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12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 16:28

La rencontre « historique » entre le président américain et le « président de la commission des affaire de l’Etat » (son titre officiel)  nord-coréen, qui s’est déroulée le 12 juin à Singapour, est intéressante à plus d’un titre : pour les relations entre les deux pays, pour leurs politiques intérieures (aspect essentiel), pour la situation en Asie du Nord-est (qui intéresse aussi la Corée du Sud, évidemment, mais également la Chine, la Russie et le Japon), mais aussi parce qu’elle a contribué à mieux cerner la psychologie des deux acteurs et qu’elle est l’occasion de porter un jugement hélas très critique sur les médias et les dirigeants européens, si embourbés dans leurs préjugés qu’ils sont incapables, pour la plupart, d’analyser une situation qui leur échappe (comme vient, par ailleurs, de montrer leur attitude affligeante lors du sommet du « G7 » qui vient de se tenir au Canada).

1/ Le fait que la rencontre ait eu lieu et qu’elle se soit déroulée, apparemment dans une atmosphère chaleureuse, en est le principal acquis et quasiment le seul : le document signé par les deux présidents est suffisamment vague pour satisfaire tout le monde. Il ne contient en effet pas grand-chose de concret. Les deux parties s’engagent sur la voie de la dénucléarisation de la « péninsule » coréenne (on évite de citer la seule Cirée du Nord, mais elle est la seule à posséder l’arme nucléaire). A supposer qu’elle soit effective, les experts s’accordent à dire que cela prendra du temps, au minimum dix ans.

Si l’engagement nord-coréen est à minima, celui des Etats-Unis l’est tout autant : pour le moment, les 35 000 « GI » qui stationnent en Corée du Sud vont y rester, les « sanctions » américaines ne sont pas levées (elles sont, de toute façon, d’une utilité plus politique que pratique) et il n’y aura pas d’échanges d’ambassadeurs, « pour le moment ». Quant au traité de paix mettant officiellement fin à la guerre de Corée (interrompue en 1952 par un armistice « provisoire »), on attendra aussi encore un peu. Le président Trump a accepté l’invitation de visiter Pyongyang et il a invité son homologue à la Maison Blanche. Ces visites auront lieu « le moment venu ».    

 Les petits gestes sont néanmoins au rendez-vous : les Etats-Unis ne renouvelleront pas, « pour le moment », les manœuvres militaires conjointes avec la Corée du Sud (cette  dernière n’y tient probablement pas, mais ce n’est pas elle qui décide) et les Nord-Coréens vont faciliter le rapatriement aux Etats-Unis des restes des soldats américains morts en Corée dans les combats ; cela s’ajoute à la libération il y a quelques semaines d’une poignée de détenus américains qui purgeaient des peines de prison en Corée du Nord pour « espionnage ».

2/ Seuls des commentateurs ignorants les réalités ou prenant les gens « de l’autre camp » pour des idiots pouvaient penser que la Corée du Nord allait accepter de renoncer unilatéralement et tout de suite, avec accueil sur place de vérificateurs pour s’en assurer, à sa bombe atomique sans rien de sérieux en échange alors que cette arme est sa principale garantie (les autres étant la protection chinoise et russe) de ne pas être agressée par les Américains (il ne faut tout de même pas oublier, ce que font beaucoup, que ce n’est pas l’armée nord-coréenne qui menace les Etats-Unis, mais le contraire compte tenu des forces colossales « yankee » en Corée du Sud et en mer de Chine).

En l’occurrence , je crois que Donald Trump a été plus intelligent que ces commentateurs bien plus royalistes (c’est-à-dire anti-communistes primaires voyant tout par le prisme occidentaliste déformant et ayant la vision simpliste d’un monde où les « gentils » - eux – ont le « devoir » d’imposer le « droit » aux « méchants » - ceux qui ne partagent pas leur vision angélique-) que le roi américain.

Donald Trump joue sur cette affaire, et quelques autres, une victoire aux élections de mi-mandat de l’an prochain et sa réélection ensuite pour un second mandat. Après les « victoires » remportées dernièrement sur la scène internationale et les avantages internes qui en sont attendus (économies et création d’emplois) à tort ou à raison (retrait de l’accord sur le climat, dénonciation de l’accord sur le nucléaire iranien – les Américains n’ont jamais pardonné l’humiliation de la prise d’otages de leur ambassade à Téhéran sous Khomeini - , alignement sur Israël – le « lobby » juif est puissant aux Etats-Unis, humiliation des Européens, vus comme faibles et ingrats car « protégés » par le parapluie nucléaire américain, au G7), il a quelques chances d’y parvenir. Un président qui montre les muscles est toujours populaire aux Etats-Unis.

Kim Jong un avait pour objectif une reconnaissance internationale. C’est fait. Pour y parvenir, il a fait comme Trump : d’abord montrer la force (la bombe et les fusées pour la porter) et la volonté de l’utiliser si nécessaire ; ensuite négocier. Cela est populaire en Corée du Nord (en Corée du Sud aussi d’ailleurs, en dépit des commentaires partiaux de la presse occidentale : le sentiment national est fort en Corée, tant au Sud qu’au Nord, et le fait qu’un dirigeant coréen puisse parler d’égal à égal avec le dirigeant de la plus grande puissance que la planète ait jamais portée, est populaire des deux côtés de la ligne de démarcation). De plus, les Nord-Coréens attendent de la détente, par le changement de priorité que cela va entrainer (l’économie désormais avant la défense) une amélioration de leur niveau de vie, ce qui n’est pas négligeable non plus.

3/ Dans les faits, toutefois, il ne faut pas attendre de changements drastiques rapides. La réunification n’est pas encore à l’ordre du jour. Mais, au moins, le fait de ne plus parler de guerre nucléaire est positif (personne parmi les gens sérieux n’y croyait mais un accident avec enchainement incontrôlé est toujours possible, même s’il est improbable ; dans ce « danger imminent » mis en avant, les considérations internes ont joué le premier rôle : seuls quelques naïfs en Europe y ont cru).

Certains croyaient à une « réconciliation » américano-nord-coréenne sur le dos des Chinois et des Russes. Ils prenaient évidement leurs désirs pour des réalités. Pyongyang a avancé en concertation étroite avec Pékin et Moscou. Le président nord-coréen (qui s’était déplacé deux fois à Pékin ces derniers temps) s’est d’ailleurs rendu à Singapour à bord d’un avion chinois. C’est dire que les Chinois n’étaient pas hostiles à la rencontre de ce jour.

Plus intéressantes sont les perspectives de rapprochement concret entre les deux Corée. Le président sud-coréen y est favorable (à la différence de ses prédécesseurs, des « faucons »). Lui aussi veillera à ne pas froisser son « allié » et « protecteur » américain bien que ce soit l’intérêt sud-coréen de s’en émanciper. En Asie, on sait être prudent et patient.

On peut en revanche s’attendre à un rapprochement économique et humain (voyages des citoyens), pas à pas, entre les deux Corée. Le Sud a de l’argent, le Nord des besoins. L’intérêt économique s’ajoute donc ici aux aspirations politiques. Même sans le dire, chacun veut travailler à la réunification à terme de cette grande nation.

4/ Venons-en aux commentaires de nos journalistes et de nos politiques.

Je les qualifierais majoritairement d’insignifiants, de partiaux (quand on est partial en s’alignant sur d’autres, on est insignifiant) et, souvent, de prétentieux (et quand on n’a pas les moyens de la prétention, c’est encore pire).

La plupart des commentateurs ont évidemment totalement collé à la vision manichéenne selon laquelle Kim est « méchant » et le président américain, malgré ses défauts (dont le majeur est d’être un « populiste », donc une espèce de Le Pen), est tout de même le représentant d’une « démocratie », donc de notre bord, d’un pays « gentil », en un mot de notre monde (les autres étant des sortes d’extra-terrestres). Une telle attitude, lorsqu’on est un représentant du « système » (nos politiques) ou qu’on est un mercenaire payé par lui (les journalistes), est dans l’ordre des choses. Seuls les naïfs croient à l’objectivité de la presse.

Mais ils ont eu le tort en plus de se méprendre tant sur Kim Jong un que sur Trump.

Présenter le premier comme une sorte de Dalton de la bande dessinée aussi bête que méchant, est indigne d’un journaliste digne de ce nom. L’enchainement des évènements depuis un an montre qu’ils se sont trompés. Je passe sur la « méchanceté », le jugement est subjectif. Mais quant à la bêtise, c’est tout faux : ils sont obligés de reconnaitre maintenant que la stratégie nord-coréenne est la bonne. On voit d’ailleurs nos « commentateurs » très gênés par la tournure inattendue des évènements. La stratégie de Kim est d’ailleurs un classique enseigné dans toutes les écoles de guerre : montrer la force pour ne pas avoir à s’en servir. Se doter de l’arme nucléaire et persuader les autres qu’on n’hésitera pas à l’utiliser (sinon, elle ne sert à  rien ; c’est le principe de la dissuasion), y compris contre l‘hyperpuissance, était la seule façon d’être pris au sérieux.

Pour Trump, ils ont commis la même erreur. Ils l’ont sous-estimé et présenté comme une sorte de cinglé dangereux totalement imprévisible (être imprévisible pour le autres, c’est une qualité quand soi-même on prévoit). A leurs yeux, Hillary Clinton paraissait plus équilibrée. Mais paraissait seulement…

Ils n’ont pas vraiment compris la psychologie qui est majoritairement celle des Américains. Le continent américain (nord et sud) est violent et, sous des apparences souvent lisses et décontractées, on y est souvent brutal.

C’est un trait culturel que je connais bien parce que j’ai vécu trois ans à New-York et que j’ai passé trente ans à négocier avec des Américains. Pour eux, seul le rapport de force compte (et, en politique et diplomatie, on peut le comprendre puisqu’ils sont les plus forts) : on ne  cherche pas à séduire mais à imposer si on en a le pouvoir. Macron en cherchant à séduire Trump s’est totalement trompé. Dans une négociation, les Américains ont la même attitude que Staline (il y a de grandes affinités entre le fonctionnement des Américains et celui des anciens Soviétiques) : « en face, combien de divisions ? ». Trump l’a très bien compris au G7 : il n’a eu que mépris pour cette Union européenne sans pouvoir et ses membres sans pouvoir non plus et surtout sans volonté de s’opposer à leurs maitres américains (qui considèrent, à juste titre, les Européens comme leurs vassaux). Dans ces conditions, que Trump ait plus d’estime pour Kim Jong un, pour Poutine ou pour Xi Jing pin, que pour Macron ou Trudeau, cela ne m’étonne pas : le match n’est pas gagné d’avance avec les premiers alors que, face aux Américains, les seconds sont toujours perdants parce que, à la différence de de Gaulle, ils n’ont aucune volonté de gagner.

Je vous donne un exemple de mon expérience personnelle pour illustrer mon propos en essayant de ne trahir aucun secret diplomatique. J’ai eu à négocier dans les années 1990 un accord dans le domaine des organisations internationales des satellites de télécommunications au sein desquelles j’étais le représentant de la France. Les Américains ont voulu changer les règles du jeu (concrètement en allant vers la privatisation, ce qu’ils ont obtenu quelques années plus tard) ; il leur fallait les deux-tiers des pays pour y parvenir. La France s’y opposait.

Pour négocier, on le fait discrètement dans les couloirs ou un bistrot (là, il n’y a pas d’interprètes). D’entrée, j’ai dit deux choses au chef de la délégation américaine : la première est que j’acceptais de lui parler anglais seulement parce qu’il était incapable de s’exprimer en français (à INTELSAT, dont le siège est à Washington, il y a deux langues officielles et de travail, l’anglais et le français). J’ai marqué un premier point (d’autres, comme Macron, auraient montré qu’il est normal que tout le monde ne parle qu’anglais, ce qui place les anglophones en position de supériorité : la langue est toujours un élément de la politique et du statut). La seconde chose est que je lui ai dit que jamais il n’arriverait aux deux-tiers des voix si la France s’y opposait parce que la France n’était pas forte seulement de sa propre force, mais aussi de son influence et de ses amitiés dans le tiers-monde, à commencer par l’Afrique (Chirac a eu, avec succès, le même langage en 2003 au Conseil de Sécurité où nous avons réussi à bloquer le projet américain de résolution sur l’Irak).

Résultat de ma négociation : d’abord, les Américains sont intervenus à Paris pour essayer de me faire désavouer par mon ministre (ils n’hésitent jamais à utiliser tous les moyens ; parmi lesquels, l’espionnage). Echec. Ensuite, ils ont fait leurs comptes et se sont aperçu que ce que je disais était vrai. Ils sont alors devenus tout gentil avec moi et nous sommes parvenus à un bon compromis. J’ajoute que j’ai été soutenu par les Africains, pas par les Européens (sauf les Suisses, ironie, hors UE ; ils sont très attachés au service public, y compris international), dont la plupart ont comme culture de se coucher devant les Américains. Avec le chef de la délégation américaine, nous sommes devenus, une fois l’affrontement initial passé, les meilleurs amis du monde. Il n’avait en revanche que peu de considération pour mes collègues européens, toujours prêts à essayer de leur plaire et mettant un point d’honneur à essayer de parler un bon anglais, croyant ainsi pouvoir obtenir plus alors qu’ils obtenaient moins que moi (l’un de nos ambassadeurs à Washington qui a laissé le meilleur souvenir était moyen en anglais avec un très fort accent : il avait changé l’inconvénient en avantage car dès qu’il apparaissait à la télévision, on le reconnaissait tout de suite alors que les autres passaient inaperçus).

Si je vous ai compté cette anecdote, c’est pour vous montrer que pour obtenir un bon accord, il faut d’abord montrer sa force. Trump, Kim, Poutine et de Gaulle en son temps, l’ont  (ou l’avait) parfaitement compris.

Certes, Trump ou Kim sont brutaux. Ils paraissent même un peu rustres, pour tout dire pas franchement civilisés. Mais efficaces.

Monsieur Macron (et vos émules), pour parler aux Américains, il ne suffit pas de bien manier la langue anglaise (ce que vous faites mieux que moi, j’en conviens)!

Entre nos journalistes (et quelques hommes politiques) qui ont traité Trump et Kim d’idiots, et ces présidents, les vrais idiots, ce sont certainement les premiers.

La moralité de cette histoire devrait être d’essayer de voir à qui on a affaire, quelle est sa culture, quelles sont ses motivations et ses objectifs, de quels moyens dispose-t-il, avant de porter des jugements péremptoires sur des personnes et des situations que l’on ne connait pas. En tout cas, ne jamais sous-estimer l’interlocuteur./.     

Yves Barelli, 12 juin 2018                                                      

   

                                                             

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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 22:42

Je me félicite de la rencontre qui a eu lieu le 27 avril sur la frontière entre les deux Corée entre leurs dirigeants, Kim Jong-un (Nord) et Moon-Jae-in (Sud). C’est un grand pas en avant vers la signature d’un traité de paix entre les deux pays, encore officiellement en guerre 65 ans après la fin du conflit coréen. Contrairement à ce qu’écrivent avec constance nos médias, il ne s’agit pas seulement de démanteler l’armement nucléaire du Nord, mais aussi de mettre fin à la présence armée américaine au Sud (30 000 soldats et un arsenal « classique » considérable, les porte-avions et sous-marins nucléaires navigant en outre à proximité : il serait bon de rappeler que ce sont les Américains qui menacent la Corée du Nord et non le contraire). Dans le prolongement du sommet intercoréen, aura lieu, d’ici un mois, la rencontre entre Donald Trump et Kim-Jong-un. On y verra alors un peu plus clair et il faut se garder d’un enthousiasme excessif car de nombreuses questions restent à régler. Sur ce dossier, on doit saluer l’attitude constructive de la Chine et de la Russie et le suivisme affligeant des pays de l’Union européenne sur les positions les plus agressives des Etats-Unis (dont le revirement plus pacifique les rend, après coup, plutôt ridicules). La France ne joue aucun rôle dans cette partie du monde pour la raison qu’elle y est absente. Peut-être se décidera-t-elle enfin à nouer des relations diplomatiques avec la Corée du Nord (elle est le seul pays de l’UE, avec l’Estonie, à ne pas en avoir : le pragmatisme de la Grande Bretagne est plus intelligent ; elle a une ambassade à Pyongyang) ?   

La Corée est un pays de riche et ancienne culture, pas spécialement dotée par la nature (petit, peu de ressources naturelles et, surtout, coincé entre Chine et Japon), qui a beaucoup souffert dans son histoire, notamment une longue et cruelle colonisation japonaise (jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale), puis l’enjeu de la rivalité Est-Ouest, qui s’est concrétisé par la terrible guerre de Corée (1950-53), dont la division entre le Nord et le Sud est la conséquence.

Avec des méthodes et des alliances différentes, les deux Corée ont relevé le défi. La Corée du Sud est devenue l’une des douze principales puissances économiques du monde, avec des avancées technologiques remarquables. La Corée du Nord a suivi une autre voie. Quasiment sans aide, elle aussi a réalisé des prouesses technologiques en se dotant de l’arme nucléaire et d’engins balistiques. Cette bombe atomique n’est pas destinée à attaquer qui que ce soit : c’est une assurance-vie contre les velléités américaines de détruire tous les pays qui osent contester leur hégémonie mondiale.

J’ai écrit sur ce blog sur les deux Corée. J’y renvoie le lecteur : « La Corée du Sud, modèle pour le France ?» (21 avril 2013), « Essai nucléaire nord-coréen. Fou, Kim Jong-un ? Pas tant que ça ! » (6 janvier 2016), « La Corée du Nord défie, avec succès, les Etats-Unis » (30 août 2017) et « La reprise du dialogue intercoréen, une gifle pour les Américains » (10 février 2018).

J’y ai dit en substance que les deux Corée souhaitent mettre un terme à leur état de guerre, prélude à une coopération dans l’intérêt mutuel, avant, un jour, de pouvoir se réunifier, et que l’armement nucléaire du Nord est une protection contre la menace américaine et un moyen d’engager le dialogue avec le Sud (d’un côté la force militaire, de l’autre l’économique).

Cette reprise du dialogue doit être vue dans le contexte régional. La Chine est en phase de création d’une puissance qui, d’ici deux à trois décennies, fera jeu égal avec les Etats-Unis. Elle ne pourra supporter longtemps la menace et le défi que constitue la forte présence militaire américaine : Corée, mais aussi Japon, Taïwan, Philippines, etc. C’est une règle vieille comme le monde : une grande puissance ne peut tolérer une présence hostile à ses portes. Les Etats-Unis ne l’ont pas accepté à Cuba ; ils devront un jour, de gré ou de force, évacuer leurs armes de l’environnement de la Chine et on peut prévoir que non seulement les Chinois y parviendront en faisant monter la pression, mais que, en outre, ils y seront aidés par les peuples de la région, soit disant « protégés » par les Américains, en fait occupés. L’attitude de la Corée du Sud est à cet égard intéressante à observer. Ils n’affrontent certes pas ouvertement leur « protecteur », mais, en établissant des rapports plus confiants avec la Corée du Nord et avec la Chine, ils ne font pas mystère de leur objectif : s’entendre entre Asiatiques sans ingérence extérieure.

Il ne faut certes pas être exagérément optimiste sur la prochaine entrevue entre le président américain et le dirigeant nord-coréen. Je l’ai écrit en introduction. Elle risque de tourner au dialogue de sourds, les Américains attendant que la Corée du Nord se débarrasse sans condition de son arsenal nucléaire, ce qui serait évidemment suicidaire pour elle. J’attends davantage de la posture sud-coréenne. Son intérêt est une bonne coopération avec le Nord. On peut penser que Washington freinera des quatre fers.

Mais le temps fera sans doute son œuvre. Le temps asiatique est plus long que l’occidental. Moins spectaculaire aussi.

Laissons le temps au temps./.

Yves Barelli. 27 avril 2018                           

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