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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 14:20

Après des campagnes présidentielle, et plus encore, législative, pourtant ternes, mais ayant donné l’apparence de la lumière face à la vacuité des autres, le président Macron a semblé réussir (c’est en tout cas ce que nous ont dit, à l’unisson, les médias) un début de quinquennat époustouflant marqué par la ringardisation des notions de droite et de gauche (le président se contente d’être « moderne »), la cannibalisation des partis de « système » (un premier ministre de droite, un chef de groupe parlementaire socialiste et un président de l’assemblée ex écologiste, partie émergée d’une classe politique allant « à la soupe »), la marginalisation des partis hors système (un Front national assommé par la défaite en crise et une « France insoumise » plus allante mais très minoritaire), la servilité des médias, l’attentisme des Français et quelques réussites en matière de politique étrangère (faciles après le calamiteux mandat de Hollande). Mais voilà que, déjà, le moteur se grippe et que l’illusionniste fait moins illusion. En plein été, les premiers nuages se forment, annonçant du gros temps pour la rentrée, les premières erreurs d’un président amateur et d’un gouvernement inexistant arrivent. En deux semaines, le président a déjà perdu dix points dans les sondages. La météorite Macron n’est certes pas morte. Mais elle perd déjà de son éclat.

1/ On commence à y voir un peu plus clair dans la philosophie politique du nouveau président et dans sa stratégie de gouvernement. Macron est un européiste et un mondialiste convaincu (si tant est qu’il ait réellement des convictions ; c’est un pragmatique et le pragmatisme poussé à l’extrême devient de l’opportunisme cynique et servile). Il n’a pas une confiance exagérée dans la France et la notion d’identité française semble lui être totalement étrangère. Son modèle est plutôt le « multiculturalisme » ouvert des sociétés anglo-saxonnes (qui ont pourtant conservé une identité car dominante dans le monde alors que ceux qui s’en inspirent ailleurs ont perdu la leur). Un président « fort » qui s’adresse au Congrès sur l’ « état de l’union », qui salue le drapeau la main sur le cœur, qui met en avant la « First Lady » et qui compose avec les « lobbies » économiques et financiers (ceux qui ont financé sa campagne présidentielle), voilà le « modèle » de Macron.

Macron a fait siens tous les poncifs habituels de la droite, devenus le crédo de la Commission européenne : seuls les « riches » créent de la richesse qui, mécaniquement, ruisselle sur tout le monde. Il faut donc les avantager en les taxant moins et en supprimant toutes les entraves « bureaucratiques », à savoir l’Etat (qui doit se limiter aux fonctions « régaliennes ») et le droit social (la réforme, c’est-à-dire l’allègement, du code du travail est l’une des priorités de Macron). La notion de service public lui est étrangère. Pour lui, les fonctionnaires sont un « coût » qu’il convient de minimiser et, plus on privatisera ces services, mieux l’économie se portera, quitte à renforcer les inégalités vis-à-vis de l’éducation, la santé ou le logement. Son action (je serais tenté de dire sa « réaction », au sens politique du terme) part de cette idée, contestable : il faut alléger les coûts, donc le budget de l’Etat, et donc les impôts des gros contribuables pour ne pas décourager les investisseurs qui, postulat de départ, en gagnant de l’argent, « donnent » du travail et payent leurs salariés (mal, sauf s’ils sont très performants, mais, pour Macron et les gens de droite, mieux vaut un emploi mal payé que rien du tout). De cette idée dogmatique (un dogme, on doit y croire, on ne cherche pas à le prouver) de base, il fait une politique     

Le président pense que, pour peser en Europe et dans le monde, il faut être encore plus « orthodoxe » que la Commission de Bruxelles et que Madame Merkel, d’où, sa priorité de respecter la « règle » absurde de Bruxelles de ne pas dépasser 3% de déficit budgétaire (absurde pour deux raisons qu’il m’ait arrivé plusieurs fois d’expliquer dans ce blog : s’endetter pour investir et préparer l’avenir n’est pas , en soi, mauvais ; un particulier ne le fait-il pas quand il achète un appartement à crédit ?; et la seconde raison est que partout où les politiques européennes d’austérité ont été mises en œuvre, la croissance en a pris un coup et, qui dit moindre croissance dit moins de rentrées fiscales donc impossibilité d’équilibrer le budget ; les dévaluations monétaires étant interdites par l’appartenance à l’euro, on a alors des « dévaluations sociales », c’est-à-dire des baisses nettes des salaires, pas seulement des fonctionnaires, et des retraites, « rêve », évidemment, de ceux de nos patrons au raisonnement à courte vue qui oublient que tout ne peut pas être exporté et que moins de pouvoir d’achat signifie moins de consommation, donc moins de profits sur le marché intérieur).

Dans son objectif de réduction des déficits, Macron est placé face à une quadrature du cercle qu’il ne voit pas ou fait semblant de ne pas voir : pour équilibrer son budget, il ne peut augmenter la pression fiscale car, dans une économie ouverte, taxer davantage les riches risque de les convertir en « exilés fiscaux » (on s’implante dans un pays Schengen plus « compréhensif » et on continue de vendre en France, sans y payer d’impôts). Alors, il est « contraint » de faire des économies. Certes, lui comme ses prédécesseurs ne touchent pas aux prestations sociales indues qui, en payant des oisifs volontaires à ne rien faire (ou à trafiquer), « achètent » la paix « sociale », euphémisme pour parler de paix « ethnique » dans les « quartiers » qui sont devenus des colonies de peuplement de gens qui ne peuvent et ne veulent pas s’assimiler (mais qui consomment grâce aux « allocs » payées par les impôts des classes moyennes, ce qui profite aux capitalistes qui leur vendent leurs produits et qui, eux, payent relativement moins d’impôts).

Ce sont donc les Français « ordinaires » qui sont touchés. Ils le sont directement lorsqu’ils sont fonctionnaires (on a gelé leur point d’indice et ils doivent travailler dans des conditions de plus en plus difficiles car on « rabote » leurs moyens de travail) et ils le sont indirectement en tant que consommateurs de services publics sacrifiés et en tant que citoyens moins bien protégés car on « sacrifie » aussi les moyens de la police, de la justice et de l’armée.

Les économies à faire sont purement comptables. On ne cherche pas à savoir si une dépense est utile. On la limite, tout simplement, ce qui entraine des baisses de crédits même sur ce qu’on a affirmé auparavant être « prioritaire ». Les dépenses militaires, par exemple. Ou encore, en « rabotant » tout, même l’APL (allocation d’aide au logement) des étudiants, « sucrée » de 5€ par mois  (on voit là la limite de Macron : quand on s’est habitué aux macro-rémunérations des banquiers d’affaires, on est dans l’incapacité intellectuelle de se mettre à la place de ceux, quelques millions, qui sont à 5€ près en fin de mois).   

2/ Emmanuel Macron se veut un président « jupitérien » (Jupiter était chez les Grecs anciens le dieu des dieux et le maître du monde). Il entend diriger lui-même le pays dans les moindres détails de la politique. Ayant visiblement une confiance absolue dans ses propres capacités et bien peu dans celle des autres, il ne délègue rien, ou peu. Jamais la malheureuse expression de Sarkozy, parlant de son premier ministre comme un « collaborateur » n’a été aussi vraie.

Le problème est que, pour éviter qu’on lui porte ombrage, Macron a fait le vide autour de lui.

Il a été excellent, et même génial et aussi bon que Machiavel pour détruire l’opposition (les oppositions en fait). Habileté suprême, il l’a détruite de l’intérieur en en « recrutant » quelques uns de ses membres.

Mais, il n’a pas pris les meilleurs. Son premier ministre était un adhérent obscur des « Républicains » et le maire d’une ville d’importance secondaire (Le Havre). Son ministre de l’économie était, lui aussi, un marginal dans ce parti : à la « primaire » de l’automne dernier, il na recueilli qu’un ridicule 2% des voix. Côté gauche, ce n’est pas mieux : le président du groupe des « marcheurs » à l’Assemblée Nationale est un ancien et obscur député socialiste de Bretagne, aujourd’hui englué dans les  « affaires » ; le ministre de l’intérieur a toujours été un marginal au PS, certainement plus à l’aise pour gérer, un verre de Beaujolais à la main, en père de famille sa bonne ville de Lyon que le ministère de l’Intérieur (ses premières déclarations font craindre le pire et on appréhende déjà sa réaction face au prochain attentat terroriste) ; le ministre des affaires étrangères, qui a brillé, dans l’ombre, à la défense comme VIP pour vendre les « Rafale », ne risque pas d’empiéter sur les prérogatives de l’Elysée. Quant au président de l’Assemblée Nationale, c’est le pompon : ce monsieur est le spécialistes de toutes les trahisons pour occuper quelques « marocains » (il est vrai que celui de président de l’AN est particulièrement confortable) sans autre pouvoir que l’apparence du pouvoir ; il a trahi les écologistes pour entrer au gouvernement de Hollande (il y a été si terne que nul ne se souvient sur quel poste !), a fait un score à la primaire socialiste aussi dérisoire que Le Maire à celle de la droite et il vient, à nouveau, de trahir les siens, pour rallier Macron.

Quant aux ministres issus de la « société civile », c’est pire encore. A commencer par la « ministre » (porte-serviette du président est un terme qui lui conviendrait davantage) des armées, totalement inexistante, ce qui ajoute encore à la rancœur des militaires qui se sentent humiliés. Seul le ministre de l’éducation, qui se limite, il est vrai, pour l’instant, à détricoter les mesures sectaires et dogmatiques de son prédécesseur, franco-marocaine, fait meilleure impression. C’est un professionnel à défaut d’être un politique.

Le seul poids-lourd du premier gouvernement Macron, François Bayrou, le président du Modem qui ne fut pas pour rien dans la victoire de Macron à la présidentielle, a été « débarqué », une opportune pseudo-affaire étant venue bien à propos pour se débarrasser d’un « collaborateur » pas assez docile.      

Plus de la moitié des députés sont nouveaux (et n’avaient jamais été élus nulle part auparavant). Les observateurs, même bienveillants, reconnaissent aujourd’hui que le travail en commissions (c’est là que se passent les choses sérieuses) est tout simplement nul et l’Assemblée est devenue un grand corps qui n’a jamais été aussi inutile. Les nouveaux députés sont soit des amateurs aux capacités plus que réduites, soit uniquement là pour faire avancer les intérêts des « lobbies » qui les télécommandent.

Un gouvernement falot, un parlement inexistant, un président novice, un entourage de courtisans, une administration démotivée et une large majorité de Français qui, après avoir permis une élection du président et des députés par défaut (ils ont préféré ne pas voter pour les autres, ce qui ne signifie pas qu’ils aient réellement voté pour Macron), attendent de voir et, sans doute, ne vont pas tarder à manifester leur mécontentement.

3/ Les peuples ont certes les dirigeants qu’ils méritent et sans doute les Français, pour le moment, ne méritent pas mieux.

Mais l’art d’un chef est de motiver des gens qui ne le sont pas nécessairement au départ.

Mais que nous offre Macron comme perspective, comme idéal ? Un objectif comptable de 3%, des coupes budgétaires partout, l’austérité pour la plupart et des profits toujours plus élevés pour quelques uns.

Entouré d’incompétents, d’inexistants ou d’intéressés (au sens de l’argent et de l’apparence du pouvoir) à court terme, lui-même monarque aux petits pieds, sans doute conscient de son charisme limité puisqu’il a besoin, sans arrêt, de répéter qu’il est le chef (un vrai chef se comporte en chef et il n’a pas besoin de dire qu’il l’est), Macron semblait bien parti.

Mais où va-t-il arriver ?

Les médias du « système » ont cru voir en Macron une nouvelle étoile de première grandeur briller au firmament.

Mais cette « étoile » a déjà les apparences d’une météorite qui, entrant dans l’atmosphère, crée un magnifique feu d’artifice et donne l’illusion d’un éclat pérenne.

On sait comment terminent les météorites. Elles finissent leur course dans la mer, ce qui est un moindre mal. Om elles s’abiment sur les terres, pouvant provoquer des dégâts considérables.

Comment terminera la météorite Macron ? Là est la question.

Yves Barelli, 25 juillet 2017      

                                                                            

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Published by Yves Barelli - dans Politique française
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commentaires

RATUMA 27/07/2017 21:39

IL sait choisir :https://www.upr.fr/actualite/nouvelle-affaire-penicaud-lactuelle-ministre-travail-avait-gagne-fortune-2013-drh-de-danone-contribuer-a-faire-licenciements-massifs-gro

RATUMA 25/07/2017 15:00

http://www.medias-presse.info/les-premiers-frondeurs-sorganisent-au-sein-de-la-republique-en-marche-et-vont-en-justice/77549/?utm_source=OxiMailing&utm_medium=e-mail&utm_campaign=mpi%5F202

RATUMA 25/07/2017 14:50

c'était évident (57% d'abstention plus blancs et nuls il faut le rappeler) - oligarchie, rothschild , attali etc ... et maintenant les règlements de EN MARCHE sont parait-il non démocratique ..... et les jambes de la première dame, avec talons aiguilles et début de cuisses maigrelettes ...... morte de rire - et je n'en dis pas plus

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