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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 11:14

Cet article sera très court. Les faits dont je vais vous parler sont tellement symptomatiques du dysfonctionnement de notre système qu’ils se suffisent à eux-mêmes sans même avoir besoin de commentaires  

1/ Le consortium chinois qui est majoritaire dans l’aéroport de Toulouse, privatisé en 2015, met déjà en vente ses parts, achetées 300 millions d’euros, au prix de 500 millions ; après les autoroutes, voici donc une nouvelle machine à « cash » destinée à engraisser les capitalistes (même pas français en l’occurrence) au détriment du citoyen-contribuable, auparavant propriétaire de l’aéroport et des autoroutes avant les privatisations.

2/ Les heureux travailleurs qui avaient la chance de travailler en Suisse et la malchance d’avoir perdu ensuite leur emploi sont indemnisés une fois chômeurs non par la Suisse mais par la France et comme les salaires sont beaucoup plus élevés en Suisse qu’en France et que les indemnités de chômage sont calculées sur le dernier salaire ils touchent en moyenne très nettement plus que les chômeurs français de même qualification. A Annemasse (Haute Savoie), 45% des chômeurs inscrits à pôle emploi ont travaillé en Suisse. Ce petit jeu coûte à la France plus de 400 millions d’euros par an. Il parait que les Suisses ne veulent rien entendre. Alors nos « européistes » envisagent une action « européenne ». Manque de chance l’Allemagne et le Luxembourg, qui ont beaucoup de travailleurs français, ont la même position que la Suisse. Tiens, Macron a « oublié » d’inscrire ce point dans le traité qu’il vient de signer avec Merkel à Aix-la-Chapelle (mon article d’avant-hier) !

Autrefois, la France avait une voix qui portait : quand de Gaulle a voulu en finir avec les privilèges fiscaux des Français résidant à Monaco, pour mieux « convaincre » la principauté, il a fait placer des douaniers et des policiers pour effectuer un contrôle renforcé de la frontière ; l’affaire a été réglée en trois semaines ! Aujourd’hui, on ne nous écoute même plus : le mois dernier, notre ministre des finances Bruno Lemaire a avoué devant la représentation nationale qu’il ne pouvait rien contre Ford, qui ferme son usine de Bordeaux (après avoir touché de fortes subventions), « on ne me prend même pas au téléphone », a-t-il précisé. C’est grand la France !             

3/ On pourrait ajouter à ces scandales, les réalisations d’équipements publics par des partenariats public-privé, qui consistent à faire construire l’équipement par le privé et ensuite à le lui louer au prix fort, solution extrêmement coûteuse (destinée uniquement à ne pas alourdir tout de suite la note de l’investissement pour rester dans les « clous » des critères de Maastricht imposés par l’UE) car elle gonfle considérablement la facture sur le long terme comme un gamin de CE1 le comprendrait aisément. Les exemples se multiplient : la ligne TGV Poitiers-Bordeaux, le stade Vélodrome à Marseille (quelques autres aussi, je crois), mais aussi le ministère de la Défense Nationale (un comble : l’Etat n’est plus capable de construire lui-même ses ministères ! Et quid de la sécurité ? La Défense, ce n’est pas n’importe quoi ni n’importe comment, es-t-on sûr de la confidentialité du constructeur privé ?). Aux dernières nouvelles, la municipalité Gaudin de Marseille envisagerait de construire ou de rénover ses écoles par ce biais pour un coût de près d’un milliard d’euros qu’ils faudra rembourser au prix fort, grevant un peu plus le budget de la cité phocéenne, l’une des villes où les impôts locaux sont les plus élevés.

Et je ne rappelle même pas les indemnités y compris de chômage et autres allocations versées à des étrangers arrivés en France depuis peu et qui sont sans travail en appliquant le principe selon lequel un étranger résidant chez nous a les mêmes droits sociaux que les Français dès son installation ; dans d’autres pays, un étranger qui n’a plus d’emploi perd aussi, après un bref délai, son statut de résident et doit rentrer chez lui ; normal, non ? Au minimum, pourrait-on prévoir un délai de quelques années de résidence pour prétendre à toucher des « allocs » : « Debout la France » de Nicolas Dupont-Aignan propose dans son programme cinq ans de présence, ce qui parait raisonnable et reste généreux ; je crois que le Rassemblement National a une proposition dans le même ordre ; les Républicains y songeraient aussi. Mais pas le gouvernement actuel qui préfère taxer lourdement dans tous les domaines les Français qui travaillent en France – ceux qui se délocalisent n’ont pas cette contrainte comme vu plus haut -.

Je cite aussi pour mémoire ce que nous coûte (plusieurs milliards) l’accueil, le logement, la nourriture et le transport des immigrants en situation irrégulière. Et pourtant, certaines ONG voudraient traduire l’Etat en justice. Il parait que nous ne faisons pas assez ! A titre de comparaison, vous vous souvenez peut-être du cas de cette Française arrêtée l’année dernière sur une plage de la côte pacifique des Etats-Unis. Elle s’était égarée, parait-il, en faisant du jogging sur la plage en venant du Canada et elle a été prise sans visa américain à quelques centaines de mètres de la frontière. Résultat : trois semaines en centre de rétention, procès, libération et expulsion des Etats-Unis après avoir payé une forte amende : on ne badine pas aux « States » avec les clandestins. En l’occurrence, ce pays a un comportement commun à plus d’une centaine de pays dans le monde : c’est le laxisme de l’UE qui est l’exception, pas la règle.

Ces exemples sont loin d’être limitatifs. On pourrait en citer beaucoup d’autres.  

Vive la France généreuse et « bonne poire » ! Les « gilets jaunes », qui, eux, sont français et travaillent, ont raison d’occuper les ronds-points. La générosité pour les parasites et la rigueur pour les autres, ça suffit… Trop c’est trop !

Yves Barelli, 24 janvier 2019                                              

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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 22:54

L’année 2018 n’aura pas été banale pour notre pays et quelques autres. Centenaire de la fin de la première guerre mondiale : déjà de l’histoire. Cinquantenaire de mai 1968 en France et dans le monde, du Printemps de Prague et de l’été des tanks en Tchécoslovaquie, cinquantenaires peu célébrés car la génération qui les a connus est maintenant minoritaire et que le monde d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier. Et pourtant : on pensait la révolution définitivement morte dans un pays et un continent qu’on croyait devenus apathiques ; et voilà que des Français se sont dressés, ont revêtu des gilets jaunes et ont occupés ronds-points et Champs Elysées. Ils sont l’honneur de la France. Ils se sont dressés face aux gaz lacrymogènes et aux canons à eau et nous représentent, nous les 80% de citoyens qui voulons autre chose pour notre pays : une société plus juste face à l’injustice du capitalisme, un monde plus solidaire face à l’égoïsme érigé en institution.

Je ne sais ce que deviendra cette « révolution des gilets jaunes ». Le mouvement va peut-être s’étioler et s’éteindre, le soit disant « monarque républicain », « élu par effraction », zélé mais maladroit exécutant des banquiers, de l’oligarchie et de leur paravent bruxellois qui forment ce « système » totalitaire, inhumain et immoral qui nous opprime, va peut-être reprendre du poil de la bête : l’hydre-pieuvre peut encore reconstituer têtes et bras tant qu’elle n’est pas morte.

On verra. Je ne suis pas devin. Feu de paille ou flambée durable ? Les années en 8, qui dans  l’histoire ont le plus souvent été suivies par des années, parfois décevantes, telles cette contre-révolution d’après mai 68 ou cette « normalisation » tchèque de 1969, d’autres fois plus heureuses quand elles s’appellent Révolution française de 1789 ou Révolution tchèque de Velours de 1989.

La France plongeait depuis plusieurs années vers un néant qui semblait programmé. De  président en président, le pire, que l’on pensait avoir atteint, était suivi de pis encore : crépuscule chiraquien, suivi du ridicule « bling-bling» sarkozien et du néant hollandais avant de tomber plus bas encore avec un jeune président inexpérimenté mais arrogant issu de nulle part et, cette fin de 2018 le montre, en passe de retourner dans les ténèbres dont il n’aurait jamais dû sortir. Mauvais présidents ? Assurément. Mais les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent et sans doute ne méritions-nous pas mieux.

Internationalement déclassée (en termes de PIB, nous sommes tombés de la cinquième à la septième place et ce n’est pas fini), prenant ses ordres à Berlin sans même que les Français, pourtant héritiers des vainqueurs de 1918 et 1945, s’en offusquent, pas plus qu’ils n’éprouvent la moindre honte, au pays de Voltaire et de Victor Hugo, à désormais employer, ou essayer de le faire, à tout bout de champ un mauvais anglais qui écorche les oreilles de ceux qui savent encore qui était Dickens, la France semblait s’enfoncer inexorablement vers le destin de ceux, Grecs, Incas, Khmers d’Angkor ou gondoliers de l’ex Sérénissime République, qui, dans le meilleur des cas conservent la mémoire de la splendeur passée et, dans le pire, en ont perdu jusqu’au souvenir (cas de mes compatriotes du pays des Troubadours). La France menaçait de n’être plus qu’une terre de vendeurs de cartes postales et de tee-shirt illustrant l’antique douceur et le savoir-vivre déchus d’un peuple dont les touristes recherchent, sans vraiment le trouver si ce n’est par des reproductions factices, une « French touch », souvent en fait « made in China », du moins ceux des touristes amateurs de frissons qui osent braver les attentats terroristes, rares tout de même, et les incivilités, les petits larcins et la vulgarité, quotidiens ceux-là, de loubards de banlieue dont les Algériens d’Algérie disent qu’ils sont la « honte de l’Algérie » (et notre laxisme à leur égard, la honte de la France).

J’ai cru que cette décadence, cette chute vers le néant et ce déclassement étaient désormais le sort de mon pays et, piètre consolation, je me disais que j’avais de la chance d’être désormais à la retraite car cette France-là n’était plus celle que j’ai eu l’honneur et l’orgueil de représenter pendant des décennies sur tous les continents.

Et voilà que les « gilets jaunes » se sont levés et ont crié « assez d’humiliations », « assez de mépris », « assez de cette oligarchie prétentieuse ». Ils se sont installés dans le froid des petits matins bretons, normands ou occitans, dans l’admiration et la solidarité du peuple de France, encouragés par les coups de klaxon, les gâteaux et les boissons déposés par d’autres anonymes. Et avec eux, nous avons dit : « ça suffit », « Macron démission », « référendum citoyen » et, « vous d’en haut qui êtes une parodie de France, celle de la pacotille mondialisée, la France d’en bas vous méprise, parce que la vraie France, c’est nous, celle qui veut encore rouler au gazole, qui chante Brassens ou Brel, qui défile derrière un drapeau tricolore, au besoin accompagné d’un drapeau breton ou occitan, qui est ancrée dans nos terroirs à l’ombre des clochers, qui veut sa crèche dans les mairies parce que, même athées, nous tenons à nos racines chrétiennes, qui préfère Pastis et Calva au whisky et au thé à la menthe, et qui n’en a rien à faire de vos élucubrations de gauche-caviar et de droite foie-gras ».

Cette insurrection des gilets jaunes, qui étonne et fait des envieux (je l’ai constaté) chez nos voisins, ne sera peut-être été qu’un feu de paille mais il nous a réchauffé le cœur.

Mais je ne crois pas que ce feu va s’étendre. Il va peut-être prendre d’autres formes mais les braises sont si chaudes que le feu redémarrera à la première occasion.

La capitalisme mondialisé est au bout d’un cycle. Les experts constatent qu’il n’a pas compris la leçon de la crise de 2008 (encore une année en 8 !) et disent qu’une nouvelle crise est inévitable. En 2019 ? Plus tard ? Mais sans doute pas dans très longtemps.

Les peuples ont commencé à se prendre en mains. Ce que dans sa morgue la soit disant élite mondialisée, celle qui s’exprime par exemple sur France-info, nomme avec mépris le « populisme » (mot qui contient celui de « peuple », qui fait si peur aux ex socialistes bobos parisiens à la Hidalgo, aux sans-patrie à la Valls ou aux européistes soit disant « modérés » à la Juppé), est en train de triompher dans un nombre croissant de pays, dans sa diversité, assurément, et ses contradictions, sans doute. Brexit, élection de Trump (pas tout bon, mais bien meilleur que ce que nos médias en disent, et qui, c’est déjà une qualité, leur fait peur), magnifique victoire des « populistes » italiens (de gauche et de droite), pérennisation des victoires des peuples de l’Est qui retrouvent la dignité que le capitalisme leur avait ôté et qui, tranquillement et patiemment, édifient en Russie, en Pologne, en Hongrie, en Tchéquie et ailleurs des sociétés débarrassées des « oligarques » à la solde de Wall Sreet et protégées de la subversion et de la régression musulmanes, coalitions prometteuses aussi à Copenhague, à Helsinki, à Berne ou à Vienne, elles aussi avec la volonté de se protéger, promesses de changements en Allemagne, espoir aussi chez mes amis catalans qui méritent enfin d’être libres, à commencer par les neuf patriotes scandaleusement emprisonnés dans les geôles d’une Espagne qui a repris sa face des mauvais jours fascistes.

Rien n’est jamais assuré et le « vent de l’histoire » peut tourner. Mais, après les années de désespoir, désormais l’espoir est de retour.

Je souhaite une bonne année 2019 de bonheur et de convalescence à notre patrie française mais aussi, parce qu’on peut, et on doit, être internationaliste tout en étant patriote, à tous les peuples de la terre, à commencer par ceux de notre continent.

Les gilets jaunes sont sortis parce qu’il y avait un danger sur la route, celui du naufrage, de la panne, de l’accident à cause des chauffards de Paris, de Bruxelles et d’ailleurs. A nous, collectivement, de reprendre la route, cette fois dans la bonne direction.

Il y a un peu plus de 2000 ans, un pauvre enfant est né dans une crèche de Palestine. Sur nos ronds-points, l’esprit de Noël se perpétue. Souffrance d’aujourd’hui. Espoir d’un monde meilleur pour demain.   

Et comme on dit encore en Provence dans une langue pas tout à fait morte : « A l’an que vèn, e si siam pas mai, que fuguèm pas mens, e una bòna annado bèn granada e acompanhada » (à l’année prochaine et, si on n’est pas plus qu’on ne soit pas moins, et une bonne année fructueuse et accompagnée)./.        

Yves Barelli, 26 décembre 2018                                                

 

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 00:28

Je n’aime pas les cocoricos nationalistes du genre « mon pays est le plus beau » et « nous sommes les meilleurs ». Chaque peuple peut engendrer le meilleur et le pire. La France a souvent montré le pire. Mais elle est aussi capable du meilleur. C’est le cas aujourd’hui. La réaction des Français à la barbarie qui la touche et qui touche le monde est digne. Pas parfaite, mais digne, et je veux le souligner.

Ceux qui me connaissent ou qui lisent ce que j’écris savent que je suis d’ordinaire tout sauf complaisant pour la France, pour notre société et pour nos dirigeants. Alors, pour une fois, permettez-moi de mettre de côté mes critiques habituelles (pour cela je vous renvoie à mes autres articles) et de souligner, au contraire, ce qui fait ma fierté d’être Français.

1/ Notre armée et notre police sont parmi les meilleures au monde. Elles ne regorgent pourtant pas de moyens, compte tenu des restrictions budgétaires stupides qui les affectent depuis quelques années, sous Sarkozy, sous Hollande et même avant. Nos forces sont constituées d’hommes (et de femmes) qui ne recherchent pas l’argent et la gloire. Ils ne sont pas très bien payés et travaillent en général dans l’ombre.

Ils sont pourtant d’un très grand professionnalisme. Ils sont courageux et respectent les gens, même quand ils sont ceux qu’ils recherchent ou leurs ennemis. Regardez par exemple le travail cette semaine du RAID et du BRI, unités de la police spécialisées dans les missions à haut risque. Voyez aussi leurs équivalents de la gendarmerie, GIGN en particulier. Leur travail est sans bavure. Lorsqu’ils interviennent, il n’y a pas de dégâts collatéraux : les otages, lorsqu’il y en a, sont sauvegardés et les populations qui sont au contact de leur action sont préservées. Exemples récents : la neutralisation des terroristes mercredi à Saint Denis ou en janvier à l’Hyper-Cacher. Lorsque de telles actions sont menées à l’étranger, les morts à déplorer sont fréquentes. Par exemple aux Etats-Unis ou en Russie. Même le maintien de l’ordre se fait « en douceur » : plus d’un mois d’émeutes en mai 1968 et seulement deux morts accidentelles (par noyade dans la Seine), aucune victime lors de la « révolte des banlieues » en 2005. En 1968 quand les Etats-Unis ont connu des émeutes raciales, c’est par centaines qu’on a compté les morts. Je ne parle même pas du rétablissement de l’ « ordre » au Caire ou au Tibet. L’action de nos militaires se fait dans des conditions comparables. Au Mali, par exemple, nos soldats ont reconquis le nord du pays dans des conditions extrêmement difficiles sans victimes collatérales civiles.

Ce qui précède n’est pas tiré d’images de propagande fournies par le service d’information des armées ou du ministère de l’intérieur. J’ai vu les gendarmes d’élite à l’œuvre lorsque j’ai été en poste diplomatique en Algérie. Ils m’ont protégé dans des conditions remarquables.

2/ Nos autres services publics sont aussi remarquables. Ces jours derniers, on a vu à l’œuvre les pompiers, le SAMU, les médecins, les ambulanciers, l’ensemble du personnel médical, mais aussi tous ceux qui travaillent dans l’ombre pour assurer communications, infrastructures et services de toutes sortes. Je n’oublie évidemment pas les diplomates. Si les témoignages de solidarités affluent de partout, ils n’y sont pas étrangers.

Ceux qui crient à « trop d’Etat », « trop d’impôts », « trop de fonctionnaires » sont des irresponsables.

3/ Aujourd’hui que le danger se précise en France, on n’a jamais eu autant de volontaires pour s’engager dans l’armée et la police. Contrairement à ce que prétendent des esprits chagrins adeptes du ridicule « French bashing », le patriotisme, en France, cela existe toujours et on trouve toujours de nombreux Français volontaires pour risquer leur vie pour défendre leur pays et leurs concitoyens. Dans une société où on a autant d’ « exilés fiscaux », de patrons aux rémunérations et aux retraites chapeau scandaleuses et de « footeux » gagnant des fortunes sans même être capables de signer un autographe pour leurs supporters ou de chanter la Marseillaise, je trouve cela remarquable.

4/ Nous sommes frappés depuis des mois par des terroristes barbares qui agissent au nom de l’islam. Où sont les « ratonades » et les expéditions punitives contre certains de nos « concitoyens » indignes du pays qui les a accueillis et qui crachent sur la France ? Où sont les incendies de mosquées qui répondraient aux églises brulées ailleurs ? Il n’y en a pas. Peu de peuples gardent une telle maitrise en pareilles circonstances. Les ennemis intérieurs qui crient à tout bout de champ à l’ « islamophobie » et leurs complices bobos droits-de-l’hommistes (qui s’émeuvent moins des massacres de chrétiens en Orient) devraient avoir honte. Qu’ils passent nos frontières, même proches, et ils verront ce qu’est la xénophobie ou tout simplement la vengeance contre les crimes.

5/ La France se bat sur tous les fronts. Intérieurs comme extérieurs. Nos troupes sont engagées sur de multiples théâtres d’opérations. C’est en grande partie parce que nous y sommes que les terroristes viennent nous frapper. On ne constate dans ce pays aucun mouvement ni même réflexion tendant à demander à nos gouvernants de ramener les troupes à la maison pour qu’on nous fiche enfin la paix. Au contraire, nous faisons face. Nous ne nous laissons pas intimider. Le terrorisme ne nous fait pas reculer. Il nous encourage au contraire à persévérer.

6/ L’action de la France à l’extérieur contraste avec la lâche inaction de la plupart de nos « partenaires » européens. Et je mets ce mot entre guillemets parce que, en l’occurrence, nous sommes bien seuls. En Europe, il n’y a que trois pays qui se battent et qui acceptent de prendre des risques, pour leurs soldats sur les théâtres extérieurs et pour les populations civiles menacées par le terrorisme aveugle : la Russie, la Grande Bretagne et nous. Où sont les autres ? Où est Madame Merkel si prompte à donner des leçons et des ordres pour faire respecter les critères absurdes de Maastricht? Quant aux autres, malheureusement, ils ont abandonné toute ambition nationale. Ils préfèrent s’en remettre aux Américains pour protéger leur « sécurité » et aux Allemands leur « prospérité ». C’est leur droit. Chaque pays fait ce qu’il veut. Mais, en l’occurrence, je suis content d’être Français. Je me sentirais mal à l’aise dans une autre nationalité.

Les Etats-Unis ont la plus forte armada de tous les temps. Ils l’ont souvent utilisée à mauvais escient dans le passé. Aujourd’hui, surtout compte tenu du désastre qu’ils ont opéré en Irak, ce devrait être à eux de réparer leurs dégâts et de régler son compte à l’Etat Islamique. Ils se contentent de quelques bombardements quasiment symboliques. La guerre contre « Daesh » sera gagnée par les Russes et les Syriens. Nous nous y sommes mis un peu tard. Mais nous pourrons sans doute être fiers d’y avoir participé, et d’avoir payé le prix fort au Bataclan (et sans doute encore ailleurs).

7/ La France a été une grande nation dans le passé. Elle a souvent montré la voie. Elle est le pays des philosophes des lumières, de la Révolution, des droits de l’homme. « Ma France », comme a chanté Jean Ferrat, a été capable de sursauts quand tout semblait perdu, d’allumer une lumière pour illuminer le monde quand la nuit couvrait la planète. Nous sommes le pays de la culture, des arts, de la qualité de la vie, mais aussi du sacrifice quand c’est nécessaire. Nous ne sommes pas les seuls, mais le monde se souvient que nous l’avons été plus souvent qu’à notre tour.

A tous ces Français qui ont perdu confiance en leur pays, qui n’y croient plus et qui baissent les bras, la meilleure réponse est cet immense élan de solidarité que nous constatons partout dans le monde : ces monuments éclairés en bleu-blanc-rouge, ces Marseillaise chantées dans les stades d’Angleterre, ces inscriptions « Je suis Paris » ou ce président américain qui dit en français « liberté-égalité-fraternité ».

Personnellement, j’ai reçu de nombreux messages de sympathie. Du Brésil de République dominicaine, du Maroc, de Pologne, du Monténégro, de Prague, de Barcelone, de New York et d’autres endroits. Tous ceux qui sont en contact avec des étrangers ont reçu des messages analogues. Cela fait chaud au cœur.

Si je rappelle cela, ce n’est pas par nationalisme idiot car si le patriotisme est un beau sentiment, le nationalisme ne l’est pas. Si je le mentionne, c’est pour dire aux Français qui ont perdu confiance dans leur pays « ressaisissez-vous, la France n’est pas morte et, à l’étranger, on le sait sans doute mieux qu’ici ».

XXX

Depuis une semaine, le deuil qui nous frappe, les périls qui nous menacent encore doivent nous stimuler, nous donner confiance. Nous avons encore beaucoup à offrit au monde et d’abord à nous-mêmes. Nos amis à l’étranger nous le demandent.

Reprenons nos affaires en main. Sans haine mais sans naïveté. Sachons désigner nos ennemis, de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur. A la barbarie et à l’obscurantisme, opposons notre intelligence, notre mode de vie, notre identité, notre histoire, nos valeurs, nos traditions, notre laïcité. Soyons déterminés, soyons forts, soyons implacables pour éradiquer la barbarie et pour refuser la prétention de ceux qui voudraient créer sur notre sol des zones de non-droit français.

Reprenons notre souveraineté vis-à-vis d’une Union européenne qui nous montre tous les jours qu’elle n’existe pas et qu’elle n’a aucune chance d’exister dans l’avenir. L’idée européenne a peut-être été une grande idée. Ce n’est qu’une utopie. A ceux qui ne rêvent que de grand marché et d’équilibres budgétaires avec des frontières passoires dont se jouent les terroristes, les trafiquants, les clandestins et les marchands de main d’œuvre bon marché, opposons une France forte et forte parce que protégée autant que déterminée. C’est le meilleur cadeau que nous puissions faire aux autres Européens, mais aussi à nos amis africains.

Il reste certes beaucoup à faire pour que la France retrouve ses valeurs séculaires et pour que les Français, qui n’ont jamais cessé d’aimer la France quoi qu’ils en disent, n’aient plus le sentiment qu’il s’agit d’un amour perdu.

Il faudrait surtout que le soufflé ne retombe pas une fois les évènements passés, comme cela s’est passé un peu après Charlie.

Il faudrait surtout que le gouvernement et la société prennent les mesures indispensables pour qu’il n’y ait pas de nouveaux Bataclans. Ces mesures doivent prendre la forme de la fermeté envers ceux qui nous combattent. On mène une guerre en s’en donnant les moyens. La liberté, c’est bien. Mais celle des victimes, pas des tueurs. La sécurité, ce doit être celle des citoyens, pas celle de ceux qui ne veulent pas de nos valeurs.

Oui, aujourd’hui, je suis fier, quand même, d’être Français.

Je suis d’habitude suffisamment critique et sans complaisance pour ce pays pour me permettre, cette fois, de le dire.

J’espère que ce sentiment va durer. Cela dépendra, collectivement, de nous.

Yves Barelli, 21 novembre 2015

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