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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 20:37

Lorsqu’on fera le bilan du quinquennat de François Hollande, dans lequel on aura bien du mal à trouver des aspects positifs, la politique étrangère en constituera l’un des aspects les plus négatifs.

Alignée sur les pires faucons de Washington, inféodée à l’Union européenne, vassalisée par rapport à l’Allemagne d’Angela Merkel, accoquinée avec  les monarchies wahhabites du Golfe, invraisemblablement agressive vis-à-vis de la Russie et des pays qui se battent contre l’islamisme radical et, d’une façon générale, complaisante avec tout ce qui est antidémocratique et archaïque dans le monde mais hostile envers les progressistes, la France de Hollande a donné la pire image de notre pays, image qu’il appartiendra au président qui sera élu en 2017 de corriger.

1/ La France s’est déjà ridiculisée en présentant il y a un peu plus d’un mois au conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution totalement unilatéral sur la Syrie qui s’est logiquement heurté à un véto russe (mon article « Syrie : palinodies françaises au Conseil de Sécurité », 9 octobre 2016).

Le tam-tam médiatique des média gouvernementaux (« France-info » bat tous les records de la désinformation) et des autres représentants du « système » a emboité le pas à Hollande et à son ministre des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault (dont on n’a pas souvenir au Quai d’Orsay d’en avoir vu un aussi mauvais) pour présenter avec la pire mauvaise foi les « crimes » du « tyran » Bachar el Assad et de son allié Poutine, présenté comme une sorte de nouveau Staline.

Cette semaine, on remet cela, sur le même sujet. Selon la version très particulière du gouvernement, le « régime » syrien et son protecteur russe serait en train de commettre des crimes de guerre de grande ampleur, presque un génocide, en anéantissant la ville d’Alep où des populations civiles « innocentes » seraient délibérément massacrées. Il faudrait donc de toute urgence forcer les « assassins »  à mettre un terme à leur action criminelle. La « communauté internationale » doit se mobiliser, disent-t-ils, pour sauver Alep.

Pendant ce temps, la coalition dirigée par les Américains, dont la France est partie prenante, bombarde Mossoul, y compris les populations civiles, mais avec une différence colossale : à Mossoul, on libère, tandis qu’à Alep, on conquiert !

Pendant ce temps aussi, les Saoudiens, ces amis de la France qui continuent à décapiter les opposants en place publique, qui interdisent à leurs femmes de conduire des automobiles et qui financent chez nous les mosquées salafistes, peuvent détruire en toute impunité le Yémen, en y massacrant beaucoup de monde. Mais là, Hollande et Ayrault ne trouvent rien à y redire.

Ce que nos médias ne disent pas, c’est que, Alep, comme Mossoul, sont aux mains d’islamistes radicaux, que les civils qui ont voulu fuir la ville l’ont déjà fait et que ceux qui y restent sont en fait des combattants islamistes. Nos médias diffusent complaisamment leurs  vidéos qui mettent en scène des bébés effrayés et des civils « courageux » qui font face à la barbarie. Ce qui serait comique, si ce n’était tragique, est le commentaire de nos télévisions : quand les images viennent des islamistes d’Alep, ce sont des documents forcément objectifs, quand, pour une fois, on montre des images prises de l’autre côté qui présentent des soldats russes distribuant de la nourriture aux civils, le commentateur s’empresse de dire qu’il s’agit d’images de « propagande ».

2/ Pourquoi ce parti-pris de la France de Hollande ? J’avoue ne pas comprendre sa logique.

Il y a pourtant une contradiction : nous sommes, parait-il, en guerre contre le « terrorisme » (que Hollande ne précise jamais : des Martiens ? Seul Valls est un peu plus explicite : lui, parle, du terrorisme « islamiste ». Il y a plus qu’une nuance entre les deux). Ce terrorisme vient de l’ « Etat islamique » (Daesh). Pas de la Syrie de Bachar ni de la Russie de Poutine. Mais, curieusement, pour Hollande, eux sont les ennemis principaux.

3/ Pendant un temps, les Occidentaux ont fait corps dans leur hostilité à la Syrie, à l’Iran et à la Russie.

Ce n’est plus le cas. Le front antirusse commence à s’effriter. Certain pays européens préconisent la fin des sanctions, Obama a renoncé à bombarder la Syrie (quand Hollande y était prêt).

La France est désormais isolée. Plus personne ne soutient son activisme ridicule au conseil de sécurité.

Sur place, le pouvoir de Bachar s’est renforcé. Il est en passe de remporter définitivement la partie. Même la Turquie d’Erdogan désormais lui laisse libre champ dans la région d’Alep en ne soutenant plus les rebelles.

4/ Dans quelques mois, la situation devrait se modifier encore plus. Donald Trump, qui prendra ses fonctions en janvier, a nettement déclaré que l’islamisme était son ennemi. Poutine ne va sans doute pas devenir par enchantement son nouvel allié (cette impression tirée de la campagne électorale sera sans doute pas mal corrigée par des intérêts nationaux qui resteront dans une large mesure antagonistes), mais, à tout le moins, on peut s’attendre  è une certaine détente.

Les alliés européens des Etats-Unis, traditionnellement suivistes, en tiendront certainement compte et infléchiront leur position.

La France de Hollande n’en sera que plus isolée.

5/ On peut heureusement s’attendre à ce que le nouveau président français change très sensiblement de politique étrangère. L’hypothèque Juppé, le plus atlantiste, européiste et antirusse, est heureusement levée. La gauche, même avec Valls, a peu de chances de rester au pouvoir et l’hypothèse d’un duel de second tour Fillon-Le Pen est forte. Les deux sont bien disposés envers Poutine et ils ont une vision plus réaliste et plus juste de la Syrie.  

C’est de bon augure.

Le président de la république vient d’annoncer ce soir qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat. On ne le regrettera pas.  

Exit Sarkozy. Exit Juppé. Exit Hollande.

Avec eux, je n’étais pas fier d’être Français.

J’espère le redevenir en 2017.

Yves Barelli, 1er décembre 2016                            

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Published by Yves Barelli - dans Politique française
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