Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 23:19

L’hyper puissance américaine ne veut rien lâcher dans sa domination mondiale. Avec ses alliés et satellites en bon ordre, elle multiplie les provocations vis-à-vis de la Russie et de la Chine, « coupables » de ne pas reconnaitre son hégémonie. Le sommet de l’OTAN, qui se tient à Varsovie, comme le surarmement de la Corée du Sud et des autres pays asiatiques embrigadés dans le « camp » américain, participent au jeu dangereux de Washington. A ignorer la géographie et à s’arc-bouter sur un impérialisme d’un autre âge, les Occidentaux se trompent de cible : la menace est celle de l’islamisme conquérant, pas celle des puissances émergentes qui n’aspirent qu’à occuper une place en rapport avec leurs tailles, leurs populations, leurs économies et leurs cultures multiséculaires.

1/ Nos médias, qui n’ont aucun sens critique ou qui sont à la solde de leurs actionnaires, parties prenantes au système capitaliste mondialisé dont les Etats-Unis sont le bras armé, continuent à longueur de journée de nous parler du « danger » russe en Europe, dans le Caucase et au Moyen-Orient, et de l’ « expansionnisme » chinois en Extrême-Orient. Ils n’ont pas encore pris conscience des velléités d’ « hégémonie » indienne dans l’océan du même nom, mais cela viendra bientôt.

Et ces médias d’apporter quelques « preuves » de leurs craintes : la récupération de la Crimée par la Russie, ou l’affirmation de souverainetés chinoises sur les îlots de la mer de Chine, par exemple.

A les écouter ou à les lire, on aurait affaire à des entreprises impérialistes que les « gentils » Américains, autoproclamés protecteurs de droit divin des libertés dans le monde, se font un devoir de contrer, pour notre bien évidemment.

Y a-t-il quelques « gogos » qui gobent de telles contre-vérités? Sans doute, mais il y a surtout l’hypocrisie de ceux qui ont choisi une fois pour toutes le système économique, social et politique des Etats-Unis et sa « protection » militaire, quitte à entériner toutes les aventures militaires, les déstabilisations organisées par la CIA et le soutien aux dictatures, autrefois celles de l’Amérique latine, aujourd’hui celles des monarchies du Golfe, qui sont les relais de l’hégémonie « yankee ». Les soit disant droits de l’homme, les élections, à condition qu’elles aillent dans le bon sens, sont les alibis et les paravents de ce que l’objectivité devrait nommer : l’impérialisme pur et dur, la domination de la plus grande puissance mondiale au bénéfice du capitalisme international.

Dans ce jeu mondial aux cartes truquées, il n’y a, pour Washington et nos médias qui relaient les intérêts de la Maison Blanche, que deux catégories de pays, les « bons », catalogués comme « démocraties », même lorsque des dictatures sanglantes ou le « fric » roi y règnent contre les peuples, et les « méchants », de cet « axe du mal », composé évidemment de « dictatures dangereuses » qui osent s’opposer à la volonté américaine. Et comme on n’est pas à une contradiction près, parfois, des « dictatures », pour peu qu’elles mettent de côté leur politique « agressive », sortent de l’empire du « mal ». Ainsi, l’Iran et Cuba redeviennent tout à coup fréquentables ; ils s’ouvrent au capital occidental et deviennent, du coup, aussi fréquentables que le Qatar ou l’Arabie saoudite, rarement dénoncés par nos médias et nos politiciens, souvent financièrement intéressé, en dépit de leurs régimes. Il est vrai que la notion de droits de l’homme est à géométrie variable et là où il y a du fric à gagner, les régimes oppresseurs, soudain, s’habillent aux couleurs de la « démocratie » !

2/ La réalité est différente de ce que l’information à sens unique nous décrit.

Et d’abord, que le lecteur me comprenne bien. Je ne veux idéaliser ni la Russie, ni la Chine, ni leurs régimes et ni leurs dirigeants. J’estime seulement qu’ils ne sont ni meilleurs nu pires que notre système. Le régime chinois, par exemple, n’est pas mon idéal, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais il a assuré à la Chine croissance économique, meilleur niveau de vie et stabilité. Il est sans doute adapté à ce pays. L’Asie n’est pas l’Europe et la conception de la démocratie, y compris dans des pays « alliés » comme le Japon ou la Corée du Sud, n’est pas la nôtre. Pour sa part, Poutine est sans doute un homme à poigne mais qui jouit en Russie d’une forte popularité ; après les dérives d’Eltsine, il a remis la Russie sur les rails et il correspond donc aux nécessités du lieu et du moment.

Une autre considération est à prendre en compte, celle de la géopolitique et de la géostratégie. Les intérêts des pays et des peuples sont en grande partie fonction de l’histoire et de la géographie. Avant de porter une appréciation sur les choix des gouvernants, il est bon de regarder une carte. Souvent une bonne carte vaut mieux qu’un long discours (et je regrette de ne pouvoir en glisser une dans ce blog). Il y a le plus souvent une logique et une continuité dans les choix politiques. Il y a ainsi des puissances maritimes ; elles ont tendance à s’étendre sur les océans pour compenser leurs faiblesses continentales : c’est parce que l’Angleterre est sur une petite île, qu’elle est partie à la conquête du monde. Et il y a les puissances continentales comme la Russie, la Chine ou l’Allemagne. Leur hantise, c’est l’encerclement par les puissances maritimes. Aujourd’hui, il suffit de consulter une carte avec la présence de bases militaires et de pays satellisés par les Etats-Unis, pour voir que ce sont la Chine et la Russie qui sont encerclées. Pas le contraire. Ce n’est pas la Chine et la Russie qui menacent les Etats-Unis et leurs alliés, ce sont eux qui les menacent. Les troupes de l’OTAN sont (depuis l’Estonie) aux portes de Saint Petersburg, 50 000 soldats américains sont en Corée, à moins d’une heure d’avion des côtes chinoises.

Un tel encerclement n’est pas supportable à terme. Ne pas le voir, ne pas le comprendre, c’est croire que le statuquo pourra être éternel. Or, ce ne sera pas le cas parce que cela ne peut être le cas.

L’art de la géopolitique, c’est d’identifier les rapports de force et les lignes de partage des zones d’influences qui en résultent. Ceux qui savent jouer au « go », jeu de stratégie d’origine asiatique où ce qui est important, ce ne sont pas des « coups », c’est-à-dire, des affrontements ponctuels, qui permettent de gagner, mais des « territoires » qui se sont constituent en fonction des rapports de force. Les adeptes de ce jeu savent qu’on ne peut être présents partout, qu’il est illusoire de vouloir conquérir la totalité du « goban ». Lorsqu’on est relativement faible sur un territoire, on n’insiste pas car on risque d’y perdre beaucoup. Il vaut mieux sécuriser les territoires où on a des chances de s’implanter durablement.

Le monde est à l’image du jeu de go. Les pays ne sont pas de tailles égales. Les plus gros ont une tendance naturelle à se créer des zones d’influence où il est de l’intérêt des petits pays qui s’y trouvent de collaborer avec le gros. Si le petit pays choisit l’affrontement avec le gros, il ne peut gagner durablement, même s’il a le soutien d’une grande puissance extérieure. Cuba a voulu narguer le grand voisin américain. Il l’a payé d’un embargo dont les conséquences perdurent. Dans l’histoire, les exemples abondent de folles provocations d’un « petit » envers un « grand ». La Pologne s’est étendue à l’est en 1918 sur des territoires non peuplés de Polonais en profitant de la faiblesse du jeune pouvoir bolchévik soviétique ; elle le paya vingt ans plus tard sous Staline. Aujourd’hui, la Géorgie et l’Ukraine, où les Américains ont réussi à implanter des régimes à leur solde par des moyens bien peu démocratiques, défient Moscou. C’est folie. L’Ukraine le paye aujourd’hui par un étranglement économique et ceux qui s’imaginent que l’Europe va payer pour Kiev, alors qu’elle n’est pas capable de remettre la Grèce, l’Italie ou le Portugal sur pied, sont des naïfs.

Ceux qui ne respectent pas les rapports de force « naturels » sont des apprentis-sorciers et les « petits » payent toujours pour les « grands ». Lorsque Washington pousse ses pions ukrainiens ou géorgiens pour contrer Moscou, cela n’aura qu’un temps. Soit on aura une guerre mondiale, soit on aura un arrangement entre puissances et, alors, celui-ci risque de se faire sur le dos de Tbilissi et de Kiev.

Jusqu’à présent, les grandes puissances ont réussi à éviter le conflit nucléaire. On peut espérer que cela perdurera. L’aboutissement sera un partage du monde au prorata de la puissance de chacun. Si les dirigeants des puissances étaient sages, ils accepteraient ce partage en quelque sorte à l’amiable en économisant les confrontations inutiles. La nature devrait leur servir de modèle. Dans un troupeau, le mâle dominant établit sa suprématie en se mesurant brièvement à ses concurrents. Au bout de quelques coups de cornes, le plus faible abandonne la partie et les combats ne sont jamais mortels. Ce n’est sans doute pas moral, mais efficace. Peut-on dire que le capitalisme international et son bras armé américains sont « moraux » ? Et le régime corrompu actuel de Kiev encore moins. Alors, autant être raisonnable. Si Napoléon et Hitler avaient été raisonnables, jamais ils n’auraient attaqués la Russie, mieux défendue encore par le « général Hiver » que par son armée.

Aujourd’hui, l’hiver est toujours là et, en outre, la Russie, la Chine et l’Inde ont le feu nucléaire. Ces deux dernières sont en plus des géants démographiques et, s’agissant de la Chine, son économie est en passe de rattraper celle des Etats-Unis.

Désormais, la confrontation avec ces puissances est devenue contreproductive. Il me parait fou de la part des Etats-Unis de continuer dans la voie sans issue de la confrontation. L’hégémonie de la Russie sur son « étranger proche », qui faisait partie de son propre territoire soviétique il y a peu, est dans l’ordre des choses. De même que la domination de la Chine en Asie. Même le Japon, au territoire de la taille d’une province chinoise, devra s’y résoudre un jour.

3/ Dans ce contexte, la politique de Washington et de ses relais militaires ou politico-économiques que sont l’OTAN, l’Union européenne et toutes les autres alliances militaires montées en Asie autour de la Chine et de l’Inde, est irréaliste et représente surtout un gâchis d’énergie qui pourrait être mieux utilisée ailleurs.

On dirait que les dirigeants de Washington et leurs valets européens n’ont pas saisi l’évolution du monde. Leurs antisoviétisme et anticommunisme viscéraux du passé n’ont pas évolué d’un iota. Pour eux, la Russie est toujours l’Union soviétique et Poutine un nouveau Staline. L’OTAN a profité de la faiblesse passagère de la Russie sous Eltsine pour s’étendre indécemment à l’Est, jusqu’à incorporer une partie de l’ancienne URSS (les pays baltes). Les Russes en ont été humiliés. Ce n’est pas une bonne politique que d’humilier les peuples. Si les Russes serrent les rangs aujourd’hui autour de Poutine, c’est à cause de cette humiliation. Les Américains ont lancé sur Moscou un boomerang qui est en train de revenir sur eux.

On peut faire le même raisonnement pour la Chine et bientôt pour l’Inde. Certes, Pékin a été un moment ménagé parce que la Chine s’était opposée à l’URSS et parce que le capital international y trouvait son compte. La stratégie chinoise est à long terme. Pékin a d’abord cherché à construire une puissance économique (ce que n’a pas réussi à faire la Russie). N’importe quel observateur intelligent et informé comprend parfaitement que la Chine ne tolèrera plus longtemps les bases militaires que les Américains ont installé à ses portes à Taïwan, en Corée, au Japon, mais aussi en Asie du Sud-est. Il serait sage pour les Américains de rechercher sans tarder un arrangement, y compris militaire, avec Pékin. Sans quoi, il est probable qu’ils y seront contraints un jour.

4/ Que cherchent les Américains en décidant au sommet de Varsovie de surarmer les frontières orientales de la Pologne et des pays baltes ? C’est un jeu très dangereux. Que signifient des sanctions économiques de la part de l’Union européenne contre Moscou sachant que ces sanctions se retournent contre eux avec des contre-sanctions ?

La Russie a décidé de récupérer la Crimée. Malgré leurs gesticulations, les Américains ont été incapables de l’en empêcher. Si demain, Moscou décidait d’intensifier son aide aux Ukrainiens qui luttent contre le régime de Kiev, que feraient les Occidentaux ? Sans doute rien, car nul ne veut d’un conflit nucléaire. Une déstabilisation économique, comme cela a commencé ? Mais si celle-ci était trop poussée, les Chinois viendraient au secours de leur allié car ils ne veulent pas se retrouver seuls.

Les menées militaristes américaines à l’encontre de Moscou et de Pékin ne servent donc à rien. A moins que le véritable objectif ne soit pas l’affaiblissement de ces puissances, mais plutôt de conserver la mainmise de Washington sur des alliés placés sous sa protection. On le voit à certains signes. Le traité de libre-échange transatlantique négocié en catimini par la Commission de l’UE qui, s’il était signé, donnerait des avantages complètement déséquilibrés à Washington, en est un exemple. Le « parapluie » nucléaire américain a un prix : la soumission aux intérêts économiques, stratégiques, culturels et autres de la part des protégés.

Peut-être qu’un jour, les dirigeants occidentaux deviendront plus intelligents. L’Europe est un continent. Ses peuples ont intérêt à collaborer de l’Atlantique à l’Oural. Il en va de même en Asie. Le Japon a intérêt à collaborer avec la Chine ; Pour sa sécurité, mais aussi pour son économie.

Si les alliés de l’Amérique se montraient un peu plus indépendants, les Américains deviendraient plus raisonnables.

En attendant, les Américains ont des bases militaires dans plus de 70 pays dans le monde. En dehors de leur territoire, les Russes en ont une seule, en Syrie, et les Chinois sont en train d’ouvrir leur première, très modeste, à Djibouti (où Américains et Français ont les leurs, bien plus grandes).

Qui menace qui ? Pour le moment, ce sont les Américains qui menacent le monde entier. Ce sont eux qui interviennent militairement partout : Serbie, Afghanistan, Irak, Libye, etc

Alors, messieurs les caniches européens présents à Varsovie et messieurs les éditorialistes donneurs de leçons, un peu de décence s’il vous plait. Prenez plutôt des cours de géographie, d’histoire et de géopolitique. Vous en avez bien besoin.

Attaquez-vous plutôt aux véritables menaces qui planent sur nos pays. Elles ne viennent pas de Moscou et de Pékin. Elles s’appellent capitalisme financier mondial devenu fou qui nous prépare une crise économique bien plus grave que celle de 2008 ; mondialisation qui détruit les valeurs et les identités et contre laquelle les peuples sont en train de se rebeller ; inégalités scandaleuses avec une richesse insolente d’une minorité qui côtoie la paupérisation de la majorité ; immigration incontrôlée avec la création de ghettos communautaristes qui sont des bombes à retardement ; islam conquérant qui ambitionne de déstructurer les sociétés occidentales et peut-être de les dominer ; enfin destruction de la planète par des activités économiques inconsidérées.

Voila où vous devriez porter vos regards.

Les dirigeants de l’OTAN réunis à Varsovie sont des myopes. C’est très inquiétant.

Yves Barelli, 9 juillet 2016

Partager cet article

Repost 0
Published by Yves Barelli - dans Relations internationales
commenter cet article

commentaires

julienne 11/09/2016 19:07

Bonsoir

Je m’appelle julienne, incroyable mais vrai ce vieux marabout a changé ma tristesse en une joie dans mon foyer.Voici mon histoire, un jour au retour du bureau mon mari a commencé par ramasser ses effets, je lui ai demandé la cause,il m'a dit qu'il a fini avec moi, je ne sais plus comment vivre avec nos deux enfants en plus je suis menacé dans mon service et toute est mélangée; plus de mari plus de travail. J'ai une amie a qui je me fais confiance qui m' a parlé de ce marabout très puissance et rapide qui fait des miracles et j'ai appelé le marabout pour me le fais revenir, je vous jure mon mari est revenu à la maison avec des pardons après avoir passé deux semaines au-dehors et les problèmes de ma santé sont terminés, et aussi des soucis dans mon service tout a été regret par ce marabout très très puissant et je vis normalement comme je veux. Si vous avez un problème n’hésite pas, je vous pris de le contacter sur ce mail maraboutkabirou@outlook.fr. Dites-lui que c'est de la part de julienne, il est très très bon.Tel:00229 98 74 96 07

Merci

julienne 11/09/2016 19:07

Bonsoir

Je m’appelle julienne, incroyable mais vrai ce vieux marabout a changé ma tristesse en une joie dans mon foyer.Voici mon histoire, un jour au retour du bureau mon mari a commencé par ramasser ses effets, je lui ai demandé la cause,il m'a dit qu'il a fini avec moi, je ne sais plus comment vivre avec nos deux enfants en plus je suis menacé dans mon service et toute est mélangée; plus de mari plus de travail. J'ai une amie a qui je me fais confiance qui m' a parlé de ce marabout très puissance et rapide qui fait des miracles et j'ai appelé le marabout pour me le fais revenir, je vous jure mon mari est revenu à la maison avec des pardons après avoir passé deux semaines au-dehors et les problèmes de ma santé sont terminés, et aussi des soucis dans mon service tout a été regret par ce marabout très très puissant et je vis normalement comme je veux. Si vous avez un problème n’hésite pas, je vous pris de le contacter sur ce mail maraboutkabirou@outlook.fr. Dites-lui que c'est de la part de julienne, il est très très bon.Tel:00229 98 74 96 07

Merci

Recherche