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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 16:24

En élisant le 7 mai, le plus jeune président de son histoire (39 ans), un homme qui auparavant n’avait jamais eu de mandat électif et était encore inconnu du grand public il y a deux ans, les Français ont surtout voulu barrer la route à l’Elysée de Madame Le Pen et, ce faisant, ont accepté un système que pourtant ils rejettent, signe évident de la profonde crise morale et identitaire qui frappe un peuple qui semble avoir perdu toute confiance en la France et dans sa capacité à être autre chose qu’une province d’une Europe dirigée par la chancelière d’un pays qui avait failli, déjà, satelliser la France en 1940. Le choix, pour accompagner son entrée grandiloquente et passablement ridicule à sa fête de victoire devant une cour du Louvres plutôt clairsemée, de l’ « ode à la joie », hymne européiste écrit par un auteur allemand et hymne, aussi, des Jeux Olympiques de l’Allemagne nazie de 1936, est plus qu’un symbole. C’est la réalité d’un quinquennat qui ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. C’est le temps des doutes, des incertitudes, des malentendus (les Français n’ont voté ni pour l’homme ni pour le programme), de la recomposition du paysage politique français (après la défaite des deux grands « partis de gouvernement »). C’est le temps aussi, sitôt les législatives de juin passées (et peut-être même avant), des remises en cause des stratégies perdantes. Pas seulement au Front National, mais surtout au Front National.

1/ J’ai évoqué hier soir, alors que le détail des résultats n’était pas encore connu, et sur la vue des enquêtes d’opinion à l’issue du premier tour de la présidentielle, une France coupée en deux. Sur le plan sociologique, sans doute. Mais sur le plan géographique, non : la France sortie des urnes le 7 mai est unicolore : à peine deux départements (Pas-de-Calais et Aisne) ont majoritairement voté Le Pen. Les autres n’ont pas nécessairement voté Macron, tant les abstentions et les votes blancs (12%, un record) ont été nombreux. Ils ont surtout rejeté Le Pen, à l’image de ce qu’il faut retenir de ce scrutin : les Français n’ont pas voté pour un président, ils ont voté pour empêcher Marine Le Pen d’être élue et, sans doute, pour lui signifier, qu’il vaudrait mieux qu’elle se retire de la vie politique.

2/ Nous sommes face à une situation inédite en France : les représentants des grands partis traditionnels n’ont pu franchir l’étape du premier tour. Jamais l’expression « sortez les sortants » n’a été plus d’actualité. Les électeurs de la primaire de droite ont d’abord « sorti » en novembre dernier Nicolas Sarkozy, président battu en 2012 qui avait l’ambition de revenir, et Alain Juppé, longtemps favori des médias du « système » (je rappellerai plus loin la définition de ce terme, que j’avais développée sur ce blog le 23 avril). Les Français ont ensuite contraint le président sortant François Hollande à renoncer à sa présenter pour éviter l’humiliation d’être « sorti » dès la primaire de gauche où les participants ont ensuite « sorti » son premier ministre Manuel Valls.

Le terrain était alors dégagé pour le scrutin présidentiel. On s’attendait à un duel de second tour François Fillon – Marine Le Pen et on pronostiquait une victoire de ce dernier, mais avec une forte « poussée » du Front National.

Là, patatras, par une conjonction d’ « affaires » montées par ce que certains ont appelé un « cabinet noir », concept recouvrant des initiatives probables de la présidence sortante, de juges fort peu indépendants et d’une presse, porte-voix du « système » qui l’est encore moins (indépendante) et de maladresses doublées d’une faute morale (peut-être davantage, la procédure judiciaire est en cours) de la part de l’intéressé (dans tous les sens du terme), élu à la primaire de la droite sous les couleurs d’un « chevalier blanc » donneur de leçons mais qui s’est retrouvé arroseur arrosé, le candidat de la droite, François Fillon, a été à son tour envoyé au tapis. Démoli par le « système » et par ses propres turpitudes, il n’a pu franchir le premier tour.

Quant au candidat de gauche (la vraie, pas celle du PS qui n’a plus rien de gauche), il a certes fait une bonne campagne, encouragée au début par les médias du « système » puisqu’il « piquait » des voix à Marine Le Pen, mais barré ensuite lorsqu’il est devenu dangereux et, surtout, plombé dès le départ par la concurrence du candidat officiel du PS, Benoit Hamon, (plombé lui aussi car hors « système » puisqu’il avait battu Valls). Hamon n’a fait qu’un ridicule 6%, mais cela a suffi pour empêcher Mélenchon d’accéder au second tour.

Le terrain était ainsi déblayé. Il ne restait plus qu’à laisser s’opposer Emmanuel Macron et Marine Le Pen dans un combat inégal dans lequel l’ensemble du « système » et tous les médias qui en sont les porte-paroles (les privés et plus encore les publics) ont fait une campagne éhontée en faveur du premier et en démolissant systématiquement la seconde (directement par des questions vicieuses posées aux représentants du FN, rarement en mesure de pouvoir exposer leur programme sans être coupés alors que Macron était écouté complaisamment sans que jamais on mette en exergue ses nombreuses contradictions et imprécisions, et indirectement par des informations faussement neutres du genre de celle-ci, relevée du France-info : « la candidate de l’extrême-droite – c’est toujours ainsi qu’on qualifie le FN bien qu’il s’en défende et bien que nombre de ses dirigeants et la plupart de ses électeurs viennent de l’ancienne gauche – a dit… ; le même jour, Emmanuel Macron a rendu hommage à un jeune tué il y a trente ans par l’extrême droite », et tout le reste à l’avenant, sans oublier de repasser les déclarations anciennes de Jean-Marie Le Pen les plus scandaleuses et tirées de leur contexte, ou encore en caricaturant grossièrement le programme économique de la candidate frontiste).

Il est vrai que Marine Le Pen, par ses déclarations oiseuses sur l’euro et surtout par sa prestation grossière dans le débat d’entre les deux tours, a donné elle-même le coup de pied pour s’enfoncer encore plus dans le marécage où on voulait la faire couler.

Le « système » a donc réussi. Il a créé de toute pièce son candidat en le faisant passer pour un produit neuf alors qu’il n’est que du Hollande recyclé. Et comme l’homme présente bien, n’a pas son pareil pour parler sans rien dire c’est-à-dire pour endormir l’électeur, et est loin d’être un idiot (un énarque ne peut pas être idiot !), ça a marché, d’autant que l’élection s’est transformée en référendum pour ou contre Le Pen.

3/ Un rappel s’agissant du « système », mot que j’emploie pour définir une conjonction d’intérêts financiers, de postures « morales » (celles de la gauche « raisonnable » et de la droite « civilisée », pour lesquelles la défense de l’état de droit est un dogme, même lorsque la défense des « libertés » profite aux délinquants et aux terroristes et pour lesquelles il n’y pas de problème d’islam mais seulement des problèmes sociaux ou de délinquance ordinaire et pour lesquelles il ne faut surtout pas « stigmatiser ») et de conformisme vis-à-vis du capitalisme mondialisé, du libre-échangisme, de la suprématie du privé sur le public, de l’Union européenne et de l’OTAN. Pour le « système », la démocratie consiste à choisir des personnes ou des partis dans le cadre strict des dogmes. Les « hérétiques » qui s’en abstraient sont condamnés au « buché », c’est-à-dire que tout les ressorts de l’ « Inquisition » sont permis pour les combattre, au moins les marginaliser et, si possible, les éliminer : procédures judicaires (pouvant aller jusqu’à l’inéligibilité, voire l’emprisonnement), campagnes médiatiques, ostracisme dans les entreprises et les administrations. La même ardeur autrefois appliquée contre les communistes, l’est aujourd’hui contre les souverainistes et les « identitaristes ».

Pour les défenseurs du « système », la démocratie est un concept à géométrie variable : les apparences de la démocratie et la réalité du totalitarisme.

4/ Je ne saurais préjuger ce que sera la présidence d’Emmanuel Macron. La fonction fait souvent l’homme et il n’a pas encore pris sa fonction. Je m’attends au pire mais il n’est pas exclu qu’on ait de bonnes surprises. Le « système » fabrique ses créatures. Parfois, elles lui échappent.

Qu’il soit inexpérimenté n’est pas rédhibitoire. Il est doué et apprendra vite. Ce n’est pas le problème.

Le fait que son mouvement « En marche » soit neuf n’est pas non plus un inconvénient définitif. Il ne manquera pas d’opportunistes pour le rejoindre et le servir (en se servant). Les anciens socialistes l’ont déjà rallié en masse et une bonne partie de la droite est tentée de suivre le mouvement.

Dans l’histoire de la 5ème République, on n’a jamais vu de président nouvellement élu ne trouvant pas une majorité parlementaire à sa botte dans la foulée. Il n’y a aucune raison qu’il en aille différemment cette fois.

Les « macronistes » auront-ils la majorité absolue dans l’Assemblé Nationale renouvelée le mois prochain ? Cela est plausible. Si ce n’était pas le cas, il ne leur serait sans doute pas difficile de trouver des alliés.

La droite sera probablement forte à l’AN. Elle s’est fragilisée dans l’épisode Fillon mais pas disloquée. Elle a un bon réseau local et devrait donc avoir beaucoup d’élus.

Les Républicains auront néanmoins à gérer les profondes oppositions idéologiques qui existent en leur sein. A terme, un éclatement est possible. Il est même probable si le Front National a l’intelligence de changer de stratégie et de visage.

Le Front National aura beaucoup plus de députés qu’aujourd’hui puisqu’il n’en a que deux. Grâce aux nombreuses triangulaires et même quadrangulaires, il peut espérer 50 députés et peut-être un peu plus, y compris ceux de Dupont Aignan. Ce ne sera quand même pas beaucoup.

Je suis plus pessimiste pour les mélenchonistes. Sans alliés, ils auront du mal à faire élire plus de10 députés.

Quant au Parti Socialiste, il est cliniquement mort. Son navire a coulé mais il y aura de nombreux rescapés sur les chaloupes recueillies par Macron. 

5/ Venons-en maintenant au Front National. Ce parti m’intéresse particulièrement puisque, le lecteur le sait, j’ai soutenu Marine Le Pen à la présidentielle parce que je partage l’essentiel de ses idées quant à la nécessité de protéger notre pays contre les agressions dont il est l’objet et quant aux voies et moyens pour endiguer son déclin et, au contraire, assurer son redressement.

Je n’ai en revanche jamais adhéré à ce parti à cause de ses antécédents historiques (mais l’histoire est l’histoire ; elle est révolue et c’est le présent qui est important ; je considère le FN désormais comme un parti respectable, pas moins que les autres et même un peu plus car courageusement hors et antisystème) et surtout parce que je ne suis pas d’accord avec sa stratégie.

Celle qu’il a adoptée jusqu’ici était séduisante en apparence. Elle permettait de dire que gauche et droite, les deux faces du « système », ont gouverné la France sans rien changer à l’essentiel, qu’ils sont l’ennemi et que seul le FN, qui s’y oppose, peut apporter le changement.

Mais cette stratégie vient de montrer ses limites. Même « dé-diabolisé » et dans une conjoncture objectivement idéale, il a perdu. Il a même subi une défaite cuisante. Qu’il ait fortement progressé, en fait, cela m’indiffère. J’aspire à ce que mes idées soient au pouvoir, pas qu’elles soient éternellement représentées par des élus d’opposition, aussi nombreux soient-ils.

C’est déjà difficile d’avoir raison contre tous les autres. C’est encore plus compliqué de se présenter aux élections seul contre tous. Pas seulement contre tous les autres partis, mais aussi contre le patronat, contre les syndicats (vendus au « système »), contre les « intellectuels », contre l’ « oligarchie », contre l’UE, contre l’OTAN, contre tous les communautarismes, à commencer par le plus dangereux, le musulman et, enfin, et ce n’est pas le moindre, contre la quasi-totalité des médias. J’ajouterais aussi contre le passé car le père Le Pen a laissé un lourd héritage à sa fille.

Tout cela fait beaucoup d’ennemis. Trop. Et en voulant tout, tout de suite, généralement on obtient rien (sauf dans une situation exceptionnelle : crise généralisée ou guerre, que personne ne souhaite). En l’occurrence, moins que rien : pas le pouvoir, et une défaite cuisante en prime.

Il est clair que, sans alliances, les chances d’arriver au pouvoir sont minces. L’alliance avec Debout la France est un pas remarquable en avant. Il ne suffit pas.

Construire des relais serait en outre nécessaire. Une majorité d’ouvriers et d’agriculteurs votent FN. Mais il n’y a aucun syndicat ami. Ce n’est pas normal.

Le programme de Marine Le Pen est objectivement de gauche. Nombre d’observateurs y voient des points communs avec celui de Mélenchon.

Mais le problème est que la plupart des sympathisants des partis de gauche sont prisonniers de leur prisme idéologique. Pour eux, le FN, c’est le diable, c’est le fascisme. Il n’est pas facile de les faire sortir de leur paranoïa. Certes le « front républicain » ne marche plus. Certes, cette fois, Jean-Luc Mélenchon a peut-être compris que son véritable ennemi c’est la finance mondialisée et que, en s’arc-boutant dans son combat « antifasciste » hors du temps et hors-sol, finalement, il fait le jeu de cette finance qu’il prétend combattre.

Objectivement, il devrait y avoir convergence entre la gauche mélenchoniste (je ne parle pas du PS. Il n’a plus rien de gauche et, de plus, il est moribond) et le FN.

Mais ne rêvons pas. Cette alliance n’est pas pour demain.

Reste la droite. Toutes les enquêtes montrent que la question de l’identité nationale et celle du combat à mener contre l’islamisme sont populaires dans l’électorat de droite. Je crois que c’est de ce côté qu’il faut rechercher des alliances, quitte à ce qu’une partie du programme du FN (sur l’UE, sur le protectionnisme ou sur les mesures sociales par exemple) soient provisoirement mises de côté.

6/ Si le FN veut accéder un jour au pouvoir, il sait maintenant qu’il ne suffira pas de badigeonner les murs pour leur donner une apparence plus attractive. Comptons sur les médias du système pour rappeler en permanence que, sous la peinture, le bâti reste le même. Comptons aussi sur l’intelligence des Français et sur leur constance : ils ont clairement dit (et répété depuis des années) qu’ils ne veulent pas du FN. Je le regrette mais c’est ainsi.

Ils n’en veulent pas pour les uns par intérêt parce qu’ils ne veulent pas que ça change et pour les autres pour des considérations d’ordre moral (j’en connais beaucoup). Ce n’est pas en expliquant davantage que cela changera fondamentalement.

Je préconise en conséquence :

a/ De refondre totalement le FN dans un parti nouveau. En changeant de nom, bien sûr, ce qu’il aurait du faire depuis longtemps. En changeant de leader aussi. Parce que Le Pen est un nom rejeté, que le prénom soit Jean-Marie, Marine ou Marion. Mais aussi parce qu’il faudrait enfin faire ce qui se fait dans la plupart des démocraties. Quand on perd, on passe la main. Ce n’est certes pas dans les habitudes françaises : Mitterrand et Chirac se sont présentés plusieurs fois avant de réussir et Giscard comme Sarkozy ont essayé de revenir après avoir été battus. Je préfère l’attitude de de Gaulle et de Jospin ou celle de Cameron : on perd, on s’en va. Il y a toujours un apprenti-calife pour remplacer le calife et nul n’est irremplaçable. Le FN ne manque pas de personnalités compétentes.

b/ Il vaudrait mieux d’ailleurs que le nouveau chef du nouveau parti n’ait jamais été adhérent du FN. Pour moi, l’idéal serait que Nicolas Dupont Aignan en prenne la tête. Il est compétent, a fait ses preuves localement, a déjà été élu et n’est pas compromis.

c/ Dans le programme du nouveau parti, il serait utile d’établir des priorités. Le FN veut à la fois promouvoir l’identité française, rétablir l’ordre, lutter contre l’islam conquérant, faire du « protectionnisme intelligent », sortir de Schengen, établir la préférence nationale, en finir avec l’euro et avec l’Union européenne, établir une politique étrangère plus équilibrée et faire une politique sociale redistributive de grande envergure.

Je suis d’accord avec chacun de ces objectifs mais je suis convaincu qu’il est impossible de tous les atteindre en même temps.

Avec la préférence nationale, on effraye les Français d’origine étrangère, avec la fin de l’euro et de l’UE, non seulement on fait peur aux épargnants mais on se met à dos les européistes de droite et de gauche, en faisant du social à fond, on braque les possédants, etc.

En additionnant toutes ces oppositions, on arrive au score de Marine Le Pen, 34%. Donc on n’a aucune chance de mettre en œuvre un seul petit point du programme.

Parmi les priorités, la préservation de l’identité française et la lutte contre l’islam conquérant et celle contre la délinquance et le terrorisme qui lui est liée, ma parait la priorité des priorités. Personnellement, s’il y avait des avancées sur ce point, j’accepterais d’attendre un peu sur les autres, y compris sur l’Europe, ma deuxième priorité.

d/ En conséquence, je pense qu’il serait judicieux de rechercher des convergences et des alliances sur ce thème prioritaire, même si des désaccords subsistent sur les autres points.

Je constate que, sur le thème sécurité-islam-identité, le langage de François Fillon n’était pas très différent de celui de Marine Le Pen. A côté d’une droite qui veut « vivre ensemble » à tous prix et qui se montre donc complaisante envers les ennemis de la France qui nous combattent, il y a une France plus « patriote » et consciente des dangers avec laquelle on peut travailler. Des gens comme Eric Ciotti, Laurent Wauquier ou même Christian Estrosi (qui a déclaré la guerre au FN avec le soutien du PS) me paraissent être fréquentables.

En sens inverse, bien que le programme du FN soit en grande partie un programme de gauche, il y a tellement de sectarisme et d’anti FN primaire de ce côté que j’estime que, au moins pour le moment, ce n’est pas la peine de perdre son temps et son énergie de ce côté. Je le regrette mais je suis réaliste.

e/ Dans la marche au pouvoir, ceux qui y sont parvenus ont souvent choisi la stratégie de la participation minoritaire à un gouvernement dont ils ne constituaient pas la composante idéologiquement dominante. Les postes de ministre de l’intérieur ou des finances ont souvent été de bons tremplins. Ils ont été occupés par Giscard d’Estaing, Mitterrand (sous la 4ème), Sarkozy et Macron. Valls s’y est essayé aussi et Fillon avait accepté d’être le « collaborateur » de Sarkozy.

J’estime que le FN relooké devrait entrer dans une telle coalition à titre minoritaire. En France, on donne l’impression de trahir si on accepte des compromis. On veut généralement profiter des avantages du système électoral uninominal pour imposer ses vues à la majorité alors qu’on est minoritaire (situation la plus normale : aucun parti n’a jamais plus de 50% des voix à lui tout seul).

Ce ne serait pas mauvais de changer ces comportements et ces pratiques. En acceptant d’être dans un gouvernement à titre minoritaire, le FN pourrait montrer l’exemple et n’en serait que plus « dé-diabolisé ». Quand la modestie se joint au réalisme, on peut faire des avancées sur le plan moral. La démocratie, c’est aussi, ou cela devrait être, aussi, la tolérance et l’esprit de compromis. En France, malheureusement, nous en sommes loin.

Si le FN veut un jour arriver au pouvoir, il doit donc le faire, d’abord, par une participation minoritaire à un gouvernement de droite (ce qui lui permettra peut-être, en retour, d’être soutenu par une droite minoritaire pour gouverner les régions où le FN est mieux placer, Nord et Provence par exemple).

Ce n’est qu’en faisant ainsi ses preuves qu’on peut acquérir la crédibilité qui peut laisser espérer d’accéder un jour à la présidence.

6/ Un dernier mot sur le système politique qui aurait ma préférence.

Ce n’est pas le français mais le suisse. J’ai expliqué pourquoi dans ce blog le 4 mars (« Le système politique suisse, modèle de démocratie »).

Le système suisse a en particulier l’avantage de prôner la tolérance et l’esprit de consensus (nous en sommes tellement loin en France que je ne rêve pas !) mais, surtout de se donner les moyens institutionnels de fonctionner, en particulier par le référendum d’initiative populaire (défendu par Le Pen et Mélenchon).

Il me paraitrait adapté au nouveau visage de la France où, à côté du clivage gauche/droite sont apparus ceux de identité française/multiculturalisme et souveraineté/ mondialisme. Avec le référendum d’initiative populaire, on n’aurait pas eu les manifestations sans fin sur le mariage pour tous ou la loi-travail : le peuple aurait décidé. On pourrait faire la même chose pour bien des sujets controversés : incarcération des fichés S, sortie de Schengen, etc.

Cela permettrait d’avoir une France réellement apaisée et une « démocratie » qui ne tournerait pas au totalitarisme.

Yves Barelli, 8 mai 2017

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Published by Yves Barelli - dans Politique française
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commentaires

RATUMA 08/05/2017 22:02

https://fr.sputniknews.com/international/201705081031294281-macron-election-farage/

RATUMA 08/05/2017 17:22

http://lelab.europe1.fr/video-effondree-par-sa-defaite-marine-le-pen-danse-3322895

RATUMA 08/05/2017 17:06

c'était un leurre - MLP dansait hier soir - tout est fait pour nous gruger - quant à ESTROSI, et toute l'équipe j'ai des doutes - pourquoi ne pas parler de l'UPR et de François ASSELINEAU , je vous ai envoyé la vidéo

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