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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 23:39

J’ai réagi sur ce blog dès le lendemain de la tuerie du 14 juillet de Nice (« Après l’attentat terroriste de Nice, prendre enfin les mesures »). J’ai analysé la situation et ai fait part de mon sentiment quant aux mesures d’urgence à prendre. Je renvoie le lecteur à mon article. Après la minute de silence observée ce jour en mémoire des victimes et le début de polémique autour de l’incapacité affligeante du président de la république et du gouvernement à faire face à la situation, je voudrais aujourd’hui compléter ma réflexion et faire des remarques additionnelles.

1/ Les représentants de l’opposition qui pointent du doigt l’insuffisance des mesures prises par le gouvernement pour répondre à la guerre que nous a déclarée l’islamisme radical ont parfaitement raison.

Le problème n’est pas tant la question de l’adéquation ou de l’insuffisance des moyens spécifiques déployés pour assurer la sécurité du rassemblement populaire sur la promenade des Anglais. On peut sans doute s’étonner du relatif faible nombre de policiers présents sur les lieux : environ une centaine, y compris des policiers municipaux. Cela est certainement dû à la concentration des moyens sur Paris et sur le Tour de France. Circulant beaucoup en province, je constate que depuis des mois, la présence policière y est faible et que, en outre, les frontières restent ouvertes sans contrôle effectif (le contrôle des frontières, annoncé par le ministre de l’intérieur après la tuerie du Bataclan n’a été qu’un effet d’annonce ; il est scandaleux de mentir ainsi aux Français). Je constate aussi qu’on prend le TGV de Paris à Marseille ou à Nice sans aucun contrôle et que la sécurité dans les aéroports n’est pas à la hauteur des risques. Quant aux contrôles routiers et autoroutiers, ils sont inexistants. Même les gendarmes chargés d’intercepter les excès de vitesse ont quasiment disparu (seuls les radars restent).

La vérité est que la réalité ne correspond absolument pas avec la situation théorique d’ « état d’urgence ». J’ai donné quelques exemples dans mon article précédent des mesures qui sont prises dans d’autres pays soumis à un danger comparable ou même moindre à celui de la France. Le constat est sévère : ni les autorités ni la société n’ont pris conscience de la gravité de la situation et de la permanence de la menace. Qu’on ait tenu l’euro de foot, qu’on ait maintenu le tour de France et qu’on ait laissé se rassembler des foules immenses pour les feux d’artifice comme si de rien n’était est pure folie criminelle. Le gouvernement est le premier responsable. Mais nous, collectivement, le sommes aussi.

C’est de l’inconscience pure de croire et de faire croire que la réponse à apporter au terrorisme est de continuer à vivre « normalement », en consommant aux terrasses de café et en allant voir les feux d’artifice accompagnés de bambins. En le faisant, on prête le flanc aux terroristes en leur laissant le choix du lieu et de l’heure pour frapper.

En l’occurrence, lorsque le gouvernement dit que la police ne peut être partout, il a raison. Mais quel aveu d’impuissance ! Et quelle atteinte au moral des Français en leur avouant que « le risque zéro n’existe pas » et donc que nous sommes tous des cibles potentielles sans défense.

Toutes choses égales par ailleurs, comme disent les scientifiques, deux fois plus de policiers à Nice n’aurait sans doute rien changé. Et même avec des barrières renforcées, le camion tueur serait sans doute passé.

2/ Cette résignation du président de la république et de son gouvernement est insupportable. Les Niçois qui ont sifflé le premier ministre ce midi ont eu raison. Trop, c’est trop. Nous sommes tous des cibles et nous sommes en colère parce que nous estimons que cette situation n’est pas une fatalité et que les mesures sérieuses, qui n’ont pas été prises depuis Charly, doivent enfin l’être.

Quelles mesures ont-t-elles été prises depuis le début de l’année, à la suite du massacre du Bataclan et des divers assassinats, dont celui de deux policiers chez eux dans les Yvelines ?

Quasiment aucune. On a annoncé le recrutement de policiers : 380 policiers supplémentaires seront recrutés (je parle de recrutements nets, déduction des départs à la retraite). Dérisoire, alors Sarkozy avait supprimé plus de 10 000 postes. Le gouvernement se contente de claironner qu’il a mis fin à la diminution du nombre de policiers, mais aussi de gendarmes et de soldats. Sur ce plan, Sarkozy avait été nul. Hollande est content de n’être que mauvais. Lamentable !

Comprendrons-nous que nous manquons cruellement de policiers sur le terrain et de militaires sur les nombreux théâtres d’opération dans lesquels l’armée française est engagée ? Ce n’est pas mettre fin aux baisses d’effectifs qu’il faut, mais un recrutement massif. J’ai proposé dans mon article de vendredi de créer un impôt spécifique ou un emprunt « de guerre ». Si on veut assurer notre sécurité, il faut y mettre le prix. Et c’est à chacun de nous de payer en proportion de ses possibilités (dans cette esprit, il faut évidemment considérer les « exilés fiscaux » comme des déserteurs et les traiter en conséquence au lieu de continuer à les décorer dans les promotions du 14 juillet).

3/ Ces recrutements massifs sont nécessaires, mais ils seront loin d’être suffisants.

Si on attend toujours que le terrorisme frappe pour réagir, on aura toujours un temps de retard : après le camion tueur, on aura sans doute un bateau explosant dans un port ou un hélicoptère bombardant une petite ville choisie en fonction de son manque de défense.

Il faut donc prendre d’autres mesures.

Je les ai exposées il y a trois jours. Elles rejoignent en grande partie les propositions de l’opposition, qu’il s’agisse des Républicains, du Front National ou de Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan. Nombre de ces propositions sont contenues dans le rapport (adopté à l’unanimité) de la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale, composée de députés de la majorité comme de l’opposition. Le gouvernement n’en a pas tenu compte.

Quelles sont ces propositions ? Elles sont diverses mais peuvent se résumer à deux grands principes : renforcer les moyens des forces de l’ordre et, surtout, mieux contrôler les islamistes avant que certains d’entre eux ne passent à l’acte terroriste. Pour le détail de ce qui devrait être fait, je vous renvoie à mon article précédent.

Il me parait incompréhensible que le gouvernement ne fasse rien de sérieux pour mettre hors d’état de nuire les islamistes dangereux. Pourquoi ne veut-t-il pas mettre en rétention les plus dangereux ? Pourquoi n’expulse-t-il pas les imams salafistes étrangers ?

Sans doute craint-il qu’en prenant des mesures coercitives vis-à-vis des islamistes avant qu’ils passent à l’acte, il prête le flanc à l’accusation d’amalgame vis-à-vis de la soit disant « communauté musulmane ».

Ce n’est que reculer pour mieux sauter. Il faudra bien un jour (ce gouvernement ou, probablement, un autre) s’attaquer au problème de base : l’existence dans notre pays de comportements « communautaristes » qui font passer les solidarités ethniques et religieuses avant l’appartenance à la Nation et la supposée loi de l’islam avant celle de la République. Ce n’est qu’en engageant un vrai combat (une guerre, puisqu’elle nous a été déclarée) contre l’islamisme qu’on obligera les membres de cette soit disant « communauté musulmane » à choisir une fois pour toutes leur camp : celui de l’islam conquérant ou celui de la République. On ne pourra rester éternellement dans l’ambiguïté.

Parmi les mesures non prises qui interpellent, il y a la situation des étrangers condamnés par la justice et à l’encontre desquels on ne prend aucune mesure d’expulsion. Là, il ne s’agit plus du seul terrorisme mais de la délinquance ordinaire. Le tueur de Nice en est un exemple : étranger, condamné à la prison en mars dernier après plusieurs actes non sanctionnés (parce que, malheureusement, notre justice est laxiste ; laxisme pris par les délinquants pour de la faiblesse et donc une autorisation, de fait, à persévérer dans la délinquance) de violence, y compris conjugale, cet individu, remis immédiatement en liberté grâce au sursis, a pu continuer à rester légalement sur le territoire français, à y travailler et, accessoirement, à louer un camion de 19 tonnes.

Je demande, avec de nombreux hommes politiques et des millions de citoyens, que les étrangers condamnés par la justice soient immédiatement expulsés. La France n’a que faire de délinquants, de parasites et de terroristes en puissance.

On peut se poser au passage une question annexe, malheureusement non relevée par les médias. Comment est-il possible, en situation d’état d’urgence, qu’un étranger (maghrébin musulman : la loi ne fait pas la différence avec une autre catégorie d’étranger, mais ne faisons pas semblant de ne pas voir la réalité !) avec un casier judiciaire puisse louer un camion sans motif professionnel. Demain, on aura sans doute des locations de petits avions, d’hélicoptères ou de bateaux, voire de locomotives. Va-t-on continuer ?

4/ J’ai pointé hier le lien qui existe entre délinquance, communautarisme ethnico-religieux et terrorisme islamiste. Je le répète parce que je crois que nous sommes là au cœur du problème.

Notre société ne réagit pas comme il le faudrait au phénomène de la délinquance. Le laxisme n’est pas seulement dans la mansuétude incompréhensible de la justice et celui encore plus grand de l’application des décisions de justice.

Contrairement à ce que certains gogos de la gauche-caviar croient, la délinquance n’est pas, en France, dictée par la misère. On peut être paresseux et vivre du RSA et de multiples allocations. On ne vole pas avec violence parce qu’on a faim. Mais on vole par appât du gain et surtout parce qu’on a perdu les notions de bien et de mal et, de surcroit, parce qu’il y a un sentiment général chez les délinquants d’impunité. Que risquent-t-ils ? Six mois avec sursis comme le tueur de Nice ? Le plus souvent, même pas.

Cette société laxiste doit se ressaisir. Il faut rétablir l’ordre et les valeurs minimales. Cela doit commencer par l’école où les gamins des banlieues ne respectent plus les maitres et ressortent devant ces maitres qui ne leur inspirent aucun sentiment de crainte les sornettes entendues chez eux relatives à la supériorité de la loi de Dieu et à la différence à faire entre un bon musulman, un mauvais et un « infidèle ». Il faut donc rétablir l’ordre, la discipline et la loi de la république à l’école (où il me paraitrait sain d’établir un uniforme, de saluer le drapeau et de chanter l’hymne national, comme cela se fait dans de nombreux pays démocratiques, tels les Etats-Unis, trop souvent pris pour modèles en d’autres occasions mais pas, hélas, pour leur exaltation du patriotisme). Et pas seulement à l’école. Dans la rue aussi : papiers par terre, crottes de chien, stationnement gênant avec voitures sur les trottoirs et passages piétons, etc.

On commence à avoir un bon échantillon de terroristes depuis Charly. L’étude statistique est déjà pertinente.

Quel est le profil type du terroriste ?

Un individu étranger ou issu de l’immigration maghrébine (plus rarement sahélienne) vivant dans un quartier « ethnique » (c’est-à-dire avec une proportion telle de Maghrébins que la sociologie est celle de l’autre côté de la Méditerranée), donc en situation de communautarisme. Ce dernier se caractérise par la suprématie des relations de solidarité basées sur la grande famille, l’origine ethnique et la prégnance de l’islam (pas nécessairement accompagnée de pratique mais toujours reconnu comme référence).

Ces délinquants sont en général « paumés », c’est-à-dire qu’ils sont des délinquants de petite catégorie (pas les gros trafiquants qui amassent des fortunes), tombés dans la délinquance parce qu’ils y ont été entrainés par des membres de la famille ou des relations de bandes de quartiers. Chez eux, en situation d’échec scolaire et professionnel, il y a un ressentiment, qui vire facilement à la haine, contre la société et tout ce qui la représente : police, éducateurs, personnel médical, pompiers même. Contre cette société, ils se replient et se protègent par leur milieu familial et de quartier. Voler ou être violent avec les « autres » (les étrangers à la cité ou les non musulmans) est, en quelque sorte, normal. Ils ont en outre le sentiment d’être approuvés par la cité ou la famille.

Une partie infime (mais numériquement importante) de ces délinquants éprouve parfois l’envie de faire autre chose, pour la « cause » de l’islam ou, simplement, pour donner un sens à leur vie, peut-être pour se racheter de leur conduite passée (pas seulement les vols et violences, mais, par exemple, le fait de boire de l’alcool). Ils partent alors en Syrie faire le « jihad » et, dans les cas extrêmes, font le sacrifice de leur vie après avoir tué le maximum de « mécréants ». Le paradis leur est alors promis. Certains se « radicalisent » par les sites internet, d’autres par la fréquentation de mosquées radicales ou de salafistes, dans le quartier ou en prison, d’autres le font tout seul.

Et c’est ma conclusion : les mesures spécifiques contre les « radicaux » (internement ou expulsion) sont nécessaires ; le renforcement des moyens de la police et de l’armée aussi.

Mais, ce qui me parait le cœur de la réponse à apporter réside dans deux catégories d’action :

a/ Passer à l’offensive contre les islamistes sans attendre le prochain attentat en les pourchassant partout où ils sont ou ils peuvent être. Fouilles d’appartement, contrôles dans les cités, présence massive de la police et même de l’armée, arrestations préventives de tout individu suspect. La peur doit changer de camp. A eux et à leurs complices communautaristes d’avoir peur. Pas à nous. A titre d’exemple une comparaison : 8000 arrestations après le putsch manqué en Turquie, zéro ou quasi zéro après Charly, après le Bataclan ou après Nice. Ça vous parait normal ? On a pourtant 10 000 individus fichés comme potentiellement dangereux ? Sommes-nous inconscients ou suicidaires ?

b/ Garder présent à l’esprit que les incivilités non sanctionnées conduisent à la délinquance et que la délinquance peut conduire in fine au terrorisme islamiste lorsque cette délinquance s’exprime sur un terreau communautariste musulman. Lutter contre la délinquance et le communautarisme est donc la meilleure manière de lutter contre le terrorisme.

Tout cela doit être conduit avec détermination. On a besoin à la tête de l’Etat d’un chef de guerre, pas d’un diseur d’oraisons funèbres spécialiste du dépôt de gerbes. De l’action « de guerre » contre les tueurs, avérés ou potentiels, et contre leurs complices. Assez de fleurs et de bougies.

Continuons à chanter la Marseillaise. Mais à condition de saisir parfaitement le sens de ses paroles : « ils viennent égorger nos fils et nos compagnes…Qu’un sang impur abreuve nos sillons ». Notre sang a assez coulé. C’est au tour des tueurs d’être tués !

Yves Barelli, 18 juillet 2016

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Published by Yves Barelli - dans ISLAMISME
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commentaires

Ratuma 27/07/2016 09:43

il a été retiré le commentaire du charmant monsieur - malgré tout je me souviens : conversion de tous avant le 29 juillet - sinon l'enfer

Ratuma 25/07/2016 11:16

et les commentaires, illisibles ......

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