’être désintéressés car ils veulent démolir la démocratie pour mieux faire entre eux leurs petites (et grandes) affaires. Pour eux, les « lobbies » qui agissent à Bruxelles et suscitent les « directives » qui leur profitent, sont seuls légitimes. Pour eux, les représentants de la Nation ne le sont pas, tout simplement parce qu’ils refusent les nations et veulent construire à leur place des sociétés sans frontière où les hommes ne sont plus des citoyens mais seulement des consommateurs achetant leurs produits.

5/ Il se trouve qu’il y a une conjonction entre ceux qui veulent effacer les nations et ceux qui veulent favoriser une immigration sans limites (moins il y a de nations, moins les capitalistes sont gênés et plus il y a d’immigrés, subventionnés par les impôts des classes moyennes, plus il y a de consommateurs qui achètent les produits des capitalistes).

Edwy Plénel, qui dirige mediapart, est l’un des principaux propagandistes de l’islam conquérant dont les Français commencent peut-être à en voir les sinistres effets sur leur vie quotidienne. Cela n’est pas étonnant : on a une conjonction entre une gauche « droitde l’hommiste » qui voit dans les immigrés les héros des temps modernes et une droite porte-parole des intérêts capitalistes. Les deux sont contre les nations, pour l’Union européenne, pour la mondialisation, pour l’ «accueil » des immigrés et pour le relativisme culturel (pour eux, l’islam a autant de droits sur le sol français que la tradition chrétienne ou celle des « lumières »). Les deux, ensemble, forment le « système ». Pas étonnant que Macron ait pu ainsi « piocher » si facilement chez les socialistes, dans la droite traditionnelle et chez les écolos.

Le travail au ras du caniveau de médiapart est tout à fait en accord avec ce système, même s’il égratigne quelques-uns de ses représentants comme de Rugy. Tout régime totalitaire a ses propres épurations internes destinées à ce que chacun rentre encore plus dans le rang.

6/ Cela étant, qu’on ne compte pas sur moi pour défendre de Rugy. J’ai dit pourquoi en début de cet article. Quand un traitre tombe à la trappe après des trahisons successives, je ne vais pas le plaindre. Je dis simplement qu’il ne faut pas se tromper de combat. Le mien n’est pas de salir des représentants de la République.

Il est vrai que certains de ces « représentants » « pètent les plombs » comme on dit. J’en ai côtoyé quelques-uns dans ma carrière. Lorsque, parce qu’on occupe un poste ou une fonction, on se croit tout permis, oubliant qu’on n’est pas propriétaire des murs et de la table d’une résidence de la république qu’on occupe (certains l’oublient) à titre passager. La faute morale et politique de de Rugy n’a pas été d’inviter des amis à sa table (après tout, un « ami » est aussi un collaborateur ou une aide politique – dans ce métier, il n’y a pas d’amis, il n’y a que des complices ou des concurrents), mais de l’avoir fait de manière stupide : j’ai participé à pas mal de dîners d’Etat, à l’Elysée et dans quelques autres palais présidentiels. Je n’y ai jamais bu de vin à 500€ la bouteille. De Rugy s’est cru en position de mettre une (ou plusieurs) telle bouteille. Peut-être a-t-il été lui-même victime de son entourage : quand on épouse une journaliste de Gala, on prend des risques…J’ai côtoyé dans ma carrière quelques « femmes de » : ce sont souvent les plus dépensières et les plus méprisantes pour les autres. On va m’accuser de misogynie, mais, ça, c’est une autre histoire ! Le politiquement correct interdit qu’on s’y attaque.

Alors, contentons-nous de nous réjouir de la descente aux enfers de de Rugy…où son épouse dépensière le suit. Après les « affaires » de Sarkozy, de Hollande, celles de Macron tendent à battre des records. A la prochaine !                        Yves Barelli, 16 juillet 2019                   

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26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 21:11

Depuis des semaines, nos médias et nos politiciens nous rebattaient les oreilles avec l’élection des figurants (souvent des « recalés » du suffrage universel dans leurs pays ou, dans le nôtre, des jeunes sans doute plein d’avenir, désignés par les partis pour faire leurs  premières armes dans la vie politique) au « parlement » européen. La plupart de ces médias et politiciens, adeptes de la religion européiste ou/et au service du système mondialisé qui entend briser les nations et transformer les citoyens en consommateurs interchangeables d’un « territoire » (remplaçant les bons vieux « pays ») à l’autre (c’est dans cet esprit qu’on fait circuler des « travailleurs détachés », l’un des scandales de l’UE), ont souligné à qui mieux mieux l’ « enjeu historique» du scrutin (il fallait barrer la route aux méchants « populistes ») et l’importance capitale (désormais à leurs yeux supérieure aux vrais parlements, les nationaux) de ce « machin » coûteux qu’ils baptisent « parlement » (un vrai parlement représente le peuple dans un Etat ; or l’Union européenne n’est pas un Etat et ses habitants ne forment pas une nation). Ils ont pourtant oublié (ou alors ils n’en tiennent pas compte, ce qui est encore pire) que les peuples ne se sentent pas concernés par cette mascarade qu’est la « construction » européenne, œuvre de technocrates au profit de politiciens au service du système. En dépit de la propagande éhontée qui les abreuve, les Européens (c’est-à-dire les habitants du continent) sont étrangers à la machine bruxelloise à laquelle d’ailleurs ils ne comprennent pas grand-chose. C’est pourquoi à peine la moitié se sont dérangés pour voter et ceux qui l’ont fait ne l’ont fait, dans leur écrasante majorité, qu’en fonction de considérations politiques nationales, se souciant comme d’une guigne de ce qu’il adviendra de ce soit disant « parlement ».

1/ Vu ce qui précède, ce nouveau « parlement » « élu » ne mérite pas de commentaire particulier. Compte tenu du faible taux de participation, il ne constitue même pas un sondage d’opinion en grandeur réelle tant l’ « échantillon » n’est pas représentatif. Je me contenterai de me féliciter de la « montée » dans ce « parlement » du « populisme » « eurosceptique », comme on dit (terme, au demeurant absurde : l’Europe est une réalité géographique ; peut-on être sceptique vis-à-vis d’une réalité ? Réalité, j’ajoute, qui n’a rien à voir avec l’UE : personnellement, je me sens très Européen, parce qu’il y a, de l’Atlantique à l’Oural, et au-delà, une communauté de civilisation : dans le même temps, je souhaite qu’on mette fin à cette « Union européenne » qui ne sert à rien et qui est même nuisible pour le continent et ses peuples). Cette assemblée a très peu de pouvoirs mais, avec le peu qu’elle  a, si elle peut bloquer l’œuvre néfaste de la Commission (avant qu’on supprime celle-ci), ce ne sera pas plus mal.

2/ L’ «enjeu » en France était de sanctionner ou non Macron. C’est fait : en arrivant en tête, la liste du Rassemblement National de Marine Le Pen concrétise cette sanction. Je m’en félicite tout en gardant la tête froide. Fondamentalement ce vote-sanction a peu de signification : Marine Le Pen est loin d’être aux portes du pouvoir !

3/ Je regrette que la liste de Debout la France n’atteigne pas les 5% qui lui aurait permis d’envoyer des représentants au « parlement » européenne. Nombre de ses soutiens ont préféré voter « utile » en votant Le Pen. Je les comprends.

Je regrette aussi que les listes de François Asselineau et de Florian Philippot aient, comme celle de Dupont Aignan, souffert du vote utile. Ce sont des personnalités de qualité qui ont beaucoup de choses intelligentes à dire. Mais pourquoi se sont-ils obstinés à se lancer dans cette galère ? Ils auraient été bien plus utiles en rejoignant la liste du RN ou celle de DLF.

4/ Le mouvement des « gilets jaunes » a indirectement pesé sur le vote de ce jour. S’il a permis de « gonfler » le vote Rassemblement National, tant mieux. J’ai beaucoup de sympathie pour tous ceux qui ont passé du temps sur les ronds-points et qui défilent, dans le danger de la répression policière, tous les samedis depuis six mois. Cela a été utile et le reste. Mais cela ne saurait suffire : un prolongement politique est nécessaire ; être « gilet jaune », cela ne doit pas empêcher de voter ; au contraire, cela devrait inciter à le faire.

5/ Dans chaque pays, les votes ont reflété, plus ou moins (quand il n’y a que 15% de participation, comme par exemple en Tchéquie, cela reflète rien du tout), les rapports de force internes.

A cet égard, je me félicite de la victoire de la liste « Brexit » en Grande Bretagne, victoire cocasse et absurde, d’ailleurs, quand on sait que, le Royaume-Uni quittant l’UE, les élus britanniques au « parlement » européen ne siègeront pas.

Je me félicite aussi de celle des patriotes « populistes » d’Italie, de Hongrie (la liste Orban a la majorité absolue), de Pologne et d’ailleurs. Salvini ou Orban nous montrent la voie à suivre. Merci. 

En Espagne, la victoire des listes indépendantistes à Barcelone (on votait aussi en Espagne pour les municipales et certains parlements de Communautés Autonomes) me fait chaud au cœur. Manuel Valls, ancien premier ministre de Hollande, s’est ridiculisé en se présentant à l’élection de la capitale catalane aux côtés de la droite anti-indépendantiste. Ce personnage opportuniste qui se gargarisait du mot « république » lorsqu’il était à Matignon fait désormais campagne pour l’intégrité du « royaume » d’Espagne. Lamentable ! Aux poubelles de l’histoire, tant de la France que de la Catalogne. Il ne méritait même pas les cinq lignes que je lui ai consacrées.

XXX

Comme on disait autrefois « ce n’est qu’un début, continuons le combat ». Les peuples européens ne sont pas encore libres. Ils commencent à se libérer dans leur tête, préalable à la libération continentale./.

Yves Barelli

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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 13:48

Je suis choqué que l’on ait déployé d’aussi gros moyens et qu’on ait sacrifié deux soldats pour délivrer des « touristes » français inconscients et indisciplinés. Je suis encore plus choqué que le président de la république soit allé accueillir ces individus (transportés par un avion de la république) comme des héros en tentant une opération (d’ailleurs avortée compte tenu de la polémique) politicienne dans le cadre de sa campagne électorale si piteusement menée pour l’élection « européenne ».

1/ Ces individus se sont délibérément mis en danger (et les voyagistes qui les y ont envoyé sont sans doute au moins aussi coupables qu’eux) en allant faire du tourisme dans une région réputée dangereuse à cheval sur les zones « formellement déconseillées, quel que soit le motif » (elles figurent en rouge sur les cartes du site « conseil aux voyageurs » du ministère français des affaires étrangères) et celles « déconseillées sauf raison impérative ». Le tourisme n’en est évidemment pas une.  

On écrit seulement « déconseillé » pour respecter la liberté de nos compatriotes de voyager ou non à leurs risques et périls, l’Etat français n’ayant pas jugé opportun d’ « interdire », le cas échéant, à ses nationaux les voyages dans certains pays. A cet égard, il ne serait sans doute pas incongru de réfléchir à la possibilité de légiférer pour transformer en délit le non-respect de ces prescriptions (de tels « délits » ou « crimes » existent par exemple pour les « voyages » en Syrie pour participer au « djihad » ou pour les crimes de pédophilie commis par des Français en dehors du territoire national, quand bien même de telles activités seraient légales ou tolérées dans certains pays, d’Asie du sud-est par exemple). Il faut parfois aller au-delà du simple respect de la liberté individuelle. Après tout, on n’est pas libre, par exemple, de conduire sans ceinture de sécurité, quand bien même on en accepterait le risque.    

A tout le moins, si on s’en tient au terme « déconseillé », devrait-on spécifier sur les « conseils aux voyageurs » que, dans certaines zones, cela se fait aux risques et périls du voyageur et que l’Etat décline toute responsabilité, donc toute obligation de secours.

Il y aurait lieu aussi, me semble-t-il, de responsabiliser les voyagistes qui vendent des circuits dans des régions dangereuses. Je n’ai pas d’information particulière sur le cas d’espèce, celui de ces deux ex-otages. S’ils ont simplement acheté des billets d’avion sur Paris-Cotonou, rien à dire : Cotonou et la plus grande partie du Bénin sont en zone « vigilance renforcée », donc pas « déconseillée ». S’ils ont acheté sur place un circuit dans le nord du pays, la responsabilité du voyagiste français n’est pas engagée. En revanche, si ce dernier a vendu l’ensemble du circuit, pour moi sa responsabilité, au moins morale, est engagée.     

2/ D’une façon générale, je crois que trop de nos compatriotes sont totalement inconscients des risques qu’ils prennent quand ils voyagent.

Personnellement, du fait de mon métier passé et de mon goût pour les voyages, j’ai une très grande expérience des déplacements à l’étranger (j’ai voyagé à ce jour dans 158 Etats ou territoires).

Voici ce que je fais avant d’entreprendre un voyage où que ce soit. D’abord, je consulte le site internet « conseil aux voyageurs » (on y accède facilement par un moteur de recherche ou via www.diplomatie.gouv.fr) qui a une rubrique très détaillée pour chaque pays avec des sous-rubriques « sécurité » (avec les cartes des zones mentionnées supra et les rubriques spécifiques « délinquance », « risques naturels », « terrorisme »,  sécurité sur la route, dans les airs et sur les eaux, législation locale sur les drogues, matériels politiques, pornographiques, etc), « entrée/séjour », « santé », « infos utiles », plus « dernière minute ». Ces informations sont constamment mises à jour sur la base des éléments fournis en permanence par les ambassades et validés par le Quai d’Orsay. Je puis dire par expérience le soin qui est apporté par nos missions diplomatiques à donner les informations les plus justes et actualisées. Un ambassadeur qui ne le ferait pas serait sanctionné. J’ajoute que, par principe de précaution, on a évidemment tendance à un peu exagérer les dangers mais pas trop (trop, c’est mettre en péril l’activité touristique du pays de résidence, ce qu’on ne fait pas à la légère pour éviter l’incident diplomatique ; pas assez serait mettre en jeu la responsabilité de l’ambassadeur : on reste donc en fait objectif).

Une fois ceci fait, si je décide de poursuivre mon projet de voyage, je prends, dans les pays à risque, l’attache de l’ambassade de France. Pour moi, diplomate retraité, c’est évidemment facile. Mais j’ajoute qu’il est demandé, dans les pays à risque, à n’importe quel particulier d’informer l’ambassade de son projet en indiquant les régions qu’il compte visiter. Cela peut permettre d’informer les autorités locales qui peuvent renforcer la protection de notre compatriote (cela surtout, évidement, pour des déplacements professionnels d’intérêt mutuel).

D’une façon générale, je conseille à tout voyageur dans les pays à risque d’être accompagné par des locaux (cela était le cas pour les deux otages du Bénin mais cela, manifestement, ne suffit pas). A titre d’exemple, j’ai beaucoup voyagé au Brésil, pays dangereux ; j’y ai toujours été accompagné par des Brésiliens : ils connaissent les endroits dangereux (il y a même des cartes routières qui mentionnent les routes où les agressions sont les plus fréquentes). Idem, par exemple, pour l’Algérie. Je me suis aussi déplacé beaucoup au Venezuela (souvent seul en voiture mais en prenant des précautions). 

La règle de base à observer est qu’il faut passer inaperçu au maximum. Donc oubliez les photos à faire en public. Dans un lieu peu sûr, il vaut mieux se déplacer en voiture climatisée toutes vitres fermées plutôt qu’en transport public ou à pied. Eviter par exemple les plages désertes. Ne pas sortir la nuit, même en ville. A l’arrivée à l’aéroport (lieu le plus vulnérable) dans le pays, s’arranger avant le départ pour être attendu : éviter les taxis. Dans beaucoup de pays (par exemple le Brésil), les lieux les plus visités sont protégés par la « police touristique » ; à titre d’exemple, pas de problème majeur à Rio de Janeiro dans les quartiers les plus visités, mais ne pas s’en écarter et, même là, faire attention (par exemple sur la plage de Copacabana, très large, mieux vaut rester sur le trottoir que sur la plage elle-même, sauf si vous êtes avec des « Cariocas »).

Pour passer inaperçu, il y a évidemment la couleur de la peau. Etre blanc et voyager en Afrique, ça se voit tout de suite. Un Blanc y est une cible potentielle tant pour les terroristes que pour les délinquants ordinaires. Il faut donc être accompagné par des locaux. J’ai ainsi circulé il y a deux ans au Togo, au Ghana et au Bénin : dans ces trois pays, j’étais évidemment en contact avec les ambassades de France. J’ai évité les régions musulmanes du nord (celle où les deux inconscients ont été enlevés), mais aussi la région proche du Nigeria (danger du fait des trafics) et je m’en suis tenu aux déplacements diurnes (à la fois parce qu’il faut être inconscient pour rouler la nuit et parce que certains quartiers sont des coupe-gorges la nuit). Avec ces précautions minimales, on peut encore se déplacer (à condition d’être un voyageur expérimenté) sans prendre trop de risques dans quelques pays africains comme la Côte d’Ivoire (il y a eu à Grand Bassam un attentat terroriste ; mais il y en a eu plus en France !), le Gabon ou le Sénégal (mais attention : sans jouer les oiseaux de mauvais augure, ce pays, en bordure du Sahel, va devenir dangereux d’ici peu ; j’ai circulé autrefois en voiture dans tout le Sénégal, je ne le ferais plus maintenant et je conseille à nos compatriotes de s’en tenir à Dakar). D’une façon générale, dans beaucoup de pays, il ne faut pas sortir de la capitale, plus sécurisée que le reste du territoire. En Afrique, et sans doute pour longtemps, la « brousse », c’est fini !   

Compte tenu de l’actualité, il y a plus de risques, sauf exception, dans les pays musulmans que dans les autres. Les gens y sont certes majoritairement accueillants (c’est le cas quasiment partout dans le monde) mais la minorité islamiste activiste (qui inspire crainte ou adhésion des autochtones) nous cible. S’agissant du Sahel (y compris le nord du Bénin, mais aussi le Sénégal), on cumule les inconvénients de l’Afrique et de l’islam. S’y ajoute la présence de djihadistes très mobiles (donc qui peuvent frapper n’importe où) et des Etats faibles et souvent corrompus. Donc à éviter absolument.                   

D’une façon générale, méfiez-vous des pays où l’Etat est faible ou corrompu. Donc, sauf raison impérative ou si vous êtes pris en charge localement (même dans ce cas certains pays restent dangereux), évitez le tourisme en Afrique noire francophone (en revanche l’Afrique orientale et australe anglophones reste possible, encore que moins sûre qu’autrefois : par exemple le Kenya ou l’Afrique du Sud). Dans certains pays, plus forts et donc plus sécurisés, on peut se déplacer en assez bonne sécurité. A titre d’exemple, j’ai récemment voyagé avec mon fils (qui est médecin, sécurité supplémentaire) en Iran, seuls en voiture de location (les routes sont dangereuses et il faut être bon conducteur et habitué à la conduite du tiers-monde, qui n’a rien à voir avec la nôtre) : notre impression a été celle d’une totale sécurité. Autre exemple : j’ai encore conduit, seul, au Maroc il y a quelques mois. Je m’y sens en fait davantage en sécurité qu’en France parce ce que la police est omniprésente et les contrôles nombreux ; mon sentiment de sécurité est renforcé parce que je connais très bien ce pays où j’ai vécu il y a quelques années (dans tout pays, il y a des « trucs » à connaitre, des choses à faire et d’autres à éviter). En Amérique latine, je sais éviter les zones à risque et ma connaissance de l’espagnol est un précieux secours (sinon, n’y allez pas seul). Je prends certes des risques, mais je les minimise.

Autre chose. Le terrorisme ou la délinquance ne sont pas les seuls dangers. Sans même parler des maladies tropicales, des séismes, des ouragans (il ne faut pas aller aux Antilles, par exemple, en automne ou en Inde et Asie du Sud-est à la saison des moussons ; ou encore à New-York en hiver : les tempêtes de neige, lorsqu’elles se produisent, bloquent aéroports et routes pendant plusieurs jours), il ne faut pas oublier que les routes sont souvent dangereuses et que, en cas d’accident, les services de secours aux blessés sont dans de nombreux pays (y compris en Europe), souvent lents, déficients, voire inexistants. Dernièrement, des centaines d’étrangers ont été immobilisés, en fait abandonnés par des autorités locales totalement dépassées, à Bali du fait d’une éruption volcanique. Bali est pourtant une destination très courue. Mais pas sans risque.  

Ne pas négliger non plus les risques « politiques » ou liés aux mœurs. Si vous partez en célibataire pour aller « draguer », même les pays réputés sûrs peuvent être dangereux. Les Etats-Unis par exemple (voyez ce qui est arrivé à DSK) ou Dubaï (pourtant à la mode). A Dubaï par exemple notre consulat est sollicité de temps en temps pour tirer d’affaire certaines compatriotes parfois emprisonnées après avoir eu un différend avec un autochtone (auquel la police donne toujours raison contre un étranger, à plus forte raison une femme). A titre d’exemple, certaines jeunes filles françaises arabophones de confession musulmane sont fascinées par Dubaï ; bêtement, elles sortent en boite et se font draguer par des locaux ; quand elles résistent aux avances, les éconduits se vengent facilement en alertant la police qui arrête les « coupables » étrangères pour prostitution. Notre consulat les sort en général de cette mauvaise situation mais il gaspille des moyens limités pour sauver des filles n’ayant rien dans la tête (et trop dans le reste du corps !).         

Un dernier mot sur les voyages « organisés » : leur sérieux, et donc leur sureté, sont très variables. Dans certains pays du tiers-monde où rien ne fonctionne et où la corruption est généralisée, les voyagistes locaux n’y sont pas à l’abri. Dans tous les cas, demander l’avis de l’ambassade de France. Elles connaissent les voyagistes et transporteurs locaux fiables. Dans le doute, abstenez-vous !      

En résumé, le risque zéro n’existe pas mais, sous prétexte que, même à Paris, on n’est pas à l’abri (c’est vrai que Paris est devenue une ville qui peut être dangereuse, un peu pour les Parisiens mais beaucoup plus pour des étrangers ne connaissant ni le pays ni la langue ; cela étant, dangereuse pour les risques de vols et objectivement peu pour les agressions aux personnes, en tout cas moins que dans beaucoup d’autres pays), inutile de tenter le diable. Désormais, dans le monde dangereux qui est le nôtre, voyager est devenu plus risqué qu’autrefois. En dehors de l’Europe, de l’Amérique du Nord, de la plus grande partie de l’Asie (ce qui ne doit pas empêcher de se méfier même dans ces zones) et de quelques autres pays, les voyages doivent désormais être réservés aux voyageurs très expérimentés ou très bien encadrés (à titre d’exemple, vous pouvez aller en République dominicaine sans problème si vous avez acheté un bon forfait, si vous êtes en bonne santé et si vous restez dans les hôtels « tout inclus » et sécurisés, mais si vous ne parlez pas espagnol et que vous n’avez pas l’habitude de l’Amérique latine, n’en sortez pas).

Ce matin à la télévision, un publiciste connu assez âgé disait qu’il avait fait une partie du tour du monde en 2CV mais que ce n’est plus possible aujourd’hui. Moi-même, j’ai traversé l’Europe en auto-stop : plus possible aujourd’hui ! J’ai rencontré il n’y a pas longtemps au milieu de la Bolivie deux jeunes (un garçon et une fille) faisant le tour du monde à vélo : franchement une folie à ne pas faire. Peut-être l’ont-ils réussi vivant et sans maladie sérieuse et en sont-ils fiers. On peut aussi traverser les yeux bandés une avenue fréquentée sans se faire renverser en comptant sur la chance et la capacité des automobilistes à vous éviter, mais une personne sensées ne le ferait pas.

Donc, si vous n’êtes pas un expert du voyage, privilégiez la Bretagne ou la Corse à Dubaï : le climat y est bien plus agréable et il y a plus à voir et à faire. Quant au Nord-Bénin, il y fait trop chaud, les moustiques et les mouches désagréables, les conditions d’hébergement sont déplorables et les parcs nationaux moins bien qu’en Afrique du Sud. Et pour voir des éléphants et des lions, Thoiry n’est pas mal non plus. Voyager sans expertise, c’est comme conduire sur une route mouillée avec des pneus lisses : c’est très dangereux !        

3/ Quant à la polémique « fallait-il envoyer des soldats pour sauver nos compatriotes ? », les avis sont partagés. Certains disent qu’on va bien secourir en montagne des imprudents partis en tongs. Mais ce n’est pas pareil. Dans le cas du secours en montagne, il y a un risque pour les sauveteurs mais ce sont de bons professionnels qui savent calculer les risques. Dans le cas du sauvetage des otages du Bénin, on a affaire à des criminels prêts à tout et, à mon avis, on a trop demandé à nos soldats : ne pas tirer les premiers pour ne pas risquer d’atteindre les otages. En pareil cas, les Américains, les Russes ou les Israéliens, pour s’en tenir à ces exemples, auraient sans doute tiré les premiers. Raisonnons froidement, voire cyniquement : si je dois choisir entre la vie de ces deux idiots inconscients et celle de nos soldats, je choisis de privilégier nos soldats.

Je crois en outre que la première responsabilité a été celle du président de la république. Je pense qu’il n’aurait jamais dû prendre la décision de tenter l’opération. Ces deux individus étaient certes en otage mais pas immédiatement menacés de mort. C’est un cas très différent de celui où des otages sont détenus, où ils sont menacés de mort par exemple si on ne satisfait pas à des revendications irréalistes et, surtout, lorsque les terroristes ont commencé à mettre leurs menaces à exécution. Exemples : les otages du Bataclan, ceux de l’Hyper Cacher ou encore ceux de l’avion qui avait été détournés il y a quelques années par des terroristes algériens sur l’aéroport de Marignane. Dans ces cas, l’intervention était impérative. On en savait les risques. Ils étaient à prendre. Rien de tel pour les deux otages enlevés au Bénin.

4/ Hélas, on peut soupçonner le président Macron d’avoir saisi cette occasion pour faire un « coup » politique en se présentant comme le chef de guerre courageux sauveur de compatriotes en danger. D’où la mise en scène scandaleuse de cet avion « République française » filmé par toutes les télés convoquées atterrissant à Villacoublay et de ce président s’avançant au pied de la passerelle pour saluer les « héros ». Nous n’avons échappés au discours que parce que la polémique, déjà entamée, risquait de se retourner contre l’instigateur de ce mauvais scénario.

5/ Je rends hommage, évidemment, à nos deux soldats morts en service commandé. Ils étaient des militaires hors pair, des soldats d’élite d’un très grand professionnalisme et d’une valeur morale exceptionnelle. Ils étaient prêts à mourir pour la Patrie. Ils sont hélas tombés pour sauver deux coupables inconscients (qui, de mon point de vue, devraient passer en justice) partis en « voyage de noces » (ils forment un couple d’hommes) et pour permettre à un président de la république, au plus bas dans les sondages, de remonter un peu (si c’est possible ?) la pente de l’impopularité.

Bien sûr que l’hommage de demain aux Invalides est nécessaire et légitime. Toute la Nation doit y participer.

Mais quelle responsabilité pour ce président qui a envoyé ces soldats au casse-pipe, quelle honte pour ces ex-otages (même leurs mots prononcés à l’arrivée et préparés par les conseillers en communication de l’Elysée et du Quai d’Orsay qui les leur ont dictés dans l’avion sonnaient faux) !

Quel gâchis que ces vies brisées ! Quel scandale que tout cela ! Si seulement cela peut servir de leçon pour le futur, tout n’aura pas été perdu./.

Yves Barelli, 13 mai 2019                 

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 21:45

Passant du costume de télé-évangéliste au cours du « grand débat national » (entendez le « grand blabla » ou la « grande arnaque », au choix), avec ses heures passées un micro à la main au milieu des publics rassemblés pour écouter la bonne parole, à celui du « révérant- père Macron » délivrant ce soir son sermon de semaine sainte, empli de douleur et d’espérance, le président de la République a saisi opportunément la tragédie de l’incendie de Notre-Dame de Paris pour se défausser des annonces qu’il devait faire aux Français destinées à calmer la colère des « gilets jaunes » et de la majorité de nos concitoyens qui les soutiennent. Trois mois d’attente à « amuser la galerie » sans rien de concret, parce que, en fait, son dogmatisme et son asservissement à l’Union européenne lui interdisent de répondre à l’attente forte des Français. Le chef de l’Etat gagne encore au moins une semaine, sans doute plus, en jouant sur l’émotion populaire. Pourtant l’échéance viendra et Emmanuel Macron se révèlera pour ce qu’il est : le « président des riches ». Son seul atout est l’incapacité des oppositions à créer un front uni pour proposer une alternative à la politique dont les Français ne veulent plus, politique qui risque néanmoins d’être reconduite par vide en face. En attendant, passée la courageuse et efficace prestation hier soir des pompiers de Paris, on s’apprête à gérer de la plus humiliante façon la reconstruction de la cathédrale, par un appel à la « générosité » publique, y compris venue de l’étranger, comme si nous n’avions pas les moyens de financer l’opération. Monsieur Macron, rétablissez l’ISF (l’impôt sur la fortune) dont vous avez décidé d’exempter les plus riches en leur faisant dès le premier mois de votre mandat un cadeau de 4 milliards d’euro par an et vous aurez largement le moyen de réparer Notre-Dame sans abaisser l’Etat à solliciter la charité.

Ecrivant ce qui précède, loin de moi l’idée de sous-estimer la réalité et l’impact de la tragédie qui affecte l’un des plus beaux et symboliques fleurons du patrimoine et de l’âme française. Nous sommes tous attachés à Notre-Dame de Paris et notre cœur s’est serré hier soir en voyant les images terribles de l’embrasement du toit, formée par une charpente en bois de chêne datant du 12ème siècle,  et de l’effondrement de la flèche de près de 100 mètres de haut, œuvre de Violet le Duc au 19ème siècle. En voyant ces images, c’est une partie de nous-même, un symbole de la Nation qui est parti en fumée.

Mais même avec l’émotion encore vive, il est temps de se ressaisir. Les pompiers ont réussi à sauver l’essentiel : les tours ne se sont pas effondrées, les vitraux sont intacts, de même que le grand orgue et la plupart des œuvres d’art et reliques religieuses ont pu être mises en lieu sûr.

La structure de l’édifice est probablement fragilisée. Il faudra faire de grands travaux de consolidation, sécurisation et reconstruction de ce qui a été démoli. Les travaux devraient prendre cinq ans. C’est peu. Rien d’irrémédiable n’ayant été atteint, cette réfection est possible et on sait la faire. Ce n’est pas vraiment un problème. D’autres cathédrales ont été démolies ou endommagées : celles de Reims ou de Nantes par exemple. Un travail considérable et magnifique y é été fait et aujourd’hui, on ne voit pas la différence avec le passé. Notre-Dame elle-même a été réparée plusieurs fois au cours de ses près de dix siècles d’histoire.

Combien cela va coûter ? Ce n’est pas encore chiffré. Mais, à supposer même que cela atteigne 10 milliards d’euros (ce sera certainement moins), cela ferait 2 milliards par an. Une goutte d’eau dans le budget d’un pays comme la France. Deux fois moins que ce que rapportait l’ISF avant que Macron ne le supprime.

Alors, pas de gérémiades. La France a les moyens de cette reconstruction. Et puis, comme on dit, cela va « créer » des emplois. Dans un pays où il y a plus de 5 millions de chômeurs, ce n’est pas franchement une mauvaise nouvelle.

On doit surtout se féliciter qu’aucun pompier n’ait perdu la vie ou ait été sérieusement blessé. Ils ont risqué leur vie, on leur doit beaucoup et on peut espérer qu’ils seront récompensés (eux aussi souffrent du gel des salaires des fonctionnaires et de la raréfaction des moyens donnés aux services publics : on ne se souvient de l’utilité du service de l’Etat, c’est-à-dire de la collectivité, c’est-à-dire de chacun d’entre nous, que dans des cas comme celui-là).

Donc seulement des dégâts matériels réparables. Et un pays qui a les moyens de les réparer. Rien à voir avec une tragédie, tels des tremblements de terre ou des inondations, qui, parfois, tuent des centaines de personnes. L’incendie de Notre-Dame est un évènement grave. A l’échelle du temps, c’est presque un non-évènement. N’en rajoutons donc pas dans la lamentation, sans doute utilisée pour nous éloigner des vrais problèmes.

Interrogeons-nous plutôt sue les baisses des crédits alloués au ministère de la culture pour entretenir le patrimoine (ce qui incite Stéphane Berg, qui a une mission bénévole méritoire sur la question, à lancer une loterie pour financer l’entretien du patrimoine ! Une honte dans un pays qui, pourtant, ne manque pas d’argent : on trouve les milliards pour faire des cadeaux aux entreprises et aux riches contribuables, ou pour entretenir des migrants qui entrent illégalement chez nous, ou pour construire des ronds-points inutiles, mais, pour le patrimoine ou la culture, témoins irremplaçables de notre identité : walou !).

L’enquête déterminera sans doute comment un feu de cette ampleur a pu démarrer et se propager aussi vite et quelles sont les responsabilités probables : difficile de croire  qu’un tel évènement n’est dû qu’à la « fatalité ». Et si cela était en rapport avec la baisse des crédits alloués à la réfection des monuments (ND était en travaux depuis assez longtemps) ? Je n’en serais pas surpris. Mais ne nous emballons et attendons le résultat de l’enquête en espérant qu’elle sera sérieuse.

Quant au financement des réparations, permettez-moi de marquer ma réprobation. Il existe un budget de l’Etat. Il est alimenté par nos impôts. Ceux qui l’acquittent honnêtement (la question des exilés fiscaux et des exemptions fiscales devrait être soulevée) font preuve de solidarité. Nous payons des impôts et on doit attendre, en retour, des services publics et des financements collectifs. La réparation de Notre-Dame doit entrer dans ce cadre.

Faire appel à la générosité publique, y compris venue de l’étranger, n’est pas digne de l’Etat français. Nous devrions en tout cas avoir à cœur de financer les travaux tout seuls. En appeler à l’étranger me parait indigne. Que le Népal l’ait fait pour ses magnifiques temples détruits (bien plus que Notre-Dame) par le tremblement de terre qui a frappé ce malheureux pays en 2015, c’est normal. Que la France mendie une aide pour réparer la cathédrale de sa capitale, c’est indigne et humiliant. Il est vrai que venant d’un pouvoir qui veut vendre l’aéroport de Paris aux Chinois après avoir privatisé les autoroutes, on peut s’attendre à tout. Viendra-t-il un jour où ils vendront la tour Eiffel et, pourquoi pas, Notre-Dame de Paris ?

J’espère que nous réagirons avant en nous débarrassant de ce système scandaleux et immoral qui s’appelle le capitalisme mondialisé./.

Yves Barelli, 16 avril 2019

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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 22:26

Les manifestations et défilés des « gilets jaunes » du 19 janvier, le dixième samedi consécutif depuis le 17 novembre, nouveau point fort d’une mobilisation permanente concrétisée partout en France par des occupations de ronds-points, de barrières de péages d’autoroutes et d’autres formes de contestation laissées à l’appréciation et à l’imagination des participants, marquent une nouvelle étape dans cette forme originale de contestation du pouvoir hexagonal. Ce mouvement continue de bénéficier, selon les sondages, de l’appui d’une majorité de Français. En face, le président Macron tente de reprendre la main en organisant un « grand débat national », qui laisse sceptique ou hostile les trois-quarts (selon les sondages) de nos compatriotes mais dont le principal objectif est de remobiliser les rangs de la minorité qui continue de soutenir un pouvoir largement discrédité. Le mouvement populaire anti-Macron perdure donc et se structure mieux mais il manque encore un véritable prolongement politique car sans la constitution d’un front commun de forces politiques proposant un programme de gouvernement alternatif, il serait illusoire de ne s’en remettre qu’aux initiatives spontanées de la rue et des ronds-points, aussi massives, généreuses et sympathiques soient-t-elles.

1/ La mobilisation du 19 janvier a été mieux structurée et préparée, en particulier à Paris où les organisateurs (au départ, toujours des initiatives spontanées lancées par internet) avaient déposé auprès de la préfecture de police des itinéraires de défilés, notamment une boucle de 15 kilomètres au départ de l‘esplanade des Invalides (à proximité de l’Assemblée Nationale et de nombreux ministères, dont celui du Premier Ministre, et en face des Champs-Elysées). Plusieurs milliers de participants derrière des banderoles techniquement mieux préparées que d’habitude reprenant les revendications apparues depuis deux mois (augmentation du pouvoir d’achat, arrêt du matraque fiscal des Français ordinaires, rétablissement de l’impôt sur le fortune pour les plus riches, établissement du principe de référendums d’initiative citoyenne, etc). Des manifestations similaires partout en France. Pour la première fois, des services d’ordre des gilets jaunes avaient été mis en place.

2/ Mis à part quelques débordements ici ou là dus à la nervosité de participants ou à celle des forces de l’ordre, les cortèges ont été pacifiques, ce qui a contrasté avec les affrontements violents des manifestations précédentes.

3/ Pourquoi ce répit ? Par intérêt mutuel tant des gilets jaunes que du pouvoir.

Les scènes de violence, abondamment montrées par les télévisions, si elles se sont révélées utiles (on aurait beaucoup moins parlé de la contestation en France et, plus encore, à l’étranger si les images spectaculaires de « casse » et même de chaos dans les rues de Paris n’avaient été montrées et sans doute le pouvoir macronien, retranché dans un mutisme arrogant pendant un mois, n’aurait-il pas fait les concessions qu’il s’est finalement résolu à faire s’il n’avait eu affaire qu’à des défilés pacifiques : il faut évidemment condamner par principe les violences et les bris de vitrines et de mobilier urbain mais soyons réalistes : lorsqu’on se heurte à un pouvoir violent, l’usage de la violence devient légitime et même nécessaire), ont fini par émousser le soutien des Français les plus « tièdes » aux gilets jaunes (on est passé de 85% d’approbation à un peu moins de 60%).

De son côté, le pouvoir a compris que les violences policières (il y a déjà eu plus de blessés qu’en mai-juin 1968, sans compter les décès accidentels sur les ronds-points), bien que présentées comme riposte aux « casseurs », risquaient de lui retomber dessus comme un boomerang : l’utilisation disproportionnée de gaz lacrymogènes et de canons à eau contre des femmes et des retraités et, surtout, l’utilisation sans discernement par des policiers et des gendarmes peu formés à leur utilisation d’armes violentes non létales, les canons à flash-ball, qui ont occasionné plusieurs dizaines de blessures graves (perte d’œil ou mâchoires fracassées) alors que ces armes étaient sensées ne pas être tirées à bout portant et aux visages, a commencé à entrainer un début de polémique dont la conséquence est le retournement de l’image des forces de l’ordre (qu’on avait plus ou moins réussi à présenter comme des victimes des « casseurs »).

Ces raisons convergentes expliquent le caractère globalement pacifique des rassemblements du 17 janvier.

4/ Toujours est-il que le mouvement des gilets jaunes continue, qu’il ne faiblit pas et même s’amplifie.

5/ Une ambiguïté quant aux revendications doit néanmoins être constatée.

Rappelons que, au départ, il s’agissait de protester contre l’intention (déjà actée dans le budget pour 2019) d’augmenter fortement le 1er janvier les taxes sur les carburants sous le fallacieux prétexte de lutter contre le réchauffement climatique - d’ailleurs contesté par certains experts - et de participer à la soit disant « transition écologique ». Nul n’a été dupe des vraies raisons de ce matraquage fiscal : alimenter les recettes budgétaires dans le même temps où elles baissaient du fait de « cadeaux » faits aux plus riches (ISF, moindre taxation du capital, CICE, avantages divers aux actionnaires), tout cela en cohérence avec les directives et la philosophie de l’Union européenne selon lesquelles les salaires, les retraites et la protection sociale constituent un coût à minimiser tandis que tout avantage donné aux capitalistes serait bon pour l’économie et les gens (selon cette théorie fumeuse du « ruissellement » selon laquelle les « cadeaux » aux riches profiteraient aussi indirectement aux pauvres).

Si la mobilisation du 17 novembre (à l’appel d’anonymes sur internet) a été aussi massive, c’est que les augmentations prévues des taxes sur les carburants ont constitué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase d’un mécontentement latent et profond de la majorité des Français qui s’estiment victimes de la politique de Macron, si justement surnommé le « président des riches ».

On s’est alors aperçu (les gens normaux qui ont les pieds sur terre et non dans les étoiles de la « mondialisation » le savaient et certains le disaient, dont moi sur ce blog, mais les autres,  ceux de la soit disant élite auto-proclamée, ces gagnants du système qui méprisent tous les autres, les « ringards », les « culs-terreux » des petites villes et des campagnes, les « nostalgiques » d’un monde à leurs yeux « révolu », c’est-à-dire ceux qui croient encore en la France et qui souhaitent la valoriser et la protéger des prédateurs du capital mondialisé et de la masse d’immigrés refusant de s’assimiler à notre nation, ne le voyaient pas) que la majorité des Français ne se laissaient plus « tondre » comme avant et que ce mouvement de refus était profond et sans doute durable.

Des milliers de gilets jaunes ont spontanément décidé de ne pas rentrer chez eux le soir du 17 novembre. Ils ont commencé à occuper des ronds-points et à s’attaquer aux symboles des machines à « fric » à vocation d’engraisser l’Etat ou les actionnaires des sociétés d’autoroutes en occupant ou détruisant les postes de péage et les radars installés au bord des routes (les deux-tiers auraient été mis hors d’usage). Ce mouvement dure maintenant depuis deux mois.

Peu à peu, on est passé de la protestation anti-taxes sur l’essence à des revendications bien plus larges : hausse du SMIC et des retraites, refus de la CSG (taxe parafiscale sur les retraites), mais aussi (et cela est apparu fin décembre) exigence d’un fonctionnement radicalement différent du système politique avec une participation des citoyens non limitée aux élections, notamment sous la forme de référendums d’initiative citoyenne aboutissant à la modification, voire l’annulation de lois décidées par le parlement (et modification aussi du système électoral par l’instauration de la proportionnelle, tant le parlement actuel est illégitime car non représentatif des Français). Tout cela accompagné du slogan, let-motif de tout rassemblement, « Macron démission ».

6/ Tout cela est positif. Est-ce suffisant ? Sans doute pas.

Dans un souci compréhensible d’unanimité, les sujets les plus sensibles de la société française sont peu et même souvent pas du tout abordés, notamment l’immigration, l’islam, l’appartenance à l’Union européenne. 

Sur le premier point (immigration, islam), il est intéressant de constater que les gilets jaunes sont quasi exclusivement des « Blancs » Français de souche, des gens aussi qui sont salariés (avec des petits salaires ou des retraités) mais pas des assistés. Ce n’est pas un hasard : il y a certes des immigrés qui travaillent mais la proportion chez eux des assistés est considérable.

Géographiquement et sociologiquement il y a trois France : celle des quartiers résidentiels des « métropoles », Paris en tête, où habitent les tenants du capital et de la propriété et ceux, moins fortunés ou pas fortunés du tout, qui, grâce à des études longues, ont des professions relativement correctement rémunérés (cadres supérieurs du privé, hauts fonctionnaires, professions libérales) ; la seconde est celle des « banlieues », des cités HLM (où n’habitent plus que des immigrés car le communautarisme a fait fuir les autres), dont les habitants sont pauvres mais compensent cet état par l’aide sociale et l’économie parallèle ; la troisième catégorie est celle des petits salaires ou petites retraites, celle de ceux qui souvent doivent faire de longues distances pour aller travailler car ils n’ont pas les moyens de se loger dans les « beaux » quartiers et sont exclus des HLM (ils sont aussi exclus des transports et services publics car loin de tout).

C’est cette troisième catégorie qui forme les gilets jaunes et ceux qui les soutiennent : pas assez pauvres (ou ethniquement concernés) pour bénéficier d’une aide sociale conséquente, trop riches pour ne pas échapper à l’impôt, ils ont des difficultés pour vivre correctement et sont conscients qu’ils payent à la fois pour les capitalistes qui échappent à l‘impôt et pour les immigrés qui perçoivent les aides sociales souvent sans travailler.

Cela tout le monde le voit mais peu osent le dire sur les ronds-points. En France, on est inhibé dès qu’il s’agit de parler immigration, tant on a peur (à juste titre) d’être taxé de « raciste », ce qui tombe sous le coup de la loi. Sur l’Union européenne, le tabou commence à être levé mais on garde encore l’habitude de diriger son mécontentement sur le gouvernement sans toujours faire le lien avec Bruxelles (d’où émane pourtant l’essentiel de la législation). D’où l’ambiguïté des revendications sur les ronds-points.

La seconde ambiguïté concerne un éventuel prolongement politique du mouvement des gilets jaunes. Soutien à des formations politiques existantes et lesquelles ou création, sur le modèle de Podemos ou de Cinq Etoiles, d’un nouveau parti ?

7/ En tout état de cause, ou il y aura un prolongement politique au phénomène « gilets jaunes » (ceux qui y participent mais aussi la majorité des Français qui ont de la sympathie pour lui) ou on risque de graves désillusions lors de la prochaine élection présidentielle, la seule importante en France. En effet, si rien ne change, c’est-à-dire si n’émerge pas un front commun représentant une alternative, on risque la réélection de Macron en dépit de son impopularité record : un sondage (qu’il faut prendre avec précaution car une campagne électorale peut changer les choses) effectué en décembre donnerait à nouveau Macron vainqueur de Le Pen dans un deuxième tour de présidentielle. Cela est évidemment inquiétant et cela devrait inciter les dirigeants de l’opposition à se mettre enfin en mouvement.

8/ J’appelle fortement de mes vœux ce mouvement qui doit se faire en changeant drastiquement notre façon de penser et d’agir.

La situation actuelle de la vie politique française est en effet aberrante car on assiste à une sorte de panier de crabes où chacun passe plus de temps à essayer de détruire son voisin qu’à tenter d’agir de concert avec  lui.

Le clivage droite-gauche est, sinon périmé (être de droite ou de gauche, continue à avoir un sens, c’est une vision de la société et des rapports humains) du moins plus d’actualité car un nouveau clivage plus essentiel est apparu entre « mondialistes » et « souverainistes ».

Pour les premiers, les nations sont dépassées et nous devons vivre (par choix ou parce que contraints) dans un monde sans frontières. On trouve dans ces mondialistes deux catégories très différentes mais aux aspirations concordantes : les partisans du capitalisme pur et dur, donc non contrarié par l’Etat, à leurs yeux un frein nuisible ; un marché garanti par une Union européenne supranationale et par les traités multilatéraux de libre-échange constitue le cadre idéal à leurs aspirations ; le seconde catégorie est formée de gens de sensibilité de gauche (parmi eux, les « écolos » sont les pires car les plus dogmatiques) qui rêvent d’une humanité unie et généreuse débarrassée des nationalismes nuisibles et donc des frontières.

En face de ces « mondialistes », on trouve les « souverainistes » (que leurs adversaires qualifient de « populistes ») qui estiment que la nation est le meilleur cadre pour assurer un développement harmonieux car voulu et protégé tant économiquement et socialement par des frontières. Pour les souverainistes, un Etat « stratège » est le garant du progrès économique et social. Deux catégories aussi de citoyens forment le camp des souverainistes : des gens de tradition de droite qui croient au capitalisme mais qui estiment qu’il doit être encadré et planifié, qui croient aussi en la nation et ses valeurs ; en France cette sensibilité correspond à la tradition gaulliste. La seconde catégorie est formée de gens de sensibilité de gauche qui estiment que seul le cadre national peut permettre la mise en œuvre d’une politique de gauche (politique sociale, contrôle de l’économie par le budget, l’impôt, le plan et, dans certains cas, les nationalisations - la tradition gaulliste n’est pas hostile, non plus, à un secteur public fort).

On a donc une segmentation de la société en quatre secteurs, ce qui rend caduque le seul clivage gauche-droite et ce qui, par voie de conséquence, rend problématique l’émergence d’une majorité cohérente.

La réussite de Macron en 2017 est d’avoir dépassé ce clivage pour fédérer les mondialistes.

La victoire de Macron a désorganisé, évidemment, l’opposition, restée en grande partie sur les vieux schémas. D’où la difficulté actuelle des Républicains (droite traditionnelle) et des socialistes (gauche traditionnelle) à se développer et même à exister. Ces partis ayant été longtemps des partis de gouvernement, leur effacement laisse un vide comblé un temps par Macron, avant que ce dernier ne soit rejeté par le mouvement des gilets jaunes. Le résultat est catastrophique : un pouvoir rejeté mais qui, en l’état actuel des choses, peut se pérenniser car il n’y a rien en face qui constituerait une alternative.

9/ Que voyons-nous aujourd’hui dans l’opposition, ou plutôt les oppositions ?

Les Républicains sont divisés entre une tendance mondialiste et européiste (Juppé, mais aussi Pécresse, Bertrand et quelques autres ; certains ont déjà quitté le parti, d’autres sont en marge) et une autre davantage souverainiste (mais pas totalement car encore attachée à l’UE) autour de Wauquiez. Ce dernier attend peut-être son heure, mais, pour le moment, s’exprime peu, ce qui, forcément, le marginalise. Il continue à exclure toute alliance avec le Rassemblement National et continue à ignorer Debout la France (il n’est pas le seul ; il faudra sans doute attendre les européennes pour que les autres acceptent de fait qu’il est partie prenante, aussi, au jeu politique), sachant que s’il fait un pas vers les souverainistes, il perdra les autres.

Le Rassemblement National continue à s’estimer la seule alternance possible et continue à jeter l’anathème tant sur la droite traditionnelle (partie du « système ») que sur les « populistes » de gauche, c’est-à-dire la France Insoumise de Mélenchon, accusée d’avoir partie liée avec l’islamo-fascisme.

Ce dernier en fait autant vis-à-vis de Le Pen, à ses yeux, « raciste », « islamophobe » et, pour tout dire, « fasciste ».

Je ne parle même pas du PS, cliniquement mort (il ressuscitera peut-être un jour mais ce n’est pas encore le cas), ni d’autres forces trop minoritaires pour avoir de l’influence (Modem, « centristes », Philippot,  Asselineau, NPA et autres).  

Dans ces conditions, si on veut sortir la France de la situation dramatique dans laquelle elle est plongée (sur le court-terme la crise et, sur le plus long terme, la voie vers le déclin et le chaos), la seule solution est un accord de gouvernement entre forces politiques en apparence aujourd’hui opposées.

Je vois trois possibilités principales:

a/ Un accord de type autrichien : l’union de toutes les droites, Républicains, Rassemblement National et Debout la France. Wauquiez aura du mal à convaincre qu’il fera mieux que lorsqu’il appartenait au gouvernement de Sarkozy (son européisme est un autre inconvénient) ; Marine Le Pen continue à susciter dans l’opinion un rejet majoritaire qui rend improbable une victoire présidentielle. Dupont-Aignan pourrait être le fédérateur des droites et de quelques autres patriotes.

b/ Un accord de type italien : l’union entre « populistes » de droite et de gauche. Mélenchon et Le Pen ont des électorats sociologiquement comparables. Ils sont certes divisés sur l’immigration et l’islam et le combat « antifasciste » fait partie des gènes d’une certaine gauche. Une union entre la Ligue et Cinq Etoiles était encore improbable en Italie il y a à peine plus d’un an. Elle est devenue réalité et elle fonctionne bien. Sommes-nous plus bêtes que les Italiens ?

c/ Un accord du type tchécoslovaque de 1989 (la « Révolution de Velours ») : des citoyens de tous bords (gens de droite, communistes démocrates, etc) ont formé un « forum des Citoyens » qui a discuté avec le régime communiste et assuré une transition en douceur qui a permis la rédaction d’une nouvelle constitution, l’élection d’un nouveau président (Vaclav Havel, élu par le parlement existant, celui du régime communiste) et celle d’un parlement à la proportionnelle. Paradoxalement, il était peut-être plus facile de sortir du communisme que de réformer le capitalisme car à Prague, où tout le monde gagnait à peu près pareil, il n’y avait aucune revendication matérielle, mais on pourrait imaginer quelque chose de comparable en France avec l’élaboration d’un système politique plus représentatif par négociation entre le pouvoir et les oppositions. Macron l’accepterait-t-il ? Est-il foncièrement plus bête que les dirigeants communistes de la Tchécoslovaquie de 1989 ou le « système » l’empêchera-t-il de faire des concessions ? A voir.

Les trois possibilités me paraissent des pistes à explorer. Dans les trois cas de figure, les « gilets jaunes » pourraient jouer le rôle de catalyseur permettant à l’alchimie de fonctionner.

Certains vont sans doute me traiter de doux rêveur. Qu’ils s’intéressent aux expériences autrichienne, italienne, tchèque et à l’histoire de France. Ils verront que le propre d’une utopie est de fournir la base à ce qui peut devenir réalité

Et s’ils ne le voient pas, qu’ils ne s’étonnent pas de rester dans le même tunnel lors du prochain quinquennat. Macron fait le pari qu’il se trouvera à nouveau au deuxième tour de la prochaine présidentielle face à un « populiste » (de droite ou de gauche, peu importe), et que même ceux qui ne l’aiment pas se résoudront quand même à barrer la route à ce « populiste ».

Faisons en sorte que Macron se trompe./.

Yves Barelli, 19 janvier 2019

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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 17:24

Et revoilà donc les « fichés S », ces dix milles individus fichés comme « radicalisés » (entendez islamistes potentiellement dangereux), non poursuivis, totalement libres de leurs mouvements et même pas surveillés tant nos services de police sont dénués de moyens (on estime que pour surveiller efficacement quelqu’un laissé en liberté, il faudrait une dizaine de fonctionnaires de police) qui se rappellent à notre bon souvenir en passant à l’acte. Cette fois sur le marché de Noël de Strasbourg, avec l’un de ces « fichés », par ailleurs multirécidiviste pour délinquance « ordinaire », qui vient de tirer sur la foule, faisant au moins deux morts et une dizaine de blessés dont plusieurs en urgence absolue. Le cas d’espèce est tellement symptomatique du dysfonctionnement de nos sociétés soit disant démocratiques et de « liberté » (surtout pour les délinquants car la liberté, en premier lieu celle d’aller et venir en sécurité, des autres, les citoyens ordinaires, et plus encore des victimes, n’est pas garantie) qu’il mérite, une fois de plus (au risque de se répéter car la France et d’autres pays « démocratiques » commencent à avoir une longue expérience en la matière), quelques commentaires qui me paraissent de bon sens.

1/ L’assassin, qui, au moment où j’écris ces lignes (début d’après-midi du 12 décembre) court toujours, est un délinquant notoire, multirécidiviste, déjà condamné 27 fois (j’écris bien « vingt-sept fois », on croit rêver !) en France, en Allemagne et en Suisse pour divers délits, dont vols à main armée, violences aux personnes, port d’arme prohibé, trafics, etc). J’ignore combien de mois de prison il a effectivement purgé; sans doute peu au regard de son âge (29 ans) et de ses condamnations, puisqu’il était en liberté. Je note que dans n’importe quelle autre région du monde que cette terre de « super-liberté » (pour la racaille) qui s’appelle l’Europe Occidentale, cet individu serait « au fond du trou » pour le restant de ses jours. Pas seulement ces terres de « goulag », telles la Russie ou la Hongrie, (la Chine, nouveau paradis des capitalistes, curieusement, est moins critiquée), que dénoncent (à géométrie variable) nos « droits-de-l’hommistes » patentés, mais d’autres pays « démocratiques », notamment les Etats-Unis ou le Japon (voyez ce qui arrive au délinquant « en col blanc » Carlos Ghosn, qui va sans doute croupir longtemps dans les geôles du Japon).

Parcours typique des terroristes islamistes, ce délinquant s’est radicalisé « dans l’exercice de ses fonctions de délinquant », pourrait-on dire, puisque, peut-être pour enfin donner un sens à sa vie de minable, pour se racheter à ses propres yeux ou à ceux d’ « Allah », il est devenu subitement musulman pratiquant en ne retenant du coran (qu’il n’a probablement pas lu) que quelques débilités du genre « il faut tuer les mécréants » (certains y ajoutent aussi les « mauvais » musulmans, c’est-à-dire les pratiquants ordinaires d’une religion qu’ils veulent « de paix » ; il y en a, heureusement !), étant entendu que ces débilités cadrent tout à fait avec la conception débile de la vie qu’une « petite frappe » de « cité » peut avoir, c’est-à-dire le culte de la force, de la virilité et l’absence totale de valeur morale.

Depuis des années maintenant, nous avons affaire à ce genre de débile violent et criminel. Ils sont presque tous « connus des services de police », certains, comme le criminel d’hier en outre « fiché S », c’est-à-dire islamiste dangereux pouvant passer à l’acte à tout moment.

On les connait, on les redoute, on sait qu’on ne peut matériellement tous les suivre, mais on les laisse en liberté. Pourquoi ?

Pourtant, dans ce cas d’espèce (qui est le cas classique), on devrait avoir deux bonnes raisons d’enfermer ce genre d’individu. Pas seulement parce qu’islamiste dangereux (nous sommes en « guerre » contre cette idéologie dangereuse, c’est ce qu’on déclaré le président Hollande et l’ex ministre Colomb ; Macron, lui, ne s’est jamais exprimé sur la question ; il ne la connait pas, comme il ne connait rien à la France, se contentant de servir les intérêts de ses amis « riches »), mais aussi, tout simplement, parce que même un magistrat doté de capacités moyennes comprend, lorsqu’il n’est pas aveuglé par l’idéologie culpabilisante pour la société (selon laquelle, ce n’est pas vraiment le criminel qui est responsable mais la société qui l’a engendré), qu’un individu déjà condamné 27 fois est irrécupérable et donc passera nécessairement à l’acte à la première occasion.

2/ Une fois de plus, la liberté de circulation dans les pays Schengen facilite la fuite des assassins (celui de Strasbourg serait en Allemagne). Pas de contrôle aux frontières, c’est bien pour les touristes, ça l’est aussi pour les terroristes (qui peuvent non seulement fuir mais aussi acheter des armes, notamment en Belgique, « supermarché» de la « kalach » de l’Europe) et les trafiquants.

3/ Comme d’habitude, même sans partir à l’étranger, les terroristes sont assurés de trouver gite, couvert et cachette dans leur nombreuse grande famille et coreligionnaires des cités (où, on peut le comprendre, règne d’autant plus l’omerta et la solidarité qu’il y a aussi un sentiment d’impunité).    

4/ Notre pays est tétanisé par la peur de l’amalgame vis-à-vis de la « communauté » musulmane. C’est pourquoi, dès qu’il s’agit de crimes ou de délinquance « ordinaire », nos médias et nos politiques font assaut de prudence avant d’employer les mots de « musulman », « islamiste » et même « maghrébin ». On est habitué depuis longtemps aux euphémismes tels que « les jeunes des quartiers », que tout le monde doit traduire par « voyous » ou « délinquants arabes ou black».

Pour l’assassin d’hier, alors que l’origine maghrébine et musulmane ne faisait aucun doute, on a mis 24 heures (jusqu’à ce que le procureur s’exprime) avant de donne le prénom « Cherif », prénom arabe et musulman comme chacun sait. A la place, BFM-TV ou France-Info (ce sont les médias les plus représentatifs du « politiquement correct ») ont insisté lourdement sur le caractère « français » et « strasbourgeois » de l’individu dont on se doutait pourtant qu’il ne s’appelait ni Muller, ni Schmitt, ni Kuntz, ni Human.

J’ai noté aussi, et je crois que ce n’est pas un hasard mais une attitude délibérée, que BFM-TV a fait venir des spécialistes du terrorisme et de la délinquance à noms arabes et a cherché à interviewer sur place des témoins de cette ethnie. A croire que Strasbourg est surtout peuplé de « bronzés ».

Il faut aller sur des médias moins emblématiques (en tout cas un peu moins) du « politiquement correct » pour entendre un langage davantage en rapport avec la réalité. J’ai ainsi regardé ce matin sur « e-news », l’ancienne i-Télé, canal 16 de la diffusion hertzienne, l’émission « l’heure des pros », animée par Pascal Praud (je ne serais pas étonné qu’il soit un jour « remercié », comme le fut Eric Zemmour). Si vous pouvez voir cette émission en « replay », n’hésitez pas, vous apprendrez beaucoup de choses. Les invités de ce matin étaient très bons, notamment Gérard Careyrou (je ne suis pas toujours en accord avec ses commentaires, mais, là, il a parlé très « vrai »), Georges Fenech, Mohamed Sifaoui (cet expert est dans le collimateur des islamistes ; il a souvent reçu des menaces de mort et doit être protégé : on en est là en France, où la liberté d’expression est menacée par des criminels sûrs de leur impunité) ou encore cette jeune femme algérienne particulièrement courageuse Zineb el Rhazaoui, (je l’ai entendu lors d’une émission précédente se déclarer « athée » - ceux qui le font risquent d’être assassinés – et s’étonner de la complaisance en France vis-à-vis de l’islam et de l’islamisme – il serait bon de rappeler que l’Algérie a été frappée par la subversion islamiste et son terrorisme qui a fait 100 000 morts dans les années 1990 ; il est triste que ceux qui ont fui les menaces en Algérie retrouvent pire en France ; le paradoxe est que je me sens davantage en sécurité en Algérie et, plus encore, au Maroc, où on n’a aucune complaisance vis-à-vis des « barbus », qu’en France, où ils sont comme des poissons dans l’eau).

Mais ce type d’émission est minoritaire, même sur e-news. Il faut en effet rappeler, ce que d’aucuns font semblant d’oublier, que notre pays est tout sauf pluraliste en matière d’information. Parmi les grands organes d’information radio-TV (la presse écrite n’a, désormais, plus qu’une influence marginale), la concentration est maximale : les télés et radios du « service public », de plus en plus contrôlées par le pouvoir politique, sont devenues les porte-voix du « système » (France-info battant les records) ; elles n’ont plus rien, désormais, de « service public » (pourtant payé par nos impôts) ; BFM-TV appartient à un capitaliste franco-israélien (ce qui explique sans doute la surreprésentation des journalistes juifs sur ce média ; cela ne me gêne pas mais apporte un biais lorsqu’on évoque le conflit israélo-palestinien) par ailleurs propriétaire de la téléphonie SFR et de deux hebdos politiques, Le Point et l’Express ; LCI et TF1 sont la propriété de Bouygues et e-news, comme Canal+, de Bolloré (vu les intérêts considérables de ce capitaliste en Afrique, on comprend sa prudence à ne pas heurter les « sensibilités » maghrébines et africaines).

Cette concentration de l’information dans un petit monde médiatico-politique qui a ses quartiers généraux dans le triangle d’or de l’ouest de la capitale (ces gens-là ne franchissant le périphérique que pour aller à Neuilly ou aux aéroports, on comprend qu’il ne connaissent rien à la « province » et que pour eux les gilets jaunes sont des sortes d’extra-terrestres – avez-vois remarqué la condescendance de beaucoup de journalistes qui s’adressent à eux comme à des enfants ?), pose un problème en soi.

S’agissant du traitement de l’information qui concerne la « communauté » musulmane et de ses avatars l’islamisme et la délinquance, on touche carrément à la désinformation (il suffit de regarder, comme je le fais de temps en temps, les télévisions étrangères, par exemple l’espagnole ou la tchèque, qui ne pratiquent pas l’autocensure comme la française, pour voir la différence ; je vous conseille aussi de regarder la chaine, en français, disponible sur internet, « Russia Today », que vous trouvez sur le moteur de recherche à « RT-France », pour avoir des infos qu’on ne trouve jamais sur les chaines institutionnelles, notamment s’agissant de l’euro ou de la Syrie).

Ceux qui s’imaginent qu’il suffit de mettre la poussière sous le tapis pour se rassurer quant à la délinquance musulmane et le terrorisme islamiste ne devraient pas s’étonner de la répétition des actes terroristes (spectaculaires, terribles mais peu nombreux) et de la délinquance et des incivilités « ordinaires » (moins dramatiques mais quotidiennes et qui nous pourrissent la vie).

5/ Le traitement de l’actualité par les chaines d’information en continu pose une autre question, celle de l’utilité ou non en l’occurrence de la censure. Je n’ai pas la réponse. D’un côté, il est utile d’être informé (et si la répétition de quelques débilités du genre « vous avez eu peur en entendant les coups de feu ? » nous indispose, on n’est pas obligé de regarder ; reconnaissons que les journalistes font un travail pas facile lorsqu’ils sont sur le terrain). Mais de l’autre, on sait que la médiatisation garantie compte beaucoup dans la motivation d’un passage à l’acte d’un terroriste et que, en en faisant des « héros », ils en suscitent d’autres par mimétisme. Au minimum, je suggèrerais d’interdire (par une loi) de montrer des images des criminels afin de ne pas en faire les héros des loubards des cités                           

6/ Cette nouvelle affaire terroriste vient à point nommé pour Macron et son gouvernement, enfin délivrés du tout-info « gilets jaunes » (attention, qu’on n’interprète pas mal mon propos  ; je ne dis absolument pas que cet attentat a été organisé par le pouvoir).

Peut-être aussi que cela va donner une porte de sortie honorable pour les gilets jaunes. J’ai écrit sur ce blog lundi que ce qu’a « lâché » Macron était très faible (et, quand le lendemain, on en a appris plus sur la « manip » du smic, encore plus faible ; en fait, des miettes), mais que, selon moi, la poursuite du mouvement dans sa forme actuelle était vouée à l’échec et qu’il convenait, au contraire, de passer à la dimension supérieure, c’est-à-dire le combat politique. Il est prématuré de savoir si les  gilets jaunes vont suspendre le mouvement. Les premières réactions semblent à la poursuite. On verra, notamment samedi, « acte V » en principe de l’action. Il n’est pas impossible qu’il soit ajourné.  On en reparlera./

Yves Barelli, 12 décembre 2018            

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 22:28

Service minimum mais service quand même ! Hausse du smic de 100€ net « sans coût pour l’employeur » (on peut donc penser que des baisses de charges compenseront la hausse), suppression de l’augmentation de la csg pour les retraites de moins de 2000€ mensuels, défiscalisation des heures supplémentaires. C’est loin de l’attente mais ce n’est pas rien (on parle d’un coût budgétaire de 10 milliards). C’est en tout cas plus que ce qu’on avait laissé entendre quelques heures avant l’allocution de ce soir. Est-ce de nature à « calmer » le mouvement des « gilets jaunes » ? Pas sûr ! La perte totale de confiance des Français dans Macron est telle que ces annonces, pourtant non négligeables même si elles sont en-deçà de l’attente, suscitent le plus grand scepticisme au vu des premières réactions.

A ces mesures s’ajoutent un catalogue de bonnes intentions quant à l’écoute des Français, à une meilleure représentation des citoyens (on peut penser qu’on ira vers une modification du système électoral en introduisant, enfin, au moins un peu de proportionnelle, mais combien?) et une marche vers un « nouveau pacte social ». Là-dessus, je serai, ainsi que l’immense majorité des Français, échaudés par le mépris et la duplicité de Macron, comme saint-Thomas : j’attends de voir, en espérant que le pouvoir ne tentera pas de reprendre d’une main ce qu’il a lâché de l’autre.

En résumé, le président a-t-il convaincu et a-t-il réussi à donner l’apparence de la sincérité ? La réponse est évidemment non. Nous n’avons plus confiance dans l’homme. Il peut toujours parler. Nous sommes bien obligés de l’écouter mais nous ne croyons ce qu’il dit que quand il en donne la preuve concrète. Son bla-bla ne nous intéresse pas. S’il lâche effectivement ses 100€ de plus pour le smic (qui devrait donc passer à peu près à 1250€ mensuel net), ce sera mieux que rien, mais qu’il n’attende pas des remerciements des intéressés qui vont certainement considérer que le président a reculé contraint et forcé.

Sera-ce suffisant ? Non. Il ne rétablit pas l’impôt sur la fortune, exigence-phare des gilets jaunes à la forte charge symbolique. Il ne touche pas aux hausses de csg pour les retraites moyennes et plus fortes. Pas non plus d’augmentation du minimum vieillesse ou de l’allocation d’handicapé. Rien pour les fonctionnaires, au « point d’indice » toujours bloqué. Pas d’indexation des retraites sur l’inflation. Etc.

Les gilets jaunes et ceux qui les soutiennent ne sont donc pas satisfaits. Sur les ronds-points, on décidera de la suite ou non du mouvement et de la « manif » de samedi prochain.

Je souhaite que les gilets jaunes décident collectivement et dans l’unité de lever les barrages dès cette semaine en fêtant la victoire obtenue dans la convivialité et en conservant une mobilisation d’après-mouvement (par exemple en posant les jalons de ce qui pourrait devenir une formation politique adéquate (style Cinq Etoiles italien), avec, peut-être, des candidats aux « européennes » du printemps.

Si les jusqu’au-boutistes devaient entrainer le maintien de barrages et de manifs, ce serait suicidaire : les ronds-points ne seraient alors encore occupés que par des poignées de gilets jaunes, délogés les uns après les autres par les CRS dans l’indifférence générale (les TV passeront à autre chose et la Noël n’est pas propice aux mobilisations). Et ceci, rappelons-le, parce que c’est malheureusement la réalité, en l’absence d’alternative politique immédiate (les leaders de l’opposition ne sont pas plus populaires que Macron). La victoire se transformerait alors en défaite. J’espère qu’il n’en sera pas ainsi.

En tout état de cause, je maintiens mon appréciation de ces derniers jours (y compris l’article que j’ai mis en ligne ce matin) : Macron a été contraint de reculer, il a enfin écouté ceux, dans son entourage, qui ont plus le sens politique que lui et il a enfin lâché du lest. Il n’empêche : je crois que la confiance ne sera jamais plus rétablie. Macron n’aura été qu’un météorite, déjà en train de s’éteindre. Politiquement, il est déjà mort. Le « système », lui, est toujours là. Sans doute a-t-il déjà commencé à rechercher quelqu’un de plus présentable que celui qu’il a porté au pouvoir l’année dernière (faute de mieux : ils avaient plutôt choisi au départ Juppé, que l’âge et l’allure un peu plus avenante rendaient moins antipathique que le Juppé antisocial « droit dans des ses bottes » d’il y a vingt ans).

Rien n’est évidemment fini et des rebondissements ne sont pas à exclure, mais, en tout état de cause, le président a dû manger son chapeau et la fin de son quinquenat (s’il le termine) n’aura rien à voir avec son début.

Je vois notamment deux faits intéressants :

a/ Macron se voulait le champion des « européistes » face aux « populistes ». Il doit maintenant ravaler sa morgue et sa prétention. L’effacement du Français arrogant est concomitante avec l’effacement du « pilier » de marbre désormais bien fêlé Merkel (dont le gouvernement de coalition n’est même pas assuré de passer le cap de l’hiver). L’heure est désormais à la reprise du pouvoir par les peuples, à ceux que les médias nomment encore « populistes », terme en passe désormais d’être une gloire et non une infamie. Salvini et Orban vont avoir le vent en poupe et je m’en réjouis. Le Pen pourra en tirer profit dans leur sillage.

b/ La « République en marche » désormais en marche arrière vers le néant dont elle n’aurait jamais dû sortir, va libérer un espace. J’appelle de mes vœux une union dans le cadre de ce que j’ai appelé dans un article précédent un « forum des citoyens » de tous ceux qui veulent sauver notre nation du déclin et de la soumission au capitalisme mondialisé concrétisé par l’Union européenne. J’espère que nos politiciens mettront enfin de côté leurs ostracismes respectifs ridicules et que nous pourrons avoir une solution de type autrichien (Wauquiez + Le Pen) ou italien (Le Pen + Mélenchon). Ce dernier cas de figure peut encore apparaitre utopique. Cela l’était aussi en Italie il y a un an. Qui aurait parié que la Ligue et Cinq Etoiles gouverneraient ensemble et que leur union serait pérenne (pour le moment elle l’est, avec de très bons sondages) ?

Il est vrai qu’il y a des désaccords, et même des philosophies différentes entre les uns et les autres, notamment sur l’Europe et l’immigration. Cela ne devrait pas empêcher de faire un bout de chemin ensemble. En Europe, il n’y a à peu près qu’en France, à cause du système électoral qui donne des majorités homogènes mais artificielles et intrinsèquement fragiles (ailleurs on a des crises gouvernementales, chez nous, c’est la rue qui doit arbitrer), qu’on a  des gouvernements monochromes. Notre pays a besoin de retrouver une vie publique plus civilisée et plus apaisée (même si elle ne peut jamais l’être totalement).

Merci en tout cas aux gilets jaunes d’avoir, grâce à leur abnégation (ces milliers de braves gens qui ont passé du temps sur les ronds-points rendent plus optimistes sur la nature humaine et sur la capacité des Français à redresser la tête quand tout semble perdu), permis de poser la problématique française en des termes nouveaux Tout n’est pas perdu. Tout dépend de nous tous.

Joyeuses fêtes à tous./.

Yves Barelli, 10 décembre 2018                    

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