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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 15:30

Le coup de « com » du pape à Lesbos, avec ses femmes voilées ramenées au Vatican, est indigne et affligeant. Venant d’une autorité en principe morale, il n’en est que plus condamnable, au moment où les Chrétiens d’Orient sont massacrés dans l’indifférence des « politiquement et religieusement corrects ».

Ce n’est pas la première fois que le pape François nous joue le petit numéro du bon samaritain qui doit aider son « prochain », en l’occurrence les migrants musulmans qui prétendent venir chez nous pour y importer leur religion et leur mode de vie irrespectueux du notre.

Le pape François est soit aveuglé par ses préjugés, soit cynique soit très mal conseillé.

Ne sait-il pas, et s’il ne le sait pas, il faudrait le lui rappeler, que les migrants clandestins qui entrent en Grèce ne sont pas des réfugiés au sens des conventions internationales, mais des délinquants qui entrent par effraction dans un pays étranger et qui, sans titre de séjour, tombent sous le coup de la loi ? Un réfugié est en effet une personne qui quitte un pays où il est directement menacé dans sa vie et dans sa sécurité. Ceux qui quittent la Syrie et passent les frontières turque, libanaise ou jordanienne peuvent prétendre au titre de réfugiés. Il appartient alors au Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) de vérifier qu’ils sont effectivement menacés et de les aider à solliciter un asile dans un pays sûr. C’est notamment le sens de l’accord que l’UE vient de passer avec le gouvernement turc. Cet accord n’est pas parfait, mais il est mieux que rien.

Un migrant qui quitte la Turquie pour venir en Grèce n’est plus, juridiquement et matériellement, un réfugié, mais une personne qui tente de passer clandestinement une frontière sans titre de séjour. Aux Etats-Unis, en Chine, en Arabie saoudite et dans une majorité de pays dans le monde, cela est passible de la prison et d’une expulsion après avoir payé une forte amende. L’Europe, elle, est ouverte, et on voit ce que cela leur rapporte : dans le meilleur des cas, des gens inassimilables qui vivent aux crochets de la société. Dans le pire, des terroristes.

Une amende, me direz-vous, mais ce sont des réfugiés démunis ! Comment vont-ils payer ? Si vous dites cela, c’est que vous ne connaissez pas le dossier. Les migrants qui arrivent sur le sol européen ont payé chacun de 2 000 à 10 000 euros des passeurs pour passer. Ceux qui n’ont payé que 2 000€, ont eu droit à des embarcations bas de gamme, les plus dangereuses. Ceux qui ont payé le prix fort, sont venus dans de meilleures conditions.

Les migrants syriens qui arrivent en Europe ne sont donc pas les plus à plaindre parmi les Syriens qui souffrent du conflit. Ce sont des gens qui avaient quelques moyens avant de partir.

De plus, vous avez sans doute noté que, quasiment tous les Syriens migrants que l’on voit sur les reportages de la télévision, y compris ceux qui entouraient le pape, et y compris ceux qui sont montés dans l’avion du pape pour aller à Rome, sont des musulmans sunnites. On le voit au voile (« hidjab ») porté par leurs femmes.

Or, les musulmans sunnites ne constituent que la moitié de la population syrienne. Les autres, chiites, alaouites, druzes, chrétiens, kurdes, ou tout simplement laïques, ne sont pas sunnites. On les trouve peu chez les candidats à un exil en Europe qu’ils pensent dorés. Ils restent en Syrie et se battent, avec les soldats de l’armée syrienne ou avec les Peshmergas kurdes, contre les barbares de l’ « Etat islamique ».

Pourquoi ces migrants sunnites ne vont-ils pas chez leurs frères de religion en Arabie saoudite, au Qatar, à Dubaï ou dans n’importe quel autre pays arabe ? Sans doute à la fois parce que ces pays n’en veulent pas et parce qu’on leur a dit que l’Europe était une terre de cocagne où on est logé, nourri et où on reçoit des allocations sans travailler. Une terre, en outre, où les musulmans, qui y trouvent mosquées, viande hallal et lois soit disant antiracistes qui les protègent et leur garantissent qu’ils pourront reconstituer chez nous (où on interdit les crèches de Noël mais où on tolère tout ce qui est musulman) leur « Dar-el-Islam ».

Par sa mise en scène indécente, le pape s’est fait le complice, de fait, des islamistes et des terroristes (les mêmes) qui veulent soumettre l’Occident de tradition chrétienne à leurs lois et leur barbarie.

Il s’est fait, de plus, le complice des passeurs qui ont déjà amassé des milliards dans le trafic d’êtres humains que constituent les passages de migrants en Europe, passages savamment planifiés (avez-vous remarqué ces concentrations très médiatisées, avec la complicité d’ONG dont la « charité-business » est le fonds de commerce, sur certains lieux, et pas sur d’autres. Ainsi, grâce à l’intelligence des autorités de Budapest, de Bratislava, de Prague et de Varsovie, la filière de l’Europe centrale a été abandonnée. Les migrants se concentrent, poussés par les passeurs et les ONG, sur la frontière macédonienne. Pourquoi pas sur la bulgare ou l’albanaise ? Ce sera peut-être pour plus tard. Pour le moment, les passeurs estiment que la pression « morale » d’irresponsables comme le pape finira par rouvrir la route à travers la petite Macédoine. Et si ceux-là passent enfin, d’autres viendront ; « Business is business » !

Non, les migrants syriens qui se pressent en Europe ne sont pas les plus à plaindre. Non, nous n’avons pas à avoir honte de nous protéger et de refuser une invasion de gens qui ne partagent ni nos modes de vie ni nos valeurs.

Non, ceux qui parmi nous sommes chrétiens, n’avons pas à nous confesser pour des « péchés » qui n’en sont pas. Etre lucide et se protéger d’une invasion, ce n’est pas « pécher ».

Nous ne sommes ni égoïstes ni racistes. Nous sommes simplement lucides. Nous voulons nous protéger. Protéger notre civilisation, protéger nos valeurs, protéger nos femmes et nos enfants des violeurs de Cologne et d’ailleurs.

Le pape François était sans doute animé de bonnes intentions à Lesbos.

Mais l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions.

Le pape a donné un très mauvais signal.

Aux apprentis migrants en leur disant « venez chez nous ».

Aux islamistes de tous poils qui veulent conquérir le monde et nous imposer leurs soit disant valeurs obscurantistes qui sont le contraire de la civilisation. Leurs « valeurs » sont peut-être celles des Bédouins du Hedjaz du 7ème siècle. Pas celles du monde civilisé du 21ème siècle. Nous n’en voulons pas.

Le pape serait mieux inspiré de s’occuper des Chrétiens du Moyen-Orient massacrés dans les pires conditions de sauvagerie par daesh, mais marginalisés, ostracisés et, dans le meilleur des cas, citoyens de seconde zone, dans toute la région. Les coptes d’Egypte, dont la religion figure sur la carte d’identité, n’ont pas accès à toute une batterie de professions. En Algérie, pourtant l’un des pays les moins obscurantistes du monde arabe, il est interdit à un non-musulman d’être candidat à la présidence de la République (et il est interdit à un musulman de se convertir à une autre religion), et je pourrais citer toutes les autres restrictions qui frappent les non musulmans dans tous les autres pays arabes.

L’un des rares pays laïques du Moyen-Orient (en fait, le seul, avec le Liban) est la Syrie. Là, les non musulmans ne sont pas discriminés.

Le pape et nos dirigeants seraient bien inspirés de soutenir le gouvernement syrien, comme le fait la Russie, dans son entreprise de reconquête de son territoire et d’éradication de Daesh.

Et si le pape a quelques préventions à l’encontre de Bachar-el-Assad (qui, il faut le reconnaitre, n’est pas tout blanc ; mais, en politique, entre plusieurs maux, il faut choisir le moindre), au moins qu’il se concentre sur le sort des Chrétiens d’Orient. Il ne doit certes pas y en avoir beaucoup à Lesbos. Mais nombreux sont ceux qui se sont réfugiés dans les zones libérées d’Irak et de Syrie où se battent les Kurdes, qui font ce qu’ils peuvent, avec les faibles moyens qui sont les leurs, pour secourir les chrétiens.

Que le, pape, au lieu de faire ses pantalonnades grecques, aille au Kurdistan et qu’il ramène quelques familles chrétiennes. Son geste serait beaucoup plus noble que de s’abaisser à donner l’asile à des femmes voilées qui utilisent le « mécréant » qu’il est à leurs yeux.

Le pape n’est hélas pas seul dans son cas. Je connais pas mal de gens ici qui pensent comme lui. Il reste encore à les convaincre qu’ils sont dans l’erreur.

Les convaincre que l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Cet enfer, c’est le suicide du monde occidental consciemment organisé par certains, accepté par d’autres (relisez « Soumission » de Houellebecq) et tout simplement non réfléchi par la majorité.

Monsieur le Pape, vous avez dénoncé en d’autres circonstances l’appât du gain, la corruption, l’immoralité de ceux qui exploitent autrui pour faire du « fric ».

Alors, revenez sur cette voie plus saine. En l’occurrence, ce sujet est lié, aussi, au scandale des migrants.

Au départ, les passeurs qui s’enrichissent par le trafic humain.

A l’arrivée, les capitalistes qui trouvent chez les migrants la main d’œuvre et, plus encore (parce que peu travaillent), les consommateurs qui achètent leurs produits grâce aux subsides versés par les Etats aux migrants et financés par les contribuables de base, ceux qui galèrent pour se loger et pour vivre, chichement, mais dignement.

Yves Barelli, 18 avril 2016

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Published by Yves Barelli - dans migrants
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