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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 15:18

Les déclarations d’un futur président ne sont certes que des déclarations et on jugera aux actes, mais le contenu de l’interview que vient de donner Donald Trump met du baume au cœur de ceux qui aspirent à un vrai changement, aux Etats-Unis comme ailleurs, et suscite l’inquiétude, voire la peur, de ceux qui n’ont pour tout horizon que le système oppressif et inhumain qui nous gouverne encore et ses dogmes surannés. Franchement, l’affolement des « marchés » et des suppôts du « politiquement correct » dont l’alignement inconditionnel sur Washington et son relai bruxellois constituaient l’alpha et l’oméga de leur action (ou inaction) politique, fait plaisir à voir. Ils sont comme des chiens abandonnés sur une aire d’autoroute : ils ont perdu leur maître et ne savent plus où aller. Trump entrera en fonctions le 20 janvier : en attendant cette date fatidique où leur idole, Barack Obama, pourtant l’un des présidents les plus mauvais de l’histoire récente des Etats-Unis, quittera, enfin, la Maison Blanche, ils sont entre l’attente de l’apocalypse et le fol espoir que ce « populiste » à leurs yeux sans légitimité (le peuple n’est respectable que quand il vote « bien » !) deviendra enfin « raisonnable ». Laissons-les à leurs peurs. Elles seront peut-être de bon conseil.

Je ne veux pas ici commenter le détail de l’interview que Trump a donné à des médias anglais et allemands (La France de Hollande et Sarkozy est devenue quantité si négligeable, qu’on nous ignore, à juste titre !). Nous aurons largement le loisir de revenir sur les thèmes abordés lorsqu’on aura à commenter des actes et non des mots.

Je me contenterai d’en rappeler les grandes lignes :

1/ Madame Merkel a commis une faute majeure en laissant entrer sans aucun discernement plus d’un million de migrants en Allemagne, dont une petite minorité de vrais réfugiés et une majorité de gens n’ayant ni la capacité ni la volonté de s’assimiler à la société allemande.

  1. Les Britanniques ont eu raison de choisir le « Brexit ». Donald Trump rencontrera prochainement Madame May et lui proposera une coopération particulière, en rapport avec les relations traditionnellement privilégiées entre les deux pays. Cela tranche avec l’ingérence d’Obama qui avait tenté de dissuader les Britanniques de récupérer leur souveraineté et qui les avait menacés en quelque sorte d’être mis en quarantaine. Cela m’amuse aussi eu égard à toutes les balivernes que nous ont déversés nos médias prédisant le pire pour les Anglais, désormais totalement « isolés » (avec des liens particuliers avec les 2 milliards d’habitants du Commonwealth et avec les « cousins » d’Amérique, qui est isolés, eux, ou les nations sans volonté, sans perspective et avec si peu en commun des pays de ce qui est encore, sans doute pour pas longtemps, l’ « Union européenne » ? A mourir de rire !).

3/ Montrant le peu de considération qu’il a vis-à-vis de cette « Union européenne », Trump prédit d’autres « Brexits ». On n’avait jamais entendu pareille déclaration raisonnable dans la bouche d’un président américain : depuis la signature du traité de Rome en 1957, l’Amérique avait toujours considéré (sans le dire, évidemment) que l’Union européenne était une bonne courroie de transmission à leur domination de l’Europe.

4/ L’OTAN elle-même est critiquée par Trump. Il est inédit qu’un président américain critique ce bras armé de l’impérialisme yankee. A ses satellites européens, Trump dit : si vous voulez bénéficier de la protection américaine (et protection contre qui ? La Russie ? Agressée et non agresseur !), il faudra payer pour cela. En d’autres termes : soyez indépendants, responsables, faites comme de Gaulle fit et comme les Anglais continuent à faire ; on préfère, vu de Washington, avoir de vrais partenaires qui s’assument, pas des lavettes timorées sur lesquelles, en cas de coup dur, on sait qu’on ne pourra compter.

5/ Pour se protéger de l’islam conquérant et du terrorisme qui en est le corolaire, la Russie de Poutine est un allié bien plus fiable que tous les satellites européens. Ce n’est pas dit de manière aussi nette, mais c’est ça que cela veut dire.

6/ En substance, le nouveau président américain a une conception plus saine des relations internationales : chacun chez soi, chacun doit d’abord penser à protéger son peuple et non les intérêts à court terme de groupes d’actionnaires. D’où le principe du protectionnisme économique : on produit chez soi, autant que faire se peut, ce qu’on y consomme. Et cela est dans l’intérêt de tout le monde (sauf d’une poignée de capitalistes). En obligeant les entreprises automobiles américaines à revenir à Detroit, c’est bon pour les ouvriers américains, ça l’est aussi pour les mexicains car cela incitera les capitalistes mexicains à mieux payer leurs ouvriers afin qu’ils consomment et donc favorisent l’économie locale. C’était déjà le crédo de Ford au début du vingtième siècle. Ce langage sonne le glas de la mondialisation imbécile (si on ne travaille partout que pour l’exportation en rognant sur les salaires, à qui vendra-t-on en fin de compte, aux Martiens ?) et criminelle (car à l’origine de l’énorme gâchis social et environnemental auquel nous assistons depuis plus de trente ans).

XXX

Je ne sais si le nouveau président américain agira effectivement comme il le dit. Le « système » est puissant et a de nombreux affidés. Le locataire de la Maison Blanche, aussi puissant soit-il et aussi bien intentionné soit-il, ne peut tout. Il devra sans doute composer. Mais même si les actes risquent de ne pas être totalement en adéquation avec l’attente, le fait qu’il y ait un langage nouveau outre-Atlantique est tout de même réconfortant. Il vaut mieux entendre celui-ci que celui qui nous est asséné depuis trop longtemps par nos « dirigeants » (eux-mêmes dirigés par les intérêts occultes) et leurs serviles médias.

Comment m’en plaindre alors que ce que vient de dire Donald Trump va exactement dans le sens de ce que j’écris dans ce blog depuis quatre ans ?

Que ce soit de bonne augure, et même si on devait être déçu par le passage à l’acte, au moins cela nous aura fait rêver !

Je plains les « réalistes » qui ne sont même pas capables d’imaginer mieux que ce qu’ils ont, je veux dire de ce qu’on leur sert comme on sert une pâtée à un chat. La différence entre eux et nous est que nous rêvons à un monde meilleur. Et même si l’amélioration n’est pas toujours au rendez-vous, essayons tout de même de faire des rêves une réalité. L’utopie d’aujourd’hui peut être la réalité de demain. Cela dépend en partie de nous.

On peut parfois se dire que notre pouvoir est infime. Sans doute, mais il n’est pas nul.

A titre d’exemple, sachons utiliser à bon escient le bulletin de vote que, nous Français, aurons en avril et mai prochains.

L’espoir peut être pour demain.

En y ajoutant mes vœux de santé et bonheur personnel, c’est ce que je vous souhaite, ce que je nous souhaite, pour 2017.

Yves Barelli, 16 janvier 2017

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Published by Yves Barelli - dans Relations internationales
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